La porte de la basilique est ouverte !

Entrons … et en ce début de mois de mai, arrêtons-nous devant le vitrail de Marie.

Georges Montaron nous apporte son éclairage …

 

Le vitrail de l’assomption de Marie

Ce vitrail* de grande taille est situé dans le transept sud de la basilique, non loin de la porte Jeanne d’Arc. Il se fait remarquer par l’éclat de ses couleurs, surtout quand le soleil l’éclaire.

Il est appelé le vitrail de l’Assomption de Marie mais il représente plus exactement le Couronnement de Marie.

* Dessiné par le maître-verrier Maurice Rocher, réalisé par les ateliers Barillet de Paris, posé entre 1952 et 1962.

voir et zoomer le vitrail

L’entrée de Marie dans la Gloire du ciel

Très tôt dans l’histoire de l’Eglise, la question de la destination finale de Marie s’est imposée. A partir du VIIIème siècle, l’Eglise a célébré le 15 août, l’Assomption de Marie, c’est-à-dire sa mort paisible, la non corruption de son corps et sa montée au Ciel.

La foi du peuple sera reconnue comme vérité de foi par la proclamation du dogme de l’Assomption le 1er novembre 1950, par le pape Pie XII.

Ce dogme « s’appuie sur les Saintes Ecritures », sur le culte le plus ancien de l’Eglise et la sagesse des théologiens. La résurrection, achèvement de l’incarnation orientée vers le salut de tous, est anticipée pour Marie car elle est la « Toute Sainte », celle qui a atteint le plus haut degré de sainteté, après le Christ, le Saint des saints.

On parle pour Marie d’« Assomption », qui signifie « enlever », et non pas d’«Ascension», qui signifie “monter ». Marie n’entre pas dans la gloire par sa propre puissance, comme Jésus à l’Ascension, mais elle « a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste » (dogme).

 

Le thème du couronnement apparaît plus tardivement dans l’histoire et n’est pas l’objet d’un dogme. On le trouve dans les écrits de St Bernard, dans la Légende dorée de Jacques de Voragine (1266) et il est fréquent dans l’iconographie à partir du XIIe siècle. Il est fêté le 22 août (Marie, Reine), 8 jours après l’Assomption. « Elevée corps et âme à la gloire du ciel, elle fut exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort ». (CEC 966)

Le vitrail

Marie est le sujet central. Ses pieds reposent sur la lune et des étoiles, l’identifiant à la femme de l’Apocalypse : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12,1).

Elle est encadrée par la Trinité.  

A gauche, on reconnait le Fils, par le portement de croix.

A droite Dieu le Père, l’Eternel, que l’on identifie par le port de la barbe (Dn 7,9 ), le livre de la Parole à la main ainsi qu’un cercle représentant la terre.

Leurs mains se rejoignent sur la partie centrale du vitrail pour déposer la couronne sur la tête de Marie, sous le couvert de l’Esprit Saint représenté par la colombe dans un faisceau lumineux.

Marie, debout, la tête légèrement inclinée, les mains rassemblées au niveau de la poitrine, reçoit la couronne, dans une attitude humble et profonde.

 

Le Père et le Fils sont vêtus de pourpre, symbole de royauté en iconographie. Marie, quant à elle, porte un manteau bleu signifiant son humanité. Le blanc de sa robe évoque sa pureté mais il faut y lire aussi, la Transfiguration et la Résurrection du Christ.

Le ton vert qui entoure les têtes du Père et du Fils rappelle également l’Apocalypse « il y a, tout autour du Trône, un halo de lumière, avec des reflets d’émeraude » (Ap 4,3).

 

Cette scène est accompagnée d’anges qui semblent chanter : « Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis : Marie est entrée dans la gloire de Dieu ; exultez dans le ciel, tous les anges !  » (verset d’acclamation de l’évangile, messe du 15 août).

 

On voit tout en haut du vitrail, un monogramme de Marie : les initiales de « Ave Maria » entrelacées.

 

Au bas du vitrail, figure une phrase en latin signifiant « Viens, épouse du Christ, reçois la couronne que le Seigneur t’a préparée de toute éternité ».

Ce qui arrive à Marie inaugure et prophétise ce qui est promis à l’Eglise : sainteté et résurrection. Nous contemplons en Marie, la vocation de l’humanité glorifiée corps et âme.

 

Dans le bas du vitrail sont représentées des personnes qui ont contribué, au cours de l’histoire, à faire reconnaitre l’assomption, comme vérité de foi (dogme).

A  gauche,

le cardinal Bonaventure (avec son chapeau de cardinal) (1221-1274),

l’évêque François de Sales (avec sa crosse) (1567-1622) et

le prêtre Canisius (1521-1597).

A droite,

le franciscain Bernardin de Sienne (1380-1444) et

l’évêque Robert Bellarmin (avec sa crosse)(1542-1621).

Extrait de l’Hymne Acathiste :

Le Créateur a fait une OEuvre Nouvelle lorsqu’il se rendit visible à nos yeux. Il a pris chair dans le sein d’une vierge en la gardant dans son intégrité, pour qu’à la vue de cette merveille nous chantions :

Réjouis-toi Fleur de l’Être inaltérable de Dieu

Réjouis-toi Couronne de son amour virginal

Réjouis-toi Figure qui resplendit de la Résurrection du Seigneur

Réjouis-toi tu partages avec les anges la clarté du Royaume.