Dans un monde qui change, les attentes des jeunes à l’égard de l’Eglise ne cessent d’évoluer. Pour mieux les accompagner, le Pape François leur consacrera un synode en octobre 2018. Il a commencé cette année par une enquête mondiale auprès des 12-30 ans. 239 Mayennais y ont répondu. Qu’attendent-ils vraiment ?

 

Les résultats de la consultation nationale ont été publiés et présentés aux évêques de France cette semaine à Lourdes. Les jeunes ont exprimé un large désir d’intériorité, une volonté d’action et de responsabilité au sein de l’Eglise, un profond désir de vie et de temps communautaires… Magnifiques réponses ! Mais qu’en est-il des 239 jeunes Mayennais ? C’est étonnant de convergences avec les résultats nationaux.

 

Ils veulent préparer la messe…

Pour ces jeunes qui se disent chrétiens et qui vivent leur foi au sein de l’Eglise, le fait d’être ensemble, « la communion entre les personnes, la joie de se réunir et de partager » s’affirment comme des sources de bonheur. Ils se disent en effet portés notamment par les grands rassemblements qui « alimentent leur vie de prière et leur donne de l’énergie ».

Ils ont la volonté de participer, de prendre part à la liturgie et à la vie de l’Eglise. La messe constitue pour eux un lieu particulièrement important, où la foi se vit de manière concrète. Animer, avoir un rôle pendant la messe, la préparer, sont autant de moyens qui les attirent vraiment.

 

et rendre service

Plus inhabituel, on note une réelle volonté de se mettre au service, que ce soit auprès de personnes âgées, malades ou handicapées, ou pour « faire de l’humanitaire » ; cette motivation a souvent été vécue dans des pèlerinages ou des rassemblements d’Église, l’Hospitalité de Lourdes par exemple.

 

Ils ont la foi mais ce n’est pas si facile

Cette foi qui leur « apporte la paix », qui « aide à aller mieux » est pour beaucoup un réconfort, un soutien que conforte le témoignage et l’accompagnement par la famille, les amis, les prêtres et les catéchistes. Et cependant il est difficile d’assumer cette foi. A cause de la peur du regard, du jugement de l’autre, à cause aussi d’expériences désagréables, « tu vas à ce truc-là, c’est dépassé ! ». Oui, affirmer que l’on est chrétien est un effort difficile.

Aimer les jeunes est une priorité

Face à cet « état des lieux » des attentes des jeunes, 24 animateurs œuvrant dans le diocèse ont élaboré des réponses faisant écho aux besoins des jeunes : et selon eux, parmi les huit priorités qu’ils ont identifiées, « Aimer les jeunes » doit figurer tout en haut de la liste. « Tous les jeunes qui nous sont confiés ont besoin de l’amour de Dieu, qui fait de nous son instrument pour le leur communiquer ; (…) c’est par l’amour qu’ils se convertiront. » souligne Claire Rouyer, responsable de la Pastorale des Jeunes. Les animateurs ont également relevé l’importance du témoignage ; ils ont aussi rappelé que leur rôle est de permettre à tous les jeunes de rencontrer Jésus, « en les invitant à s’impliquer dans l’Eglise, à unifier leur vie, à vivre dans la fraternité ».

Des initiatives répondant à ce « cahier des charges » ont déjà commencé. Dans la continuité de l’appel du pape François aux JMJ qui invitait à « refuser d’être des retraités précoces », un groupe de 18-30 ans, « HolyJoy », visite chaque mois une des nombreuses communautés religieuses du diocèse. Ces jeunes chrétiens assumés vivent d’ores et déjà le témoignage, la fraternité, et montrent aussi que l’Eglise n’est pas morte, mais qu’elle continue d’innover de manière créative. Affaire à suivre…

Jean-Gabriel Drouet