« Un métier magnifique » qui a pour objectifs « le bien-être et la réussite des élèves » et qu’ils vivent « avec passion » : dans une année qui a été particulièrement difficile pour les enseignants, nous avons demandé à quatre d’entre eux de nous parler de leur métier : tous nous ont partagé leur enthousiasme, leur amour de la transmission des savoirs, leur fierté d’aider les jeunes à devenir des citoyens libres. Ils nous ont également fait part des raisons qui les ont poussés à exercer leur métier au sein de l’Enseignement Catholique.

Xavier Bréhard, enseignant
©DDEC
Témoignage de Virginie Vincente, enseignante en Commercialisation et Services en restaurant, Lycée Haute Follis

Si on m’avait dit il y a dix ans qu’un jour je serais enseignante, je n’y aurais pas cru ! Et pourtant, depuis quatre ans, j’enseigne l’hôtellerie restauration dans un lycée professionnel.

J’ai choisi de former des jeunes au métier que je pratiquais, car j’avais envie de transmettre mon savoir-faire, mes connaissances, mon savoir-être, pour aider les futurs professionnels à vivre ce métier avec passion, voire même ambition. Il me semble tellement important d’exercer un métier qui nous enthousiasme. Depuis que je suis au lycée, j’ai découvert que ce n’était pas si simple de motiver et transmettre, mais tellement passionnant. Je fais maintenant partie d’une équipe, la grande communauté éducative, où chaque membre joue un rôle ; il est parfois difficile de s’y repérer mais cette richesse d’acteurs permet d’accompagner au mieux les élèves, de les orienter en fonction de leur parcours personnel et professionnel. Car c’est bien ça être enseignant, c’est aider les jeunes à prendre confiance en eux, en l’école, à s’épanouir pour devenir des futurs citoyens, des futurs professionnels responsables. Les jeunes que nous côtoyons font partie d’une génération qui impose d’innover afin de les maintenir dans l’éveil et la curiosité, une génération qui demande à leur apprendre à devenir des utilisateurs et non des consommateurs en développant leur esprit critique tant le domaine personnel que professionnel. Pour cela, il est obligatoire d’agir en équipe, en impliquant chaque membre de la communauté afin de tenir un discours commun.

C’est pour cela que j’expliquerais à quelqu’un qui souhaite devenir enseignant que ce métier demande de l’adaptabilité, du temps, de la patience, d’aimer le contact avec les jeunes, d’avoir envie de les aider, de les porter… il faut être exigeant et à la fois bienveillant. Comme je le disais au début, il faut le vivre avec passion…et si un lien est reconstruit avec les élèves, ils nous le rendent bien car c’est avant tout un métier de rencontres.

Témoignage d'Emilie Hérault, enseignante dans une classe de CM2

Mon parcours est un peu atypique. J’ai su très jeune que je pourrais m’épanouir dans l’enseignement, mais après avoir douté de mes capacités durant mes études, je me suis un temps destinée à faire autre chose. Après diverses expériences professionnelles, je suis revenue à mon intuition de départ : éduquer, instruire. J’ai l’habitude de dire que c’est le métier d’enseignante qui m’a choisi.

Les classes et les élèves diffèrent d’années en années. Il n’y a donc pas de routine. Il faut admettre que les enseignants jouissent aujourd’hui d’une certaine liberté sur le plan pédagogique. Transmettre est une activité intellectuellement très stimulante. Il faut savoir innover pour donner l’envie d’apprendre, capter l’attention et susciter la curiosité. Tâche d’autant plus ardue pour cette génération qui vit dans l’immédiateté. Les élèves d’aujourd’hui grandissent dans un monde ultra connecté où tout est accessible dans l’instant. Il faut former l’esprit critique des élèves et leur faire comprendre que l’acquisition de savoirs demande du temps.

J’apprécie l’entraide qui existe au sein de mon école. On compte les uns sur les autres. Aucune réunion n’est vaine. Chaque rencontre est fructueuse. Nous avons pour objectifs communs le bien-être et la réussite de nos élèves. Ce sont ces objectifs qui nous motivent.

L’interaction avec mes élèves ne peut être productive que si j’établis avec eux une relation de confiance, basée sur le respect et la bienveillance. De même qu’avec leurs parents qui doivent être partie prenante de la communauté éducative. En effet, la prise en compte de chaque élève implique une collaboration qui va bien au-delà de l’équipe pédagogique. Réunir les conditions propices à l’apprentissage demande l’investissement de tous, de l’élève à l’intervenant extérieur, du parent à l’AESH, du directeur à l’institutrice. Chacun à sa place à tenir, et une partition à jouer.

Enseigner, ça s’apprend. Je ne saurais que trop conseiller celles et ceux qui s’y destinent à ne jamais se décourager, à faire des suppléances pour se confronter au réel. C’est un métier magnifique !

Témoignage de Xavier BREHARD, enseignant en primaire

J’ai choisi le métier d’enseignant car quand j’étais élève, certains enseignants « marquants » m’ont donné envie de faire comme eux, de faire aimer une matière. Puis ensuite, le BAFA en poche, j’ai beaucoup pratiqué d’animation ce qui m’a fait prendre goût à la pédagogie mais aussi à la vie de groupe. Je me suis ensuite dirigé vers le primaire car le côté pluridisciplinaire me passionnait.

Depuis que je suis enseignant (cela va faire 20 ans en 2021), j’ai compris qu’il y avait un mot clé, le mot dont il faut prendre soin en permanence dans notre métier : le mot « RELATION ».  En effet, il faut tout d’abord construire une belle relation avec ses élèves et son groupe classe pour qu’il puisse y avoir l’envie d’apprendre dans un climat serein. Il faut construire une bonne relation avec ses collègues pour pouvoir se sentir bien en équipe. Il faut entretenir la relation avec les parents pour qu’ils puissent laisser leurs enfants en toute confiance. Bref, la relation humaine est le cœur et la beauté de notre métier. On pourra me renvoyer que « travailler la relation se trouve dans chaque métier ». Certes, mais un enseignant se doit aussi de la développer pour ses élèves, pour créer des liens au travers la coopération par exemple, pour créer un esprit de groupe !

Ce métier est beau aussi parce qu’on a justement la chance de pouvoir « CRÉER ». Nous avons la liberté d’enseigner avec la pédagogie qui nous correspond. Chaque année, une classe différente donc une manière de s’adapter au groupe et d’enseigner différemment ! Innover, se former …

J’ai choisi l’enseignement catholique tout simplement parce que Dieu a une place dans ma vie et que, en étant catéchiste, je trouve cela beau de pouvoir en témoigner auprès de mes élèves. Dans l’école catholique, nous pouvons vivre la relation humaine en étant RELIER à Dieu, présent au milieu de nous. 

Alors que répondrai-je à un jeune qui se pose la question de devenir enseignant dans l’enseignement catholique ?

Si tu aimes une matière ou tout simplement la pédagogie, si tu aimes créer, innover, te former, si tu aimes la vie d’équipe et l’aspect relationnel alors tu es sans doute fait pour enseigner.  Si en plus tu as la Foi et que tu as le désir de parler du Christ auprès des plus jeunes alors … Bienvenue dans l’enseignement catholique ! Et si tu as été baptisé mais que ta Foi est en veille, que tu doutes … tu es aussi le bienvenu car tes qualités humaines seront des signes visibles de l’Amour de Dieu même si tu ne les nommes pas comme cela.

Isabelle LELU, professeure de lettres modernes en collège

Je souhaitais exercer un métier où se mêleraient créativité, relations interpersonnelles et mon goût pour la langue française. C’est sans doute une forme de fidélité familiale qui m’a amenée vers l’enseignement. Quant à l’Enseignement Catholique ? Tombée dedans comme Astérix dans la marmite ! Cette voie m’est apparue comme une évidence, elle me permettait d’y vivre mes valeurs. Je m’aperçois aujourd’hui que ce métier, je l’ai choisi  en conscience plus tard en l’exerçant.

 Au fil des années, j’ai découvert que l’essentiel se vivait dans la relation créée avec les élèves. Nous savons aujourd’hui que seulement 20% d’un message passe par une formulation concrète, 80% se transmet alors de manière inconsciente, par notre attitude et savoir-être. Selon moi, les jeunes de la génération actuelle ont besoin d’exemples de parcours de vie personnelle et professionnelle pour se construire et donner du sens à leurs apprentissages. Ils me semblent qu’ils ont un regard lucide sur le monde qui les entoure et ont besoin qu’on les écoute. Il m’apparaît aussi que si l’on croit en eux, ils peuvent se dépasser. La posture de l’adulte est une force qui peut élever ou rabaisser. J’en ai réellement pris conscience au fil du temps, ayant parfois en classe des jeunes « abîmés ».  Ils sont en recherche de sens. Il n’est qu’à constater les élèves qui surprennent par leur parcours dès qu’ils ont trouvé leur voie. Je crois profondément que la génération actuelle fait bouger les lignes de la posture d’enseignant et bouscule parfois aussi la personne derrière le professionnel. Faire la sourde oreille me semble périlleux.

Au sein de la communauté éducative, nous travaillons avec les personnels, rencontrons les parents, la manière dont nous communiquons entre nous a donc valeur d’exemple ou non aux yeux des élèves.

Selon moi, l’Enseignement Catholique n’est pas seulement une institution, il est singulier car il est incarné. Il prend la couleur de ceux qui y vivent, dans l’ordinaire du quotidien avec l’extraordinaire du regard que l’on porte sur les personnes. Il donne la liberté de créer et d’innover pour s’adapter à chaque contexte d’établissement. Un métier avec des pépites à découvrir et parfois à révéler à elles-mêmes !