Environ 80 accompagnateurs de familles en deuil, laïcs, guides de sépultures, prêtres ou diacres se sont rassemblés à la maison diocésain Cardinal Billé ce jeudi 18 novembre pour leur journée annuelle des officiants des funérailles : Une journée de réflexion, de fraternité et de formation.

Cette journée de mise en commun entre les différents officiants de funérailles, qu’ils soient laïcs ou ordonnés, fait écho à un des actes du synode : « Il s’agit de promouvoir la communion des états de vie, la complémentarité… dans les instances diocésaines de réflexion. Dans la diversité de nos états de vie et de nos responsabilités, nous créons du lien entre nous pour mieux en créer avec les autres…. »  (Loi syn. 2 décret 2.5). 

Un parcours d’une grande richesse.

Traditionnellement, dans la France chrétienne et rurale, le parcours de référence allait de la chambre du défunt à son domicile, en passant par l’église et jusqu’au cimetière. Ce parcours était suivi par un grand nombre de personnes. Aujourd’hui, la mort ne fait plus événement comme autrefois et les parcours funéraires se sont diversifiés. Mais le cadre de la ritualité funéraire reste primordial. C’est pourquoi les lieux choisis et le respect de l’ordre des étapes comptent pour que s’épanouisse l’effet consolateur des rites. D’entrée de jeu, Didier Courtais, responsable diocésain de la pastorale du deuil, donne le la « Chaque lieu a son intériorité propre ; que ce soit l’église, le funérarium ou le cimetière. Ainsi chacun doit être habité par des liturgies qui doivent lui être soigneusement adaptées ».

De nombreuses personnes sont venues se former dans le cadre de l’accompagnement auprès des familles en deuil.

Se rassembler pour célébrer l’Amour

Cette assemblée dite « de circonstance” n’a rien à voir avec les assemblées dominicales, constituées de chrétiens habitués à entrer dans les églises, à chanter, prier ensemble, répondre au célébrant, Le contexte est tout autre. Il s’agit avant tout d’entourer une famille qui a besoin d’être éclairée, et qui a souvent de grandes peurs, autour d’un défunt aimé. Elle choisit néanmoins de faire intervenir le christ en demandant des funérailles chrétiennes. Didier Courtais pointe bien la différence : « notre mission ne consiste pas à préparer la sépulture mais à la préparer à travers un cheminement qui la porte et de montrer que ce chemin peut conduire jusque dans les mains du Seigneur. Nous ne sommes pas dans l’explicatif, il s’agit juste de les rendre curieux. La célébration des funérailles est un rendez-vous d’amour colossal » conclut-il avec une fougue communicative.

Face à un monde en pleine mutation

Le monde a changé, les générations ne voient plus la mort comme la percevaient les générations des grands-parents. Certains ne voient pas la nécessité de passer par l’église. « Mais ils respectent la tradition de la famille dans certains cas où la volonté du défunt » comme l’atteste un guide des funérailles du sud Mayenne. Nous devons écouter rester humbles, ne pas blesser. Les familles ne sont pas toujours d’accord.  on apprend à chaque rencontre »  témoigne son voisin. « J’ai souvent le tract, mais après la célébration je suis vidée, épuisée par la tension bien sûr mais aussi par les émotions car j’ai tellement reçu » nous livre en souriant une bénévole bon pieds bon œil, au sourire ému.

Cette journée de formation qui va au cœur de la vie constitue une belle occasion d’ exprimer l’expertise de l’Eglise, à savoir la charité. Au terme de ce jour, les participants rentrent chez eux fortifiés dans cette belle mission : « toucher le cœur de cette assemblée de circonstance qui doit être le rendez-vous des curieux capables de Dieu » comme les considèrent si justement Didier Courtais et son équipe.

Marie-Thérèse JANNIN, P Franck VIEL, Didier COURTAIS et Marie-Joe GARNIER