Voici une prière du patriarche Athénagoras à la rencontre duquel le Pape Saint Paul VI est allé, lors de son pèlerinage en Terre sainte en 1964.

 

La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même.
Il faut arriver à se désarmer.
J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible.
Mais je suis désarmé.
Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur.
Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison,
de me justifier en qualifiant les autres.
Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.
J’accepte et je partage.
Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
Si l’on m’en présente des meilleurs,
ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons,
j’accepte sans regrets.
J’ai renoncé au comparatif.
Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.
C’est pourquoi je n’ai plus peur.
Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.
Si l’on se désarme, si l’on se dépossède,
si l’on s’ouvre à l’Amour qui fait toutes choses nouvelles,
alors, l’Amour efface le mauvais passé
et nous rend un temps neuf où tout est possible. 

                                                                       (Patriarche Athénagoras).

 

Extrait de Olivier Clément, Dialogue avec le Patriarche Athenagoras, Paris, Fayard, 1969, 588 pages.

voir aussi Texte dans e+m n. 9, pp. 389-392.

 

Le Patriarche Athenagoras en 1967
©rédit : wikimedia.org