Ils rentrent juste de la Drôme où ils ont assisté aux rencontres nationales Terres d’Espérance qui portent la problématique de l’évangélisation dans le monde rural. Ils, ce sont six Mayennais : notre évêque, un agriculteur, deux prêtres, un religieux de la Cotellerie et un diacre permanent, lui-même ancien agriculteur. Nous avons rencontré ce dernier Jean-Claude Foubert ainsi que le père Marcel Nezan au lendemain de leur périple de 1 500 km en trois jours.

Le monde rural souffre de nombreux maux : solitude, désertification, difficultés financières, et pourtant… Pourtant c’est lui qui fournit les bases essentielles à notre alimentation et qui célèbre merveilleusement la Création. Les journées nationales Terres d’Espérance sont une occasion de rencontres où fourmillent tables rondes, ateliers et échanges entre les différents acteurs concernés.

Que s’est-il passé pendant ces trois jours à Châteauneuf-de-Galaure ? 

Jean-Claude Foubert : J’ai été émerveillé par l’accueil de tous ceux qui nous ont reçus ; à la fois l’évêque du lieu et les nombreux bénévoles qui ont préparé ce rassemblement et notamment les jeunes : MRJC*, Prado*, Journées paysannes*, WEMPS*. Ce fut une belle découverte de ressentir cet enthousiasme !

P Marcel Nezan : J’ai été frappé par la diversité des personnes, des mouvements, des réalités concrètes sur le terrain et la richesse de l’Eglise de France et de Mayenne. Ces rencontres fraternelles ont été de belles occasions de partage, d’approfondissement. Cela booste et suscite des initiatives pour le terrain.

Un délégation de six personnes dont notre évêque Thierry Scherrer
était présente lors de ces trois journées de rencontre et de partage.

Vous aviez la possibilité de participer à de nombreux ateliers, quel est celui qui vous a plus particulièrement marqué?

P. M. N. : J’ai en effet participé à de nombreux ateliers sur des thèmes divers … Annonce de l’Evangile et sauvegarde de la Création, Annonce de l’Evangile et vie des territoires ruraux, Annonce de l’Evangile et dynamisme des communautés chrétiennes.  J’’ai été passionné par le sujet sur la permaculture. Il s’agit de mettre plusieurs plantes qui s’harmonisent sur un terrain précis. Le témoignage des frères de Saint-Jean qui ont fondé l’Académie pour une Écologie Intégrale* au sanctuaire marial de Notre-Dame-du-Chêne dans la Sarthe.

J-C. F.  : J’ai eu la joie d’animer un des ateliers car je suis bénévole de l’association Solidarité paysans* dont j’ai présenté la mission. Quand un agriculteur présente des difficultés, l’association envoie un bénévole qui écoute avec beaucoup de respect et cherche des pistes et des solutions qui peuvent être mises en œuvre sur l’exploitation. Jamais nous ne nous substituons à l’agriculteur car il a en lui de nombreuses ressources. Il s’agit simplement d’épauler, de conseiller, d’accompagner. Lorsqu’un agriculteur est en souffrance, toute sa famille est impactée. Les difficultés peuvent être financières mais je suis frappé par la grande souffrance liée à la solitude. Il s’agit d’aider l’agriculteur à retrouver sa place et à se tenir debout.

De nombreuses conférences ont permis des échanges riches et fructueux.
©diocèse de Rennes-Dol-Saint-Malo
©diocèse de Rennes-Dol-Saint-Malo

Quel enseignement pour demain avez-vous retenu en priorité ?

P. M. N. : Nous constatons que les gens ont besoin de formation, de réflexion sur les grands sujets. Ils ont besoin de convivialité, de se retrouver autour d’un dîner, d’un apéro par exemple. Ce sont des cadres plus humains, plus spontanés où il est plus facile de communiquer simplement. Le covid a beaucoup isolé ! 

J-C. F.  : Toutes les professions étaient présentes et, comme le père Marcel, j’ai été frappé par le besoin de convivialité, de mise en relation, d’échange, de partage et d’espérance. Le problème de l’isolement est criant et le nombre de suicides est terrible. Les difficultés ne sont pas tant financières qu’humaines. Il est urgent de vivre la proximité, de se relier les uns aux autres. Les agriculteurs se posent beaucoup de questions, il est important qu’ils puissent en parler. 

Tous les deux ont été frappés par l’affirmation de Mgr Le Boulc’h, évêque de Coutances ; “ Le rural est de retour”. Et si nous étions plus attentifs à ce potentiel, à la responsabilité de chacun ? Un chrétien est quelqu’un qui prie mais aussi qui agit !

Ecouter l’interview intégrale de Jean-Claude Foubert et Père Marcel Nezan, sur Radio Fidélité Mayenne

« L’Église “en sortie” est une Église aux portes ouvertes (..) Cette Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père » 

Pape François

La joie de l’Evangile, 46 et 47.