Demander la célébration d’une messe, c’est offrir à toute l’Eglise la possibilité de prier pour une intention. Les raisons sont multiples : pour un défunt, pour un vivant, pour rendre grâce d’un événement heureux.

L’intention pour un défunt manifeste sa présence parmi les vivants. C’est faire mémoire de sa vie et célébrer avec lui la Gloire de Dieu. Prier pour un défunt, c’est aussi mettre plus avant la relation spirituelle qui nous unit entre les vivants certes mais aussi avec les morts.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous rappelle : Dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique (cf. DS 856), afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts (§ 1032).

Et puis, il y a de plus en plus de demande pour les vivants : pour une personne malade, un proche en recherche d’emploi, une réussite à un examen, une guérison…

Faire dire une messe à un coût

Cette pratique remonte au Moyen-Âge. Si autrefois, le péché pouvait être racheté moyennant l’achat de messes ou d’indulgences, ces temps sont révolus. Aujourd’hui, on ne parle plus d’acheter une messe mais d’offrir (d’où le terme de faire un offrande) une messe. La somme demandée permettra au fidèle de participer à la vie matérielle du prêtre et de l’Eglise.

En France, l’offrande demandée pour une messe est fixée par les Evêques de France et s’élève à 17€.

Comment faire la demande ?

  1. Le plus simple est de contacter la paroisse où vous souhaitez que la messe soit célébrée.
  2. Ecrire votre demande sur une feuille et l’envoyer à l’adresse de la paroisse avec le règlement par chèque à l’ordre de la paroisse. Mettez vos coordonnées postales, téléphonique ou email pour que l’on puisse vous confirmer la réception de votre demande.
  3. Indiquer votre intention de prière :
    • messe pour « nom et prénom de la personne » décédé le …..,
    • messe pour « un événement »
  4. Préciser la date de la messe

 

En Mayenne, voici les offrandes demandées :

17€ pour une messe

170€ pour une neuvaine (9 messes consécutives)

525€ pour un trentain (30 messes consécutives).

En aucun cas la grâce reçue ne dépendra de la somme !

Offrandes demandées pour les autres célébrations :

Baptême : 60 € à 120 €

Mariage : 200 € à 400 €

Obsèques : 200€

« C’était une belle messe, Monsieur le Curé !”

Voilà ce que disent parfois des amis à la sortie de l’église après un baptême. Ils parlent alors de la « belle messe du baptême ». Or, le baptême n’est pas une messe. On mélange tout : un chat, c’est un chat, un baptême, c’est un baptême ; une messe, c’est une messe… Ce n’est pas parce qu’un baptême se célèbre dans une église, où a lieu aussi l’Eucharistie, que c’est une messe.

 

Une messe (qu’on appelle aussi l’Eucharistie) rend présent le sacrifice unique du Christ sur la croix et qu’il a anticipé le Jeudi Saint, à la Cène. Chaque fois que nous célébrons cet événement, nous sommes mystérieusement en présence de ce don que le Seigneur fait de sa vie par amour pour les hommes. C’est comme si on y était. La messe nous rend contemporains du Christ. Nous sommes même plus proches de lui que ne l’étaient les disciples le soir du Jeudi saint car ils n’avaient pas encore vécu ce moment où le Christ fera don de sa vie. Nous sommes spirituellement présents au Cénacle pour participer à la messe, au repas de la Cène.

 

Offrir une messe : une pratique ancienne dans l’Église catholique

Offrir une messe c’est associer quelqu’un plus étroitement à la célébration, en présentant dans la prière une intention qui concerne une personne décédée, un malade ou des proches qui vivent un moment difficile : maladie, difficulté de couple, ou pour soi-même. La messe est alors un soutien privilégié pour notre prière d’intercession. On peut également offrir une messe pour remercier Dieu d’un heureux événement : un mariage, une naissance, un anniversaire, la réussite d’un projet…

Offrir une messe c’est demander à la communauté de porter une part du fardeau de ces personnes ou de rendre grâce à Dieu pour leurs joies. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à un être cher qui nous a quittés, la prière la plus puissante à son égard ! Cet usage est très ancien (il est déjà attesté à Smyrne, au IIe siècle) : les premiers chrétiens remplacèrent les banquets païens en honneur des morts par la célébration de l’Eucharistie en mémoire des défunts. Ainsi, il n’est plus question de tribut aux dieux païens pour les forcer à protéger les défunts, mais d’union à la prière du Christ s’offrant au Père, pour le salut de tous les hommes. L’Église a toujours honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1032). Le Saint Curé d’Ars disait : « Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe parce qu’elles sont les œuvres des hommes, et la Sainte messe, l’œuvre de Dieu, est le sacrifice que Dieu fait aux hommes de son Corps”.

Faire célébrer une messe, c’est faire monter à l’autel, avec l’offrande du Christ, notre supplique et l’offrande de notre vie, de notre travail : la présenter devant le Seigneur, devant ses anges et ses saints. La petite Thérèse, quand elle sut qu’un assassin nommé Pranzini allait être exécuté, fit célébrer une messe pour sa conversion. Elle fit ainsi porter sur l’autel l’intention qu’elle avait dans son cœur, et elle fut exaucée. Elle n’avait que 14 ans et déjà, elle avait bien compris la puissance du sacrifice du Christ.

« Quand l’Eglise célèbre l’Eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection de son Seigneur, cet événement central du salut est rendu réellement présent et ainsi s’opère l’œuvre de notre rédemption. Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus Christ ne l’a accompli et n’est retourné vers le Père qu’après nous avoir laissé le moyen d’y participer comme si nous y avions été présents. » (Jean-Paul II – Lettre encyclique  sur l’Eucharistie -2003).

Père Bernard Courteille

Si un membre de notre famille est, pour diverses raisons, parti à l’autre bout du monde, nous sommes heureux de pouvoir nous connecter avec lui par téléphone, mail ou encore mieux avec Skype. Cela permet d’apaiser un peu l’angoisse de la séparation. Et si cette connexion est vécue en groupe, la joie est encore plus grande et la « communion » plus riche. Pour l’Église, le moyen de se « connecter » avec un défunt est la prière.

C’est pour cela qu’elle peut proposer une prière au funérarium ou au domicile du défunt. Par cette prière, on demande à Dieu d’accueillir le défunt parce que l’on croit que l’amour de Dieu est plus fort que la mort. On demande aussi à l’Esprit Saint de donner à cette famille la force d’affronter cette séparation, et de lui permettre de commencer à emprunter ce chemin qui va la faire passer de la souffrance à une vie plus apaisée.

Les chrétiens ont toujours prié pour leurs défunts parce qu’ils croient que ceux-ci sont toujours vivants, autrement, en Dieu. Ils souffrent comme tous les autres de la séparation mais ils essaient de le vivre dans la foi en la résurrection du Christ. Au cours de l’Eucharistie, sa mort et sa résurrection sont proclamées et célébrées ; les chrétiens y puisent leur force et leur espérance. Avec le Christ, la connexion est réalisée entre les vivants de la terre et ceux du Ciel.

Dire sa foi en la résurrection

Offrir une messe pour un défunt, c’est dire sa foi en la résurrection et c’est associer sa prière personnelle à la grande prière de l’Église. Certaines familles se trouvent ainsi aidées à vivre l’absence en posant un geste qui est, pour elles, manifestation d’affection et d’attachement à leurs défunts, elles sont soutenues dans leur espérance. En sollicitant la prière de toute l’Église pour le défunt, on réaffirme, en effet, les liens qui nous unissent à tous nos défunts dans la communion des saints. Ils ne tombent pas dans l’oubli car nous redisons que nous continuons de former avec eux une famille dans la foi, l’espérance et l’amour.

Ces messes donnent aussi l’occasion de se retrouver en famille et de revoir des amis, des personnes qui ont connu le défunt. C’est une manière de traverser la période de deuil en étant entouré par des proches et des amis. Cela dit, une messe n’est pas seulement une prière pour les défunts, c’est aussi et surtout une action de grâces, une reconnaissance de ce que Dieu a fait, fait et fera.

Apaisement, foi, espérance, communion dans l’amour sur terre et dans le ciel, action de grâces…voici quelques unes (parmi d’autres) des interconnections que la prière et en particulier l’Eucharistie peut permettre d’établir entre nous, le défunt, tous les défunts, le Christ et Dieu.

Jean-Claude