En ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte, nous attendons une effusion nouvelle de l’Esprit Saint, que nous avons déjà reçu lors de notre baptême, lors de notre confirmation. C’est un temps où l’église se recueille en prière pour demander humblement ce don de l’Esprit, afin d’être une fidèle messagère de la révélation pour aujourd’hui.

En harmonie avec ce recueillement, l’évangile qui nous est proposé nous présente une prière de Jésus, sa dernière prière avant le déclenchement de la Passion. Cela peut nous étonner, car Jésus prie d’habitude son Père plutôt dans la discrétion, et il est seulement arrivé que les disciples le voient prier, et alors lui demandent qu’il leur apprenne comment faire… ce qui nous a valu le « Notre Père ». Mais ce soir-là, de fait, Jésus a prié à voix haute devant ses disciples, dévoilant l’intimité entre lui et son Père.

Il a commencé par parler de leur relation, qui est gloire, connaissance mutuelle partagée. Puis il montre qu’il se soucie de nous, ses disciples… de notre unité. Alors qu’il nous est si facile de nous diviser sur des queues de cerises… oui, Jésus attend de nous un réel engagement en faveur de l’unité entre les chrétiens. Et pour nous, en ce diocèse de Laval, cela signifie actuellement de nous préparer à recevoir les décrets de notre évêque après le synode, dimanche prochain, ou ils seront promulgués.

Puis il parle de ce qu’il leur a donné : la parole du Père. Mais en fait, c’est lui, Jésus, le Verbe de Dieu, la Parole du Père. Il est la parole complète, totale du Père pour le monde… et nous qu’en faisons-nous ? Cette parole de Dieu qui nous est donnée comme nourriture pour notre intelligence et notre cœur, pour notre foi… distillée par l’Eglise au long de l’année liturgique… Eh bien, ces paroles de Jésus, elles ne sont pas des paroles en l’air, ce que Jésus dit, il le fait, et mieux, il l’est !

Enfin, Jésus parle de notre rapport complexe avec le monde : dans le monde, sans lui appartenir, envoyés dans le monde, donc sans le fuir, plutôt en apprenant à l’aimer sans attendre un retour… voilà un vrai chemin de gratuité qui ressemble à ce que Jésus nous a révélé de l’amour du Père, de l’amour qu’est le Père… S’engager dans ce monde, pour répondre à notre vocation d’image de Dieu dans la création, mais sans oublier que nous avons une destinée bien plus profonde, ou haute… notre éternité, la rencontre dans l’au-delà de notre Dieu, source de vie et d’amour, auprès duquel se trouve déjà Jésus, premier représentant de notre humanité.

Demandons l’Esprit, qu’il nous dispose à l’unité, à l’accueil de la Parole, au témoignage dans ce monde !