« Alléluia », « amen » et « hosanna » : ces trois mots ont en commun de tous se retrouver dans la liturgie dominicale catholique et de venir directement de l’hébreu.
Qu’ont ces mots de particulier ? Voici un extrait de l’article publié par Xavier LENORMAND dans La Croix du 25 juin 2021 p. 14 et 15

« Alléluia », « amen » et « hosanna » : autant de mots répétés dans les prières et tout particulièrement lors des célébrations dominicales – sauf pendant le temps du Carême pour le premier d’entre eux. Trois mots qui ne sont pas d’origine française, ni même latine ou grecque, mais hébraïque. Comme le notait en 1966 le père Joseph Ratzinger, désormais pape émérite Benoît XVI : « L’Église a gardé de ses origines sémitiques certains mots qui appartiennent à tous les chrétiens : amen, alléluia, hosanna. » Si le français a intégré d’autres mots venant de l’hébreu – à l’instar de tohu-bohu, jubilé, charivari ou encore échalote –, ces trois mots sont les seuls d’origine hébraïque qui se retrouvent systématiquement dans la liturgie catholique. Venant de l’araméen, le mot « maranatha » revient dans certaines prières, mais n’a pas d’usage liturgique.
Comment les traduire ?

Autre particularité de ces trois mots : aucun d’entre eux n’a de traduction directe en langue française – ni même dans la plupart des langues actuelles.

« Alléluia est le plus simple à traduire, explique le père Alexandre Comte, exégète. Il est constitué de deux parties : allélu-, impératif du verbe louer, et de -ia, qui est un des noms du Seigneur. » Chanté avant la lecture de l’Évangile, alléluia signifie donc « louez le Seigneur », ou « louez Dieu ». « Ce mot est une phrase en lui-même et est une invitation à entrer dans la louange du Seigneur », poursuit le prêtre du diocèse de Paris.

« Hosanna » est également un mot qui constitue une phrase. « Là également, il s’agit d’un impératif assorti cette fois-ci d’un suffixe d’insistance », commente le prêtre. Adressé par la foule à Jésus lors de son entrée à Jérusalem et répété lors de toutes les messes juste avant la consécration eucharistique, ce mot signifie ainsi « sauve donc ! ». « Il faut vraiment le comprendre comme ”exerce ton ministre de sauveur !” », commente Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse et auteur du Dictionnaire de liturgie (1). Le mot a d’ailleurs la même étymologie que Jésus, « c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve » (Mt 1, 21).

Plus connu d’entre ces trois mots, « amen » est le moins immédiatement traduisible. « Le mot recouvre plusieurs notions à la fois, analyse le père Comte. Sa racine est la même que celle du verbe croire et renvoie également à la fermeté, à ce qui est solide. C’est aussi une exclamation en réponse à ce qui a été dit. » La formule « ainsi soit-il », parfois employée à la place du mot amen, est donc peu satisfaisante. Le prêtre suggère plutôt de le comprendre ainsi : « Je considère que ce que j’ai entendu est solide, digne de confiance et je mets ma foi en ceci. » Pour illustrer ce mot, l’archevêque de Toulouse a de son côté une image surprenante mais significative : la patelle, ce coquillage en forme de chapeau chinois. « Comme ce coquillage arrimé telle une ventouse à son rocher, ”amen” renvoie à quelque chose de très solidement ancré. »