Repères de vie

1. La Bienveillance

Point de départ avec l’étymologie :

Partons du mot bienveillance. En latin, bene volens : qui veut le bien. Deux mots immenses en éthique : le vouloir et le bien, le vouloir associé à la liberté de choisir un vrai bien par lequel l’homme peut s’accomplir. Sans oublier que la bienveillance digne de ce nom (vouloir le bien) est inséparable de la réalisation de ce bien, la bienfaisance (en latin, bene facere, faire le bien), à l’image de Dieu qui, quand il crée le monde, il le bénit (en latin, bene dicere, dire le bien) et le réalise : « Dieu dit….Dieu fit » Gn 1.

 

Approfondir : Les auteurs, les théologiens, les spirituels multiplient les approches :
« Disposition d’esprit favorable envers quelqu’un » Jean CARON,
« La bienveillance considère l’autre dans sa dimension de visage » Sylvie GERMAIN,
« Bonté affectueuse » Don BOSCO,
« Approcher l’autre avec attention et respect » Etienne GRIEU,
« Sentiment par lequel on veut du bien à quelqu’un » Petit Robert.

Oui, mais de quel bien parlons-nous ? Le bien que je veux pour l’autre, au risque de le lui imposer (attention à la relation d’emprise) ou le bien authentique choisi par l’autre ? Comment est-ce que je rentre dans la relation avec l’autre pour travailler à son vrai bien ? Le bienveillant n’est pas au-dessus de l’autre. Albert Camus dans « Le premier homme » a des pages magnifiques sur l’instituteur et l’élève qui créent de l’égalité dans la différence. « C’est le partage du plaisir à être dans l’échange avec l’autre qui va faire de chacun des égaux », commente Nicole JAMMET.

La bienveillance avec soi-même ne va pas de soi. Comment s’estimer quand on a grandi, sous des regards malveillants, défiants, sans encouragement ?

La bienveillance sociale ne va pas de soi quand le jeu des intérêts politiques ou économiques l’emporte sur le bien des personnes ?

La bienveillance avec Dieu ne va pas de soi, quand on voit le péché partout, quand on oublie, dès les premières pages de la Bible, la bienveillance originelle : « Et Dieu vit que cela était bon », et dans les dernières pages, le rappel du dessein du Dieu de l’Alliance : nous sommes créés par amour, nous sommes reliés les uns aux autres ainsi qu’avec tout l’univers, nous sommes appelés à la sainteté, nous sommes bénis de multiples manières, nous sommes comblés, nous sommes destinés à la vie éternelle, nous sommes justifiés en Jésus-Christ, Cf Eph 1. Comment ne pas répondre à l’immense bienveillance de Dieu par notre bienveillance permanente !

La bienveillance inconditionnelle des parents sur chacun de leur enfant est exemplaire de la bienveillance dont chacun a besoin pour s’épanouir.

 

Jésus : Jésus a incarné la bienveillance toujours et partout, parfois de façon énergique pour dénoncer le mal, toujours de façon miséricordieuse : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre » Jn 8, 7 ou « Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison » Lc 19, 5 ou « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Lc 18, 41 ou encore « Là où Jésus passait, il faisait le bien et guérissait » Ac 10, 38

 

Une magnifique figure de la bienveillance : Nelson Mandela

Nelson Mandela, qui a connu 26 années de prison (1964-1990), avant de devenir président de l’Afrique du sud, en 1994, a écrit dans « Un long chemin vers la liberté » : « J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. On peut enseigner aux gens à aimer car l’amour naît plus naturellement dans le cœur que son contraire. Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un de mes gardiens pendant une seconde peut-être mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer ».

 

Exercices pratiques : cf Lytta BASSET (théologienne protestante)

1 . Prendre la mesure de la bienveillance ou de la malveillance dont on a été l’objet, le regard de l’autre nous façonnant, dès la plus tendre enfance.

2 . Se dépolluer du regard méfiant porté sur soi et rendre grâce pour la bienveillance dont on a été l’objet.

3 . Se laisser regarder avec amour par Dieu et par les autres, s’imprégner de la Bible et de la vie des saints. Laisser son cœur, puis son regard, puis ses lèvres, devenir de plus en plus bienveillants.

4 . Poser, multiplier sur son conjoint, ses proches, ses collaborateurs au travail, des regards, des pensées, des gestes bienveillants, avant même de remarquer un défaut.

5 . Bénir le Seigneur avant même de le supplier. C’est la dynamique du Notre Père.

Point d’arrivée avec un appel : Et si nous osions la bienveillance, sans naïveté, avec prudence, comme attitude de base ! Et si nous étions plus prompts à cultiver les vertus qu’à dénoncer le mal pour incarner une Eglise de la bénédiction et de la louange plus fortes que le mal ?

 

Bibliographie :
Lytta BASSET, Oser la bienveillance, ALBIN MICHEL, 2015
Albert CAMUS, Le premier homme, Gallimard, 1994
Revue Christus, Vouloir la bienveillance, n°249, janvier 2016
Pascal IDE en collaboration avec Luc ADRIAN, Les 7 péchés capitaux, MAME-EDIFA, 2002
Nelson MANDELA, Un long chemin vers la liberté, Fayard poche

 

Interactivité : partager pour s’enrichir mutuellement

Si vous connaissez autour de vous des personnes qui incarnent la bienveillance, pouvez-vous apporter votre témoignage, tout en respectant l’anonymat de la personne ?
Voyez-vous un lien avec l’actualité de votre vie (personnelle, familiale, sociétale, ecclésiale) ?
Avez-vous des suggestions éducatives pour grandir dans la pratique de cette vertu ?
Quelle figure incarne le mieux pour vous la bienveillance, dans la littérature, la peinture, la sculpture, la musique, le cinéma…. ?

Vous pouvez adresser directement votre contribution (témoignage, photo, vidéo, titre de livre, de film etc….) à P. PM Perdrix à perdrixpm@orange.fr ou à paroisse.notredame.stmartin@orange.fr elle servira à alimenter la colonne de droite de cette rubrique.

2. La Sobriété

La vertu de sobriété revient en force dans nos paroles et dans nos pratiques, parce que nous sommes confrontés aux excès de la consommation et de la mondialisation : épuisement de ressources (eau potable….), déforestation, pollution, réchauffement climatique, perte de la biodiversité, détérioration de la qualité de la vie humaine, dégradation sociale….Les conséquences de ces excès sont des inégalités planétaires : par exemple, 821 millions d’humains souffrent de la faim, 844 millions n’ont pas accès à l’eau potable…Cf Laudato Si.

Pierre Rahbi (né en Algérie en 1938, essayiste, romancier, agriculteur, conférencier et écologiste français, fondateur du mouvement Colibris et figure représentative du mouvement politique et scientifique de l’agroécologie en France) invente le terme de « sobriété heureuse » : « Elle est un concept qui surgit face au constat de la convergence des crises, dans une réflexion sur nos modes de vie, et pour faire en sorte de satisfaire nos besoins en faisant le choix de la simplicité et d’un « art de vivre affranchi de sa boulimie consommatrice » (Patrick Viveret), tout en conciliant des exigences de justice sociale et de réduction de notre impact en termes énergétique et environnemental, tout en n’écartant pas la recherche d’un confort de vie, qu’il soit matériel ou spirituel.

 

Approfondir :

la sobriété n’est pas un but, mais un moyen de mieux vivre, de mieux être et non pas d’avoir indéfiniment plus pour ceux qui ont déjà suffisamment de biens. On ne vit pas pour être sobre, mais on cultive la sobriété, voire la frugalité, pour savourer la vie. « La question de la sobriété, c’est la question de la sortie de la démesure » (Laurent Landete), c’est la question de la tempérance entre les extrêmes en vue de retrouver l’équilibre (la tempérance étant une des quatre vertus cardinales des moralistes), c’est la question, en définitive, de la juste mesure. St Thomas d’Aquin écrivait, « la vertu morale se trouve dans le juste milieu », entre péchés par excès ou par défaut. La mesure appartient à toutes les vertus morales dignes de ce nom. Mais il appartient à la sobriété de tempérer les passions comme l’avidité dans la possession et l’usage de certains biens, passions qui nuisent au vrai bien de l’homme et, ensuite, de mesurer les moyens pour parvenir à des biens à la mesure de l’homme. La vraie mesure de l’homme est en définitive l’homme lui-même, la raison humaine

 

Trouver la juste mesure :

Les vertus morales sont toujours mesurées. Par contre, les vertus théologales, suscitées en nous par Dieu et qui portent sur Dieu sont illimitées. On n’aimera jamais assez Dieu et les hommes à la manière de Jésus, on n’espérera jamais assez en la grâce de Dieu, on ne croira jamais assez. Viser la perfection de la foi, de l’espérance et de l’amour constitue la mesure sans mesure des vertus théologales. « La mesure de l’amour est d’aimer sans mesure » St Bernard. Les mesures de la sobriété sont les limites et les capacités de l’homme et de la planète. Quand les vertus morales sont mesurées, les vertus théologales sont infinies. Créés à l’image de Dieu, corps, âme, esprit, guidés par la raison, nous pouvons grâce aux vertus morales choisir sans cesse les biens humains qui nous correspondent et grâce aux vertus théologales, que la grâce de Dieu infuse en nous, aspirer aux plus grands biens : Dieu et son royaume.

La sobriété remise en valeur par notre temps et élargie à « l’écologie intégrale » est emblématique du sursaut moral attendu : « Dans notre constellation de vertus, il s’agit de la vertu centrale ; elle se déploie en éventail pour former un réseau dense de synonymes : mesuré équivaut à ‘’ équilibré, pondéré, prudent, réfléchi, contenu, discret, sobre, tempéré, réglé, réservé, modéré, prévoyant, sensé, judicieux, sage, mûr, raisonnable, stable, posé, détendu, paisible, équitable, régulier etc…’’ » Carlo OSSALA

 

Des exemples de sobriété :

Manger, boire avec excès, nuit à la santé. Faire un extra de temps en temps, dans un contexte festif, et revenir de façon habituelle à l’usage de nourriture et de boisson ne remet pas en cause la manière sobre habituelle de se nourrir et de boire.

Gaspiller l’eau nuit à la planète. User de l’eau, avec modération, en pensant aux autres et à la planète pour boire, se laver, arroser, produire dans l’industrie, constitue autant de manière de vivre la sobriété pour le bien-être du plus grand nombre.

 

Des appels réitérés de l’Ecriture :

« Mais toi, en toute chose, garde la mesure (Autre traduction : « sois sobre »), supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère » 2 Tm 4,5

« Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. Les gens qui dorment, c’est la nuit qu’ils dorment ; ceux qui s’enivrent, c’est la nuit qu’ils sont ivres, mais nous qui sommes du jour, restons sobres ; mettons la cuirasse de la foi et de l’amour et le casque de l’espérance du salut » 1 Thes 5, 6-8

« Le responsable doit être irréprochable, époux d’une seule femme, un homme sobre, raisonnable, équilibré, accueillant, capable d’enseigner, ni buveur ni brutal mais bienveillant, ni querelleur, ni cupide… Les femmes, elles aussi, doivent être dignes de respect, ne pas être médisantes, mais sobres et fidèles en tout » 1 Tm 3, 2. 11

« Que les hommes âgés soient sobres, dignes de respect, pondérés, et solides dans la foi, la charité et la persévérance » Ti 2, 2

« Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer ». 1 Pi 5, 8

 

Exercices pratiques :
Cf Tugdual DERVILLE, 67 recettes de bonheur, Paris, Editions Emmanuel, 2018. 67 propositions, comme autant d’exercice de sobriété, portant par exemple, sur l’usage de son portable (11), sur réparer (24), ralentir (34), nettoyer la planète (63)…

 

Bibliographie :
Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise, Paris, Editions Emmanuel, 2021
Tugdual DERVILLE, 67 recettes de bonheur, Paris, Editions Emmanuel, 2018
Pape FRANCOIS, Encyclique Laudato Si, Paris, Editions Emmanuel, 2015
Pierre RAHBI, Vers la sobriété heureuse, 2010
Carlo OSSOLA, Les vertus communes, Paris, Les belles lettres, 2019

 

La Sobriété pour les enfants

Les enfants, connaissez-vous ce mot : la sobriété ?
Pouvez-vous donner un exemple de quelqu’un qui est sobre ?

Quelqu’un qui mange ou boit modérément, ni trop, ni trop peu, pour pouvoir faire le plein d’énergie !
Quelqu’un qui s’amuse avec des jeux vidéos, ni trop, ni trop peu, afin de faire autre chose dans la journée, afin de communiquer avec les autres !
Quelqu’un qui répare un vélo, un objet cassé ou abîmé, quand c’est possible, plutôt que de racheter tout de suite !
Quelqu’un qui prend une douche, ni trop longtemps, ni trop brièvement, pour être bien propre, mais ne pas gaspiller en pensant à tant de personnes qui en manquent !
Des personnes qui font du covoiturage pour économiser de l’essence et diminuer les émissions de gaz carbonique !
Des personnes qui trient leurs déchets pour recycler plus facilement, économiser de l’énergie !

Quel est le point commun entre tous ces exemples ? C’est quoi la sobriété ?
C’est d’user modérément de tous les biens que Dieu nous donne pour savourer la vie. Quand certains disent : toujours plus, toujours plus d’argent, toujours plus de biens, celui qui est sobre dit : juste ce qu’il faut pour être heureux, juste ce qu’il faut pour ne pas oublier les pauvres et partager.

La sobriété n’est pas un but mais un moyen. Le  sobre est mesuré, réfléchi, prudent, modéré, prévoyant, sensé, judicieux, sage, raisonnable, posé, paisible, ouvert aux autres…

 

C’est difficile pour vous, les enfants, la sobriété.

Je parlais, cette semaine, avec une de vos maitresses qui me disaient que quand vous faites une longue course, par exemple pour les virades, vous avez du mal à trouver le bon rythme pour durer longtemps. Souvent, vous partez vite, mais il faut vous arrêter après, car vous n’avez plus de souffle. Il vaut mieux être sobre, calculer son effort, trouver un rythme que l’on va tenir longtemps. Celui qui est sobre mesure, modère, tempère son effort. La sobriété s’apprend avec le temps.

La Parole de Dieu nous invite à la sobriété :   « Mais toi, en toute chose, garde la mesure (Autre traduction : « sois sobre »), …….accomplis jusqu’au bout ton service » 2 Tm 4,5

Je vous propose un exemple de sobriété, celle de St Vincent de Paul. Il est représenté dans notre basilique sur un grand vitrail. C’est un prêtre qui vivait au 17ème s. et qui avait un cœur immense, rempli de bonté : on manque de prêtres, il fonde les lazaristes, on manque de personnes pour servir les pauvres, il fonde les filles de la charité. Il ne garde rien pour lui. Il vit sobrement car son bonheur, c’est le bonheur des pauvres. Alors, il donne, il donne encore, il donne toujours, il donne de la nourriture, il donne l’amour de Jésus, il donne sa vie. Il est heureux. Il vit avec les pauvres.

 

3. La Foi

C’est un bonheur, une béatitude :
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu » Jn 20, 29. La foi est une béatitude faite à tous grâce à Thomas, l’incrédule, celui que nous honorons désormais comme saint Thomas, car il est passé du doute surmonté, à la foi qui réjouit.
 » Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur  » (Lc 1, 45) reconnait Elisabeth devant sa cousine Marie. « Désormais, toutes les générations me diront bienheureuse » Lc 1, 48

 

C’est un émerveillement de Jésus :
« Entendant cela, Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » Lc 7, 9. Il s’agit de l’épisode du centurion romain dont un de ses esclaves était malade. Il envoie des notables juifs pour demander à Jésus de sauver son esclave. Ceux-ci supplient Jésus parce que ce centurion aime le peuple juif. Il a même fait construire la synagogue de Capharnaüm. Le centurion envoie des amis demander à Jésus de ne pas se déplacer : «   Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit…. Mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri ! ». Jésus admire la foi de ce païen (non juif) : une confiance en Jésus qui lui fait demander pour un autre, un esclave ; une confiance qui lui fait passer par des autres : des notables juifs et des amis ; une confiance qui lui fait accéder au cœur de Jésus, au-delà de la proximité immédiate. « Rien n’est impossible à Dieu » Lc 1, 37. Cette foi fut reçue par l’Eglise comme tellement belle que les mots inspirants du centurion sont repris par chaque chrétien avant de communier au grand mystère de la foi : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri »

 

C’est une relation transformante de tout l’être avec Dieu :
« La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélé » Catéchisme de l’Eglise catholique n°150.   » Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait  » (He 11, 8 ; cf. Gn 12, 1-4). Abraham s’est engagé de tout son corps, de toute son âme, de tout son esprit, de tout son cœur, avec toute sa tribu, dans la réponse à l’appel de Dieu. La foi ne touche pas seulement l’intelligence. Elle déborde sur l’être tout entier. Pourquoi cette habitude de différencier croyant et pratiquant ? Un croyant, digne de ce nom, se livre tout entier à l’amour de Dieu qui se réalise dans l’amour fraternel. Abraham est devenu le Père des croyants, pratiquant l’amour de Dieu et des frères.

 

C’est une recherche :
Si Saint Anselme dit  » La foi cherche à comprendre « , St Augustin poursuit  » je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire « . La foi est une recherche permanente. Je cherche, je trouve ; je trouve et je continue à chercher car Dieu et son dessein bienveillant pour l’humanité seront toujours plus grands que toutes nos découvertes réelles mais partielles, temporaires, progressantes, fluctuantes….

 

C’est un combat :
faire confiance, avoir confiance en soi, se faire confiance mutuellement, faire confiance aux autres, avoir confiance en l’avenir : que de combats humains ! St Jean-Paul II aimait à dire que « les 2 ailes de l’esprit sont la raison et la foi ». Faire confiance à Dieu, envers et contre tout, faire confiance à l’Eglise, quelque soient les circonstances : que de combats humains qui nécessitent le secours de la grâce de Dieu et les dons de l’Esprit Saint (sagesse, intelligence, science, conseil, force, crainte, piété filiale) et les fruits de l’Esprit Saint (« Le fruit de l’Esprit, c’est la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la longanimité, la mansuétude, la foi, la modestie, la continence et la chasteté » Galates 5, 22) . C‘est le combat quotidien des chrétiens confrontés à l’incroyance, aux doutes, à l’indifférence, au relativisme. Aucune époque n’a été facile, toutes ont relevé leurs défis, toutes ont leurs richesses, la nôtre connait, dans beaucoup de pays, la liberté religieuse, la liberté de voyager (pèlerinages, chemin de St Jacques de Compostelle…), des moyens nouveaux de connaissances, de communications et de témoignages, des institutions chrétiennes qui ont fait leurs preuves, un patrimoine exceptionnel….

 

C’est une aventure communautaire :
Impossible de dire « Je crois » sans sous-tendre « Nous croyons » ; Impossible de dire « Nous croyons » sans sous-tendre « Je crois ». Croire est une œuvre profondément personnelle et communautaire qui se réalise dans la charité débordante, animée de l’espérance : « J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien…. L’amour prend patience ; l’amour rend service » 1 Co 13, 2.4

 

Des exemples de croyants :
ils sont innombrables à commencer par les saints, « les saints de la porte d’à-côté », comme aime à le dire le pape François. Dieu seul sait la flamme qui brûle le cœur de chaque homme, la braise à rallumer d’un souffle…. L’Esprit souffle sur les braises.

 

Exercices pratiques, « en temps d’incertitude » :
Chaque jour, poser 4 actes : un acte judicieux d’approfondissement de sa foi (conférence, lecture, partage de réflexion…), un acte profond de prière, un acte bon de service pour les autres, un acte courageux de témoignage. Un croyant digne de ce nom, met ses pas à la suite de Jésus, à la manière de Moïse, de la Vierge Marie et de tous les saints ou encore des sanctifiés en chemin. Impossible d’être croyant non pratiquant ! La foi se pratique !

 

Bibliographie : Bible. Catéchisme de l’Eglise catholique

4. L'Espérance

L’espérance quotidienne :
Force est de constater que l’espérance est sur toutes nos lèvres : « J’espère qu’il fera beau aujourd’hui », « j’espère guérir », « j’espère que ce projet aboutira », « j’espère que la pandémie va s’arrêter », « j’espère la vie éternelle ». Mais ces espérances sont bien différentes. La langue française, d’habitude si précise, ne distingue pas avec 2 verbes différents ce qui ressort des espoirs ou des espérances. J’espère aussi bien une bonne nuit que la vie éternelle !  « Nous avons besoin des espérances – des plus petites ou des plus grandes – qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande espérance, qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas. Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre » Benoît XVI, encyclique sur l’espérance, 2007, n°31. L’espérance chrétienne est ce plus qui peut habiter tous nos espoirs ou espérances. Elle offre un horizon, un sens. Tel espoir peut être déçu, mais l’espérance offerte avec la grâce de Dieu demeure. « La foi, ça ne m’étonne pas. La charité ça ne m’étonne pas. Mais l’espérance, voilà ce qui m’étonne…. La foi que j’aime le mieux, c’est l’espérance, dit Dieu » Le porche du mystère de la 2e vertu, Charles Péguy.

 

L’espérance en chemin :
Impossible de vivre sans espoir, sans espérance. C’est l’expérience du peuple de Dieu, depuis Abraham, le Père des croyants, le Père de ceux qui espèrent : « Espérant contre toute espérance, il crut et il devint le Père d’une multitude de peuples » Rm 4, 18. C’est l’expérience de l’exode avec Moïse, et de l’exil avec les prophètes Isaïe, Ezéchiel….C’est l’expérience de Jésus qui annonce les béatitudes au présent et au futur, le futur du ciel comme terre promise : « Heureux les doux car ils recevront la terre en héritage » ; le présent du royaume déjà-là : « Heureux les pauvres de cœur car le Royaume des cieux est à eux ». L’espérance ne nous projette pas seulement dans l’avenir, mais elle nous procure déjà un nouvel art de vivre.

Le symbole scripturaire de l’espérance est l’ancre, l’ancre des bateaux reliés aux fonds marins pour apporter un peu de stabilité. L’ancre de l’âme est jetée vers le ciel : « Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur » Heb 6, 19-20. La mémoire des chrétiens est tournée vers l’avenir !

 

L’espérance difficile :
Peut-on espérer quand tout va mal dans notre vie ! Peut-on espérer au XXIe s, quand nous repensons aux désastres du XXe s ! Peut-on encore espérer quand les peurs s’accumulent : écologiques, sociales, sanitaires, économiques…. Notre espérance est contrariée. Certains peuvent franchir le seuil de la désespérance et devenir indifférents ou sombrer dans la violence. Paul Valadier, SJ, nous prévient : l’espérance n’est pas la vertu qui jaillit quand tout est fichu. « Là où tout est bouché, l’espérance n’a aucune place. Nous espérons que parce que nous trouvons dans l’existence effective des traces concrètes d’espoir…comme Jésus fait pressentir la résurrection en guérissant, en soulageant, en relevant les gens accablés, car ce monde n’est pas sans issue ». Tant d’espoirs sont vécus dans la société et dans l’Eglise.

 

« L’espérance vive » :
L’espérance n’est possible qu’avec le secours de la grâce de Dieu, à demander sans cesse : « Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre grâce en ce monde et le bonheur éternel dans l’autre, parce que vous l’avez promis et que vous êtes toujours fidèles dans Vos promesses » (Acte d’espérance). Les tentations contre l’espérance sont fortes de nos jours. L’espérance est la vertu de ceux qui tombent et qui se relèvent sans cesse, de ceux qui veulent tenir debout dans l’existence, de ceux qui agissent et traversent les difficultés de l’existence, de ceux qui affrontent le réel et assument les incertitudes du temps présent, de ceux qui croient que la Vie l’emportera sur la mort, en Jésus :

« Espère, ô mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout passe avec rapidité, quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain, et long un temps bien court. Songe que plus tu combattras, plus tu prouveras l’amour que tu portes à ton Dieu, et plus tu te réjouiras un jour avec ton Bien-Aimé, dans un bonheur et un ravissement qui ne pourront jamais finir » Ste Thérèse de Jésus.

 

Exercices pratiques :
Cultiver une attitude positive. Par exemple, lire les journaux ou écouter les nouvelles, sans se laisser déborder par les mauvaises ou relire chacune de nos journées, en discernant un germe d’espérance ou s’engager dans des projets humains en les habitant de l’espérance.

S’habituer à professer sa foi le dimanche à la messe, comme un acte d’espérance. Ne disons-nous pas à la fin du credo, sous la forme du symbole de Nicée-Constantinople : « J’attends la résurrection des morts et la vie éternelle ». Les croyants pourraient s’appeler les espérants !

Méditer régulièrement les béatitudes

Parler autour de soi de livres, de films, d’œuvres d’art remplis d’espérance. Lire la vie des saints, par exemple celle de Ste Joséphine BAKHITA. « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous » 1 Pi 3, 15

S’imprégner du message de Pontmain, offert par la Vierge, en des temps difficiles (1871) : « Mais priez mes enfants Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher »

 

Bibliographie :
Benoît XVI, Encyclique « Sauvés dans l’espérance », 2007
Paul Valadier, Ce qui nous fait tenir en temps d’incertitude, l’espérance vive, 2021

 

5. La Charité

La charité n’a pas bonne presse :
Il y a un véritable problème de langage. Le mot amour est très utilisé, très beau, mais très ambigu, tellement il y a de formes de l’amour : « l’amour du chocolat, l’amour de la patrie, l’amour pour son métier, l’amour familial, l’amour d’autrui, l’amour de Dieu… ». Et, par exemple, une expression comme « faire la charité » exprime la condescendance dans l’amour, ce qui n’est pas la charité qui est la perfection de l’amour.

La charité et l’amour :
Le pape Benoît XVI dans son encyclique « Dieu est amour » exprime avec beaucoup de clarté la spécificité de l’amour de charité. 3 termes, dans la bible grecque, expriment l’amour :

Eros, comme l’amour d’attirance, lié au corps, à l’instinct, au désir charnel, à « l’ivresse au-delà de toute raison ». Nietzche a reproché au catholicisme de détruire l’Eros. La bible ne refuse pas l’eros, mais sa déformation. « Le défi de l’Eros est vraiment surmonté quand le corps et l’âme sont unifiés » n°5. Le pape François dans son exhortation apostolique sur « la joie de l’amour » a de magnifiques paroles sur l’amour comme eros : « L’érotisme le plus sain, même s’il est lié à une recherche du plaisir, suppose l’émerveillement, et pour cette raison, il peut humaniser les pulsions » AL n°151.

Philia, comme amour d’amitié. Il y a plein de degrés d’amitié. L’amitié est une grâce insigne dans l’existence. Jésus nous invite à l’amitié. « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis… Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande » Jn 15, 13-15. Et Jésus commande l’amour au sens de « Je vous en supplie », si vous voulez être heureux, « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». L’amitié forte entre les humains conduit à la joie quotidienne : « Otez de la nature ce commerce de bienveillance, il n’y aura plus ni maison, ni cité » Cicéron. Pierre-Hervé Grosjean prêtre éducateur de notre temps, dans son livre « Aimer en vérité », invite les jeunes, à cultiver des amitiés de qualité, et ne pas passer trop vite à l’amour conjugual : pas trop tôt, pas trop vite, pas trop près ! A noter que même l’amour conjugual pour s’épanouir a besoin d’amitié, d’échanges des âmes en profondeur.

Agapè, comme amour de charité : « Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » 1 Jn 4, 16. C’est l’amour par excellence. L’agapè est l’amour de Dieu pour nous. C’est l’amour de Dieu révélé par Jésus et communiqué par l’Esprit. L’agapè devient l’amour de l’homme pour l’autre, un amour qui « dépasse le caractère égoïste de l’eros », un amour exclusif de l’autre et pour toujours. C’est un amour à la manière de Jésus :  un amour absolument gratuit, un amour qui pardonne, un amour du prochain qui se fait de plus en plus universel et concret : « Celui qui a besoin de moi et que je peux aider est mon prochain » (cf parabole du Bon Samaritain), un amour sans prosélytisme : « Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de le taire et de ne laisser parler que l’amour » DCE n°31

La justice et la charité : Certains pensent que la charité apporte un plus, avec des organismes caritatifs comme le Secours Catholique, la société St Vincent de Paul, Terre Solidaire… quand la société n’y arrive plus. « C’est charitable » ! C’est vrai que ces organismes constituent la charité organisée de l’Eglise. C’est vrai qu’ils pratiquent la charité en actes et nous entrainent à aimer et servir les pauvres, à la manière du Christ. Mais la charité, pour l’Eglise, est nécessaire à tout moment, en vue de l’accomplissement de toute œuvre. « La foi sans les œuvres est morte » Jc 2, 26. « La charité du Christ nous presse » 2 Co 5, 14, à aimer, à servir, avec tout homme de bonne volonté, en toutes circonstances.

La charité en actes : Qu’est-ce qui nous entraine le plus à aimer ? Un conjoint prévenant, un parent attentionné, un enfant débordant d’amour spontané, un priant, quelqu’un d’engagé pour les autres, un témoin…

Les saints de l’Eglise qui sont la charité en actes sont nos modèles. Un seul détail de leur vie suffit à évoquer la totalité de leur cœur brûlé de l’amour de Dieu et des frères : St Jean qui pose sa tête sur la poitrine de son Maître, St Laurent qui accepte de brûler martyr sur un gril,  St Charles Borromée qui visite ses ouailles atteints de la peste, St Vincent de Paul qui accueille les enfants abandonnés, Mère Teresa qui accompagne les mourants… et tous ces saints d’aujourd’hui, ces « saints de la porte d’à-côté »,  comme aime à le dire le pape François, qui, humblement, dans le quotidien posent des actes d’amour et de pardon, le don par excellence.

La charité en exercices : On n’a jamais fini d’aimer.
Dans la lumière de l’encyclique de Benoît XVI : « Dieu est amour », que l’amour parfait de charité intègre l’amour d’attirance, à réguler par la vertu de tempérance, et l’amour d’amitié. Pour cultiver l’amitié, je vous recommande « le calendrier perpétuel AMITIE, une citation pour chaque jour », d’Helen EXLEY, disponible en librairie.

Pour développer la charité, laissons jaillir l’Esprit qui habite nos cœurs, à l’occasion de toutes nos rencontres. La charité est de tous les instants. « La mesure de l’amour est d’aimer sans mesure » St Augustin.

Important de relire régulièrement sa vie, à la lumière de :
1 Co 12, 31-13, 13 : « … L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; … il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout… »

ou de Mt 25, 31-46 : «… “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait …”

Bibliographie :
Bible ;
Benoît XVI, Encyclique Dieu est amour, 2005 ;
François, La joie de l’amour, 2016 ;
Pierre-Hervé GROSJEAN, Aimer en vérité, 2014

6. La Justice

On dit souvent que les enfants n’aiment pas l’injustice. Ils ont bien raison !

Etre juste :

La vertu de justice consiste à respecter l’autre (Dieu, la maison commune, les personnes…). Mieux encore, « elle consiste dans la constance et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû » (Catéchisme de l’Eglise catholique §1807).

Les dix commandements de Dieu, que Moïse nous a transmis, mettent en garde contre toutes les injustices : les faux témoignages, l’adultère, le meurtre, le vol ou convoiter une personne ou le bien de cette personne, ne pas s’occuper de ses parents, ne pas rendre à Dieu ce qu’il mérite : notre reconnaissance. La justice est faite pour nous « ajuster » aux autres. Parce que nous sommes des vivants, nous avons des droits, mais en même temps parce que nous avons des droits, nous avons des devoirs qui leur correspondent. « La norme fondamentale…, c’est le respect de la vie, et en premier lieu, de la dignité de la personne humaine » (Jean-Paul II, 1er janvier 1990). Mais la véritable justice va plus loin que le respect, elle promeut le bien de tous.

 

« Rendre justice » :

La justice qui se manifeste, en sérénité personnelle et en paix sociale, ne va pas de soi, c’est pourquoi toutes les civilisations de l’humanité ont toujours eu besoin d’organiser la justice des tribunaux. C’est un exercice difficile, car le cœur humain est compliqué. La présomption d’innocence existe jusqu’au jugement quel qu’il soit. Le juge doit enquêter, faire la part des choses, ne pas céder aux pressions des uns et des autres, aujourd’hui au pouvoir médiatique, nouvelle forme de tribunal, avant même le jugement de l’autorité judicaire.

La justice est représentée  traditionnellement par la balance qui pèse, soupèse les actes, les uns bons, les autres mauvais. Le bien va-t-il l’emporter sur le mal ? Le discernement raisonnable posé sur des actes, sur des intentions, sur des circonstances appartient au jugement. Quatre vertus doivent cohabiter : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » Ps 84.

La recommandation de St Louis à son fils aîné Philippe est toujours d’actualité : « Que tu sois si juste que quoiqu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche, jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaitras, fais justice »  

 

Le chemin de la justice….

Qui peut dire qu’il est juste, dans un monde tellement rempli d’injustices ? Chacun de nous peut exercer la justice à 3 niveaux : celui de la relation humaine particulière, celui de la société (Par exemple, je m’engage avec  d’autres, soit pour accueillir des migrants, soit pour respecter la création, soit dans une association de victimes….), celui des structures sociales.

Je sais que des injustices sont criantes et tolérées par des lois, mais je peux agir pour faire évoluer les conditions pour plus de justice dans la société.

La Parole de Dieu ne cesse de nous accompagner sur des chemins de justice : «  La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie,  la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples. Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard » Ps 18. Les sacrements de l’Eglise nous donnent la force pour vivre selon la justice évangélique, celle qui dépasse la loi du talion : « œil pour œil, dent pour dent » ; elle va jusqu’à rendre le bien pour le mal.

« La justice se fait chemin. On ne fait pas justice une fois pour toutes. Quand tu commences à vouloir être juste, tu sais que tu n’en n’auras jamais fini. Le monde ne pourra jamais être juste, mais le monde peut être plus juste. Il faut que tu acceptes avec humilité que tes actes ont rendu peut-être le monde un peu plus juste, mais non pas juste, une fois pour toutes…Tu es un chercheur de justice…La vertu de justice ne fait que tracer un chemin…Celui qui peut être vraiment juste, c’est celui qui ne se sent jamais assez juste » (Pierre-Yves GOMEZ dans Et maintenant 7 vertus pour traverser la crise)

 

« Vraiment il est juste et bon »

L’eucharistie nous apprend la véritable justice. Comme le prêtre le dit à la préface de chaque prière eucharistique : « Il est juste et bon de te rendre grâce » pour la création et le monde nouveau du salut. Jésus, « le Juste » condamné injustement mais ressuscité, le Vivant, le Médiateur entre Dieu et les hommes, nous « ajuste » à Lui pour que nous entrions en dialogue d’Alliance avec Lui. Il nous rend juste par la foi opérant par la charité. « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Il nous justifie. Il fait de nous des justes. Il nous donne la force par son Esprit et dans son Eglise de pratiquer la vertu morale de justice avec le secours de la grâce de l’Esprit-Saint. Il est vraiment juste de rendre toutes grâces au Créateur et au Sauveur ;  il est vraiment juste de pratiquer personnellement et ensemble la justice, inséparables de toutes les autres vertus.

« Ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » Mi 6, 8

Quel combat pour la justice me tient à cœur, au niveau personnel et avec d’autres ? Suis-je prompt à dénoncer les injustices ? Suis-je prêt à prendre mes responsabilités politiques pour faire avancer la cause de la justice (vote, contribution au débat démocratique….) ? N’est-il pas juste et bon de sans cesse rendre grâce au Seigneur pour les biens qu’il nous donne ? 

Bibliographie :
Bible + Catéchisme de l’Eglise catholique 
François, Vices et vertus, entretiens avec Marco POZZA, 2021 
Et maintenant 7 vertus pour traverser la crise (par 7 auteurs), Editions Emmanuel, 2021

 

7. La Tempérance

Serait-ce uniquement une vertu pour temps de carême !

Une vertu qui ne doit pas nous faire peur !
Le mot tempérance n’est pas très en vogue. Pourtant, il désigne dans notre héritage chrétien, une des 4 vertus morales cardinales, c’est-à-dire une attitude fondamentale de l’âme. Une vertu cardinale est une vertu charnière (de cardo en latin : gond, pivot), une vertu qui rassemble toutes celles qui lui ressemblent, une vertu principale, une force de l’âme inséparable des 3 autres vertus : justice, force, prudence. Impossible de vivre selon la raison et la grâce de l’Esprit-Saint, sans pratiquer de façon connexe ces 4 dispositions fondamentales de l’âme humaine. Certains parmi nous excellent davantage dans l’usage de l’une de ces 4 vertus, mais impossible par exemple d’être vraiment prudent, sans pratiquer la justice, la force et la tempérance.

 

Une vertu qui nous fait garder la raison !
« La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une saine discrétion et  » ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur  » (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament :  » Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits  » (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée  » modération  » ou  » sobriété « . Nous devons  » vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent  » (Tt 2, 12).
‘’Bien vivre n’est autre chose qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son agir. On Lui conserve un amour entier (par la tempérance) que nul malheur ne peut ébranler (ce qui relève de la force), qui n’obéit qu’à Lui seul (et ceci est la justice), qui veille pour discerner toutes choses de peur de se laisser surprendre par la ruse et le mensonge (et ceci est la prudence)’’ S. Augustin ». Catéchisme de l’Eglise catholique n°1809

 

Une vertu pour notre bonheur !
Nous avons l’habitude de parler positivement de la tempérance, par exemple, quand nous disons que nous vivons dans un pays au climat tempéré, ou que quelqu’un tempère ses propos… La beauté de la tempérance n’est pas dans l’absence de jouissances des plaisirs de la vie, mais dans la joie légitime de ces plaisirs naturels, augmentée de la joie de la régulation des passions les plus vives de l’âme qui pourraient l’entrainer vers les excès qui abîment l’homme. Ce qui faisait dire à Nelson Mandela, à la fin de sa vie : « Je suis le capitaine de mon âme » Cf film Invictus. La tempérance porte spécialement vers toutes ces inclinations qui attirent le plus l’homme vers ce qui est contraire à la raison. Il s’agit de tempérer ses désirs naturels de nourriture et de boissons, de réguler sa vie sexuelle, mais aussi de modérer par exemple, aujourd’hui, son usage des écrans, des voyages etc. Si la tempérance qui modère est commune à toutes les vertus, elle est cependant bien une vertu spéciale en tant qu’elle combat les excès d’inclinations puissantes ou des addictions comme l’alcoolisme, la drogue qui nous détournent d’une vie droite et raisonnable.

 

Le combat spirituel !
Chacun mène les combats de tous pour que la raison l’emporte dans nos comportements. Mais, force est de constater que chacun a ses combats plus ou moins rudes, en fonction d’inclinations plus ou moins puissantes à maitriser.

 

Prenons le cas de l’alcoolisme. Mais cela vaut pour plein d’autres passions.
Distinguons la maladie et le péché. L’alcoolisme est une maladie dont les causes sont multiples : antécédents familiaux, désirs de « se sentir mieux, d’atténuer une douleur, d’apaiser une angoisse, de se fuir soi-même, de lâcher ses inhibitions, parfois jusqu’à la perte de contrôle » Pascal IDE. Le péché, celui d’ébriété, peut être celui du déni : refuser de se reconnaitre malade, celui des refus de se soigner, d’être accompagné (par exemple, avec des Associations : Alcooliques Anonymes, Pèlerins de l’Eau vive) et de s’en remettre à Dieu.

Comment y remédier ? Plus facile à dire qu’à faire !
. Traiter la cause : le plus difficile est souvent de passer du déni à la reconnaissance des causes. Accepter un accompagnement médical, psychologique et spirituel. Poser des actes dans le sens de la guérison, de la vie.
. Comme pour tous les chrétiens, pratiquer le jeûne qui approfondit notre relation à nous-mêmes par le corps, pratiquer la prière qui développe notre relation à Dieu, plus grand que l’idole de l’alcool, pratiquer le partage qui fait fructifier notre relation aux autres. Cette nouvelle relation à soi-même, aux autres et à Dieu, rééquilibre notre vie.
. Patienter, car la victoire sur les addictions demande souvent un long chemin, parsemé d’échecs et de victoires. Pas à pas, jour après jour.

 

Conclusion : La tempérance prend la mesure du temps, car il faut du temps pour se convertir, se perfectionner, pour lâcher prise. Elle s’épanouit en milieu favorable quand elle cultive l’art de l’émerveillement et de la reconnaissance des biens de la création. Enfin, la tempérance n’est pas naïve, elle se déploie dans la mesure de la vigilance de l’espérance :
« Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances. Après que vous aurez souffert un peu de temps, le Dieu de toute grâce, lui qui, dans le Christ Jésus, vous a appelés à sa gloire éternelle, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables.  À lui la souveraineté pour les siècles. Amen » 1 Pi 5, 8-11.

 

Bibliographie :
Catéchisme de l’Eglise catholique
Pascal IDE, Les 7 péchés capitaux ou ce mal qui nous tient tête, Mame, 2019

8. La Force

Celui ou celle qui est bienveillant, sobre, croyant, espérant, aimant, juste, tempérant (7 vertus que nous avons abordées depuis 7 mois) est « forcément » fort, car chaque vertu (virtus en latin signifie force) est une force de l’âme. Et pourtant la Tradition de l’Eglise a toujours tenu à une vertu particulière, appelée la force. Elle est même une vertu morale cardinale ou primordiale qui rassemble d’autres vertus qui lui ressemblent : le courage, la patience, la détermination, la fermeté, la constance, la persévérance….

 

Ce qu’elle n’est pas :

La vertu de force n’est pas la force physique. Même s’il faut beaucoup de force morale pour être un sportif de haut niveau, il en faut davantage pour les sportifs handicapés ou pour des malades qui luttent contre la mort et pour la vie ou pour chacun de nous pour réussir sa vie !

Elle n’est pas la force de la violence guerrière qui tue. Même si la société s’appuie sur des forces politiques ou syndicales ou armées, chaque guerre est fondamentalement une défaite pour les hommes, l’échec du dialogue, l’illusion de la force. Cette force là est une faiblesse, car elle ne concourt pas au vrai bien de l’homme. Alors que la sagesse proverbiale le dit et le redit sans cesse : « L’union fait la force » ou « A force de patience… ».

 

Ce qu’elle est :

La vertu de force « est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d’affronter l’épreuve et les persécutions. Elle dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. « Ma force et mon chant, c’est le Seigneur » (Ps 118:14). « Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde» (Jn 16:33) » Catéchisme de l’Eglise catholique n°1808. Les théologiens précisent, ce qui a été confirmé par des soldats de la 1ère guerre mondiale, à savoir qu’il faut plus de force d’âme (raison gardée et volonté renforcée) pour supporter les périls dans les tranchées que pour attaquer.

 

Cultiver la force d’âme : la force de caractère

   Endurer ou s’assouplir ? Les images guerrières de la force peuvent laisser penser que pour devenir fort, il faut savoir endurer les épreuves de l’existence. Faudrait-t-il s’endurcir, devenir dur, pour être fort ? Mais la force n’est pas la dureté. Bernanos a cette admirable réflexion, dans « Le dialogue des carmélites » : « On pourrait croire que Dieu éprouve les saints comme un forgeron une barre de fer pour en mesurer la force. Il arrive pourtant aussi qu’un tanneur éprouve entre ses paumes une peau de daim pour en apprécier la souplesse ». Et si une âme forte était une âme souple, davantage un roseau qui plie sous la tempête, qu’un chêne déraciné par le vent !  

   Devenir fort ou devenir faible ? Pour devenir fort, selon l’Evangile, il faut faire l’expérience de sa pauvreté, de sa vulnérabilité. L’humilité, qui nous fait penser à l’humus de la terre, est intérieure à toutes les vertus ; le curé d’Ars disait que comme un fil relie toutes les perles du chapelet, ainsi l’humilité relie toutes les vertus. « On naît vulnérable et on est vulnérable. Se croire fort, se prétendre fort est un leurre. Être fort n’est pas un état statique ou définitif. C’est un mouvement. Se savoir vulnérable et l’assumer est une force qui libère et qui libère nos forces » Blanche Streb dans « Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise« . L’expérience de St Paul, l’homme fort, le persécuteur des juifs qui devient, par grâce de Dieu, l’apôtre de Jésus et des nations, est celle de la faiblesse qui devient une force : « J’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » 2 Co 12, 7-10.

   S’isoler ou tendre la main : « Personne ne se sauve seul. Que serait-on sans les autres ? La force se reçoit comme elle se transmet. Quand une difficulté nous écrase… une main se tend. L’humilité invite à la prendre. Et la vraie force invite à la tendre. On n’est pas vraiment fort si on ne partage pas sa force, si on ne relève pas chez l’autre les forces de vie qu’il porte en lui. La force trouve une forme de son accomplissement dans sa capacité à rendre l’autre fort » Blanche Streb.

 

Invoquons le don de force : la force de Dieu
Prenons l’image classique du bateau :

Ramer figure l’exercice des vertus humaines. Elles requièrent toute l’énergie de toutes les puissances de notre âme : intelligence, volonté, cœur, mémoire, imagination.

Laisser le vent souffler dans les voiles figure l’action des 7 dons de l’Esprit Saint. La force fait partie de ces 7 dons. Nous pouvons faire spécialement appel à l’Esprit-Saint quand le combat est trop rude. Nous pouvons également demander à l’Esprit-Saint de souffler continuellement dans les voiles de notre âme pour faciliter l’entrainement spirituel, lié aux progrès de nos vertus.

Notre Eglise est une Eglise de la Pentecôte. Avec la force de l’Esprit, soyons les témoins de la Bonne nouvelle de la paix : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » Ac 1, 8.

 

Bibliographie : Catéchisme de l’Eglise catholique ; 7 auteurs, Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise, 2021, Editions Emmanuel

9. La Prudence

La prudence n’est pas toujours ce que l’on pense :

Parfois, on pense être prudent en se taisant, en ne prenant pas de décision, en ne prenant pas de risque, en usant et abusant du principe de précaution. « Elle ne se confond, ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation » Catéchisme de l’Eglise catholique * n°1806.  Conduire avec prudence, consiste-t-il à rouler doucement, au risque de provoquer des accidents, ou bien respecter avec discernement le code de la route ? Les panneaux lumineux sur les autoroutes nous le rappellent régulièrement : « Soyez prudents ». Par exemple, en précisant : « Toutes les 2 heures, une pose s’impose ». La prudence au volant n’est pas seulement le pied sur le frein ou sur l’accélérateur, mais dans l’alternance raisonnable entre freinage, quand c’est utile, et accélération quand c’est opportun afin que la route soit partagée par tous et que chacun s’achemine à bon port. La prudence au volant est une bonne image de la prudence qui doit conduire toute notre vie.

La vertu de prudence …

Est, selon les évêques de France : « un certain sens spirituel (qui) permet à l’homme droit de percevoir ce qui est juste et bon dans le maquis des situations concrètes. Cette aptitude à faire les bons choix s’appelle la vertu de prudence, au sens noble du mot, qui n’a rien à voir avec le manque de courage. Au contraire, elle allie l’intelligence de l’analyse, le don de soi et le risque lucide qui, lui, engage la personne dans l’action. Il ne s’agit pas simplement de savoir où est le bien, mais de trouver l’énergie pour l’accomplir, de trouver assez d’amour de Dieu, de soi-même et du prochain, pour agir vraiment bien » Catéchisme pour adultes ** n°510. Ce que disait déjà, au 13es., le théologien St Thomas d’Aquin, dans une formule synthétique : « La prudence est l’art de discerner le plus grand Bien et de choisir les bons moyens pour l’atteindre » St Thomas d’Aquin.

« Choisir les bons moyens pour faire le mal, c’est être habile, ce n’est pas être prudent ; choisir les bons moyens seulement dans une logique de précaution, ce n’est pas non plus être prudent, c’est être ‘’demi-habile’’ selon la formule de Pascal. La prudence chrétienne voit loin, elle vise haut, et par nature, elle consent à l’inconnu et au risque : c’est la vertu de tous les combats, la capacité à lier connaissance et amour » Mgr Bruno VALENTIN dans Et maintenant 7 vertus pour traverser la crise, p. 90 ***

Les leçons éclairantes de la pandémie de la Covid 19 :

Qui n’a pas été en difficulté comme gouvernant pour décider une politique sanitaire, et comme citoyen pour comprendre et mettre en œuvre des contraintes sanitaires, nécessaires pour certaines, et d’autres qui se sont avérées inadaptées, voir inhumaines comme l’interdiction de certaines visites ! La prudence personnelle et collective, appelant du dialogue jusque dans la prise de décision, est requise pour fixer le cap (la fin) et les moyens. La distinction entre biens nécessaires et « non-nécessaires » s’est vite avérée inopérante. « La prudence est une affaire de priorité » ***. Le sanitaire est-il un absolu ? Comment prioriser, articuler, tenir ensemble les dimensions humaines, économiques, sociales, sanitaires, culturelles, religieuses ?  Attention, quand LA FIN est le sanitaire ! Attention, quand les fins ne sont pas hiérarchisées. Attention, quand un moyen : éviter les interactions sociales pour stopper les contaminations, est pris pour la fin. La prudence requiert d’élever sans cesse notre regard vers les vrais biens de l’homme et de ne pas sacraliser les moyens. 

La prudence de l’Eglise :

« La prudence de l’Eglise est d’un tout autre ordre que de faire simplement preuve d’exemplarité dans le respect des règles sanitaires, ou de combativité pour défendre son pré carré ; elle consiste à faire preuve d’inventivité pour tenir sa place d’intercession dans le monde, et à discerner les voies d’une fraternité universelle, sans jamais abandonner le soin des plus pauvres. Car là n’est pas le moindre des périls : lâcher la main des plus pauvres au nom de la prudence ». La pandémie a mis à jour des « conflits de prudence », par exemple, pour les organismes caritatifs : une « prudence interne » conduisant à « baisser le rideau » pour ne pas exposer ses bénévoles ou une « prudence externe » se mobilisant en adaptant de nouveaux services. La prudence de l’Eglise sera toujours celle de la charité brûlante, de la fraternité universelle, celle du « samaritain prudent » de l’Evangile qui « ne laisse rien au hasard pour sauver celui qu’il reconnait comme un frère » ***

La prudence évangélique :

« Soyez prudents comme des serpents et candides comme des colombes » Mt 10, 16. « La prudence est la vertu de celui qui se sait comme une brebis au milieu des loups : il n’a pas la naïveté d’ignorer qu’il y a des loups, ou de croire que ce sont des brebis qui s’ignorent. Il sait la réalité du mal et sa présence menaçante. Mais il refuse de se comporter lui-même comme un loup, et cherche tous les moyens pour leur échapper » ***. Dans l’Evangile, Jésus loue l’habileté des gérants malhonnêtes pour stimuler la prudence des fils et des filles de la lumière Lc 16, 1-13. L’homme prudent ou prévoyant de l’Evangile est celui qui non seulement construit sa maison, mais il la construit sur le roc Mt 7, 24. L’homme prudent d’aujourd’hui choisit ses biens, les plus grands biens, ses priorités, ses fins ; il choisit en même temps des moyens bons et adaptés qui lui permettront d’accéder à ces biens, car « la fin ne justifie pas toujours les moyens » Kant.  

Bibliographie :

*Catéchisme de l’Eglise Catholique, Mame/Plon, Paris, 1992
**Catéchisme pour adultes, Les évêques de France, Centurion, Paris, 1991 
**Mgr Bruno VALENTIN,  Et maintenant 7 vertus pour traverser la crise, Emmanuel 2021  

Témoignages

La Bienveillance - Vos réactions, vos témoignages, vos suggestions

Des témoignages, des réactions, des remarques, des conseils de lecture, de film … pour nous entrainer les uns les autres à la bienveillance, la repérer, y être plus attentifs, la cultiver.

 

Je connais quelqu’un, qui à chaque fois que son téléphone sonne, avant de répondre, demande au Seigneur de bénir la personne qui appelle et de bénir leur échange.
Elle répond toujours très calmement et avec beaucoup d’attention.
Dieu sait pourtant si elle est souvent importunée par des appels publicitaires…

 

Je me souviens que mon papa faisait griller des châtaignes à l’automne. Parfois, le dimanche, nous les épluchions ensemble et nous en préparions plusieurs petits sachets. Il m’emmenait avec lui pour les porter ensuite à la maison de retraite, en rendant visite aux personnes qu’il connaissait.
Je croyais que c’était « normal » car c’était sa façon d’être et de faire. Toujours des petits gestes discrets et attentionnés. Plus tard, j’ai compris que c’était aussi pour l’enfant que j’étais, une leçon de bienveillance et d’attention aux autres, en particulier envers ceux qui sont seuls et souvent oubliés.

 

J’ai eu le bonheur de rencontrer Sœur Fernande en 1968 à l’hôpital de Mayenne, où elle dirigeait le service de chirurgie, accueillant, soignant les patients jour et nuit.( Elle avait sa petite chambre dans le service pour se reposer). A l’époque, le service chirurgie recevait de nombreux blessés de la route ( Nationale 12). Sœur Fernande avait un regard bienveillant pour chaque patient, une grande lucidité pour chaque cas médical. Je l’ai vu discuter diagnostic avec les médecins qui la respectaient et l’écoutaient. C’était une bienveillance faite de douceur mais aussi de fermeté. On ne transige pas avec la vie d’une personne.
Quand nous partions à Lourdes pour le pèlerinage National, je me disais : comment fait-elle pour tenir jour et nuit au chevet des malades?La réponse me paraît simple aujourd’hui : elle priait, la prière était au cœur de sa vie de religieuse . Elle confiait chacun à Marie.
Merci , Seigneur, pour ces 50 ans d’amitié bienveillante. Merci aux sœurs d’Evron de m’avoir confié son grand portrait le jour de sa sépulture. Elle avait 102 ans.
Les dernières années de sa vie, elle nous disait avec un brin d’humour : «  Le Seigneur a du m’oublier, alors je continue à le déranger ». C’était sa définition de la prière.
Rétrospective de la vie de Sr Fernande.

 

« La Bienveillance ». Quel mot magnifique ! J’aime beaucoup le terme : une « année vertueuse ». C’est tout un programme. J’ai lu la fiche « repère de vie » sur la Bienveillance et j’aurai presque envie d’y ajouter le mot « Bienvenue » Oui j’adhère totalement à ce programme et j’ose dire « Bienvenue à la Bienveillance ». Tout est une question de « Bien ». Comme le dirait un enfant (pour exemple ma petite-fille Aurélia) c’est un « mot magique ». Quand Aurélia âgée de 4 ans me dit cela en langage d’enfants cela résume :  tout ce qu’il y a de plus beau sur terre.
Je trouve que sous le mot bienveillance, se cache souvent le mot humilité car beaucoup de gens la pratiquent humblement et simplement, sans vantardise.
La bienfaisance requiert, je pense, de la compassion, de l’altruisme, et de l’empathie envers son prochain. Tel un battement de cœur, elle alimente tout un réseau et circule facilement entre les humains lorsqu’on sait leur tendre la main. Elle engendre des destinées particulières à ceux et celles qui l’exercent mais surtout elle les comble de grâces. Elle est positive et enrichissante pour l’homme
Tant de saints l’ont pratiqué au jour le jour tels que St François d’Assise auprès de la Nature et des êtres vivants, St Vincent de Paul auprès des malades, Mère Teresa également, St Martin en partageant son manteau etc… La liste est longue et c’est d’ailleurs pour toutes leurs actions qu’ils sont devenus des Saints. On dit bien d’une personne que « C’est une Sainte personne » lorsqu’elle pratique la Bienveillance ou la charité ou la Bonté.
Pour moi une citation que j’affectionne particulièrement et qui résume bien ce mot :  « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre »  Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
Je la médite souvent et on devrait se réveiller chaque matin en se la donnant pour but : un bon moyen pour commencer la journée et surtout pour l’appliquer.
Je vais essayer de travailler encore plus sur cette belle vertu en recherchant des phrases dans des livres qui m’ont particulièrement intéressé ou des films

 

La bienveillance dans un livre.
J’ai découvert  Claire Oppert alors qu’elle était l’invitée  d’un magazine télévisé pour présenter son livre : Le pansement Schubert Ed. Denoël.
Claire Oppert est violoncelliste et musicothérapeute; le titre à lui seul exprime bien le thème du récit : la musique et la musicienne au cœur du soin.
Le livre présente les multiples rencontres de l’auteure avec des malades en fin de vie dans des unités de soins palliatifs, de jeunes autistes en centre médico- éducatif, des résidents d’EHPAD… C’est impressionnant de voir le réconfort, l’apaisement, la sérénité apportés par une pièce musicale à des patients très douloureux, angoissés, révoltés… Des échanges s’établissent, des liens se créent, bien précaires parfois, mais toujours d’une très grande intensité !
Claire Oppert rapporte des expériences fortes avec des personnes diverses par leur origine, leur milieu, leur pathologie ; sa passion, son empathie, son humilité sont présentes à chaque page : c’est vraiment, authentiquement,  la bienveillance en actes !
Un témoignage d’une grande richesse humaine, d’une grande qualité d’écriture que j’ai envie de qualifier, comme  visage et le regard de son auteure, de lumineux.

 

C’est envers soi que commence la bienveillance. Se sentir bien dans son corps, son âme et son esprit permet de s’accepter tel que l’on est et d’accepter les autres dans leurs différences. Etre attentif à l’autre fait  écho à « aimez vous les uns les autres ».
Dans mon quartier une personne vit recluse et fuit le dialogue : pendant le premier confinement nous lui avons mis dans sa boîte aux lettres des attestations de déplacements dérogatoires afin qu’il ne soit pas verbalisé et le reconnaître en temps qu’être humain à part entière.
Une personne âgée qui suite à la séparation d’avec son compagnon a présenté des signes incohérents du comportement avec une désorientation temporo-spatiale pouvant la mettre en danger, nous avons prévenu ses enfants qui ne se rendaient pas compte de l’état de santé de leur maman. Depuis cette personne a été placée en Ehpad pour la protéger et rassurer le voisinage.
Prier au quotidien pour ma famille est un geste de bienveillance envers eux pour moi.
Mère Teresa, Sœur Emmanuelle et l’abbé Pierre  habités par Dieu ont donné leurs vies pour les plus pauvres et les plus démunis en toute humilité. Ils sont des exemples qui demandent le respect.

 

Nelson Mandela rejoint ce que Rousseau disait en son temps: « l’homme naît bon, la société le déprave », pas toujours facile à découvrir parfois.
Pour moi pour qu’il y ait bienveillance il faut être deux minimum, comme dans amour amitié…. Le Christ ne serait pas venu pour personne.
La bienveillance entre conjoints s’accompagne bien d’amour, et dans la maladie nous avons tous des exemples extraordinaires que nous admirons.
Il est vrai que cette disposition favorable envers autrui, certaines personnes semblent l’avoir sans effort : bravo car ça n’est pas si facile dans la vie au quotidien.

La Sobriété - Vos réactions, vos témoignages, vos suggestions

La sobriété. Oh ! comme ce mot est difficile à expliquer. Et pourtant il devrait être plus souvent prononcé et appliqué surtout dans notre société actuelle trop basée sur des biens de consommation. Dans notre vie quotidienne on ne peut s’empêcher de le rallier aussitôt à l’alcool et à toute autre addiction. On dit bien « être sobre comme un chameau ». Cet animal au demeurant majestueux, du haut de sa hauteur , est l’image même et l’éternel emblème de la sobriété. Car lui seul sait affronter le désert hostile et aride et éviter sa sécheresse. Sa bosse utile peut contenir une réserve d’eau importante et suffisante pour survivre. Il peut, grâce à cet atout donné par la nature, transporter ainsi des hommes et des caravanes entières dans le désert. On l’évoque souvent dans l’Ancien Testament lors du voyage d’Abraham. A lui seul il aide l’homme et c’est un bel exemple de sobriété. Il sait économiser une denrée rare : l’eau !

 

La sobriété dans notre mode de vie doit s’appliquer mais de quelle façon ?

Dans ses sentiments :
Le sacrement du mariage invite les conjoints à s’aimer  »infiniment », avec la grâce de l’Esprit-Saint.  « Au niveau des enfants, il est difficile d’être sobre en amour parental. Chaque conjoint aime  »infiniment » chaque enfant. L’amour ne se partage pas. Il se donne tout entier. Plus facile à dire qu’à réaliser car un enfant pourra se sentir moins aimé. Il faudra veiller en famille et entre amis à une certaine sobriété d’expression de cet amour devant les autres pour que chaque geste d’amour soit bien le signe du plus grand amour pour chacun.

 

Dans sa Foi :
Un magnifique exemple de Sobriété :
L’apparition de la Vierge à Pontmain dans ce lieu perdu en pleine campagne mayennaise avec pour simple décor une grange,  un ciel enneigé. J’aime une telle sobriété pour une si grande et belle Dame simplement parée d’une robe bleue sombre comme la nuit et d’une simple croix rouge. Sobre dans sa venue dans le ciel et sobre dans ses paroles pourtant porteuse d’un message profond : « Mais priez mes enfants Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ». N D de Pontmain a su être si bienveillante et protectrice auprès de ces pauvres enfants démunis en pleine guerre Franco-Prussienne. C’est cette belle simplicité et sobriété (on peut le dire) qui m’a toujours attiré dans ce coin retiré de la Mayenne. Un très bel acte d’humilité incarné par cet apparition et toute cette splendeur simplement illuminée par des étoiles !

 

Dans la Prière :
Loin de nous d’économiser ses prières !  Je vais me faire récrier par tous les ordres religieux contemplatifs ! Il  faut plutôt appliquer la sobriété dans leur rythme et principalement dans leur choix. Mieux vaut une belle prière sobre , courte mais profonde dans le sens et la beauté des mots  plutôt qu’une trop longue prière répétitive récitée par habitude dont on ne mesure plus la valeur et l’intensité. 2 grands temps forts de sobriété : la période de l’Avent et celle du Carême. Le Jeûne en est la parfaite illustration.

 

Dans un travail en équipe :
Savoir être sobre dans le sens savoir écouter, dialoguer , partager, échanger. Savoir se mettre en retrait pour se rendre plus disponible.  Savoir se remettre en question. Je pense que c’est un parfait modèle de sobriété. Sobriété de paroles pour être à l’écoute mais non pas sobriété d’idées !

 

Dans notre société actuelle et son mode de vie :
La sobriété fait défaut et elle est indispensable à en juger par tout ce gâchis alimentaire ou écologique. Il reste beaucoup à faire et l’homme s’auto détruit sans s’en apercevoir tout à l’image de notre pauvre Planète meurtrie et impuissante. Il est grand temps que l’homme devienne sobre dans tous les domaines et qu’il cesse sa boulimie de biens divers ! Lorsqu’on est sobre et qu’on sait se priver, on apprécie d’autant plus la valeur des choses et leur rareté.

 

la Sobriété c’est un magnifique métronome, à l’image de ce bel instrument, elle seule, sait nous guider et harmoniser la juste mesure à appliquer au quotidien dans nos morceaux de vie. C’est une belle partition musicale à savoir composer  dans nos vies.

 

La sobriété passe par l’hygiène de vie, sans extra, sans gaspillage alimentaire. Un repas frugal préparé pour les siens avec son cœur suffit.

La sobriété passe par le respect de la nature être écoresponsable c’est se sentir petit vis à vis d’elle. La terre qui est notre mère nourricière a besoin de toute notre attention, il faut la cultiver afin qu’elle donne des récoltes pour le bien de chacun sans lui infliger de mauvais traitements…Dieu a créé des merveilles sachons les contempler avec méditation.

La sobriété dans notre quotidien c’est rester humble quel que soit notre statut social, professionnel et familial, nous avons toujours besoin de notre prochain pour grandir dans la vie, quel que soit notre âge. L’homme et la femme ne font qu’un, un couple c’est avancer dans la vie en se faisant confiance et en se respectant, pour le meilleur et pour le pire, c’est notre engagement lors de notre mariage. La vie a ses aléas, elle n’est pas toujours un long fleuve tranquille mais nous pouvons compter sur le soutien de l’autre.
La spiritualité aide à nous recentrer vers l’essentiel : Dieu et son fils Jésus-Christ avec respect et sobriété

 

Extrait de la conférence de Père Benoit-Joseph, le 12 juillet 2019 à Lourdes, Session de la communauté des Béatitudes.
La sobriété heureuse, en lien avec l’encyclique Laudato’si

Exercice pour observer comment je vais consommer :

Avant un achat se demander : Pourquoi je voudrais acheter cela ?
Est-ce que j’en ai besoin ou est-ce que j’en ai envie ?
Bien connaitre la distinction entre les deux.

Si c’est un besoin :
Est-ce que je n’en ai pas ou je n’en ai plus ?
Ou est-ce que j’en ai déjà mais ..

Est-ce pour un usage régulier ou ponctuel ? (achat d’une perçeuse  par ex.)
Si c’est ponctuel, je peux emprunter ou louer, ou acheter d’occasion.
Si c’est pour un besoin régulier ? Est-ce qu’il y a une alternative ?

Si j’en ai déjà mais …
Regarder la vraie raison : j’ai envie de renouveler, Il y a une réduction…
J’en ai déjà, mais ce n’est pas fonctionnel, ce n’est plus adapté.
Est-ce que je peux louer ?

Parfois on pense : de toute façon, ce n’est pas cher … mais on ne s’imagine pas l’empreinte écologique de l’objet. Par exemple un Jeans  parcourt 15 000 km avant d’arriver au magasin.

Se poser surtout la question :
Qu’est-ce que cet objet me permettra de vivre ? (robe, vélo …)
Est-ce que mon envie est supérieure au coût écologique ?
Est-ce que c’est vraiment un bon produit ?

Si je ne l’achète pas, qu’est ce que ça me permet de vivre ?
Quelque chose va peut-être se fortifier en moi. Est-ce que j’aurai un plus ?
Est-ce que je ne serai pas heureux d’avoir réussi à renoncer à quelque chose.
Un moins qui devient un plus.
Le moins fait grandir en nous des vertus. On va devenir vertueux.

Regarder le site internet « Eglise verte ». Faire son propre diagnostic écologique, être accompagné dans cette démarche de transition écologique.

Parce que nous croyons que Dieu se révèle par son œuvre et qu’Il la confiée aux hommes qui doivent la cultiver et la garder.
Parce que la vie sur terre est une bénédiction et montre l’Amour de Dieu.et qu’agir pour la préserver est une façon d’aimer son prochain.et d’agir pour la justice.
Parce que la crise écologique nous engage à entendre le cri de la terre qui gémit en travail d’enfantement (Ro 8,22) et choisir dans l’espérance, des modes de vie qui préparent l’émergence d’une création nouvelle, maintenant et au-delà

La Foi - Vos réactions, vos témoignages, vos suggestions

La Foi est une grâce qui nous vient de Dieu, elle illumine notre existence. C’est l’essence même de notre vie spirituelle.
Elle habite notre âme et notre esprit, nous donne de la joie.
Elle nous permet d’avancer dans la vie harmonieusement avec soi-même et son entourage et d’être en empathie avec son prochain dans les bons et mauvais moments.

Avoir la Foi c’est se réfugier dans la prière seule ou avec les fidèles lors des cérémonies religieuses afin d’être en communion avec DIEU et s’imprégner de sa gratitude lors de l’offrande Eucharistique : Ceci est mon Corps et mon Sang livrés pour vous, dit par le prêtre.

La Foi nous permet de s’oublier soi-même quelques instants pour pouvoir donner du temps aux plus démunis, leur apporter de l’aide avec son cœur en toute humilité.

Dans la société chaotique où se vit le manque de respect et de considération envers l’autre, la Foi nous conduit vers l’espérance d’un monde meilleur pour tous.

 

Avec «  la Foi », cette « fois » ci, on atteint des hauteurs magnifiques !

La Foi. C’est magnifique et grandiose comme un cirque de montagnes sans fin …  C’est un panorama splendide et infini . On a beaucoup parlé dernièrement  de la « Conférence au sommet du Climat », et bien là, avec la Foi, on est bien au sommet ! La foi, c’est vouloir, tel un alpiniste, se hisser pour atteindre le sommet. C’est l’altitude à son point culminant. C’est une ascension humaine qui vous fait prendre de la hauteur.
Ne dit-on pas d’ailleurs : « Avoir une Foi à transporter les montagnes ! » Et  Dieu sait si les montagnes dans le désert sont si souvent évoquées dans les Evangiles   !

C’est une belle vertu offerte à tous. C’est un héritage légué par nos parents lorsqu’on a la chance de naître dans une famille chrétienne et pratiquante. Nos parents savent nous la transmettre ne serait-ce qu’en nous baptisant, ils scellent déjà en nous une belle empreinte. Tels les fondements d’une grande maison qui repose sur des bases solides et bien ancrées. Puis, peu à peu, au fil du temps, on l’explore étage après étage on y découvre sa beauté, sa grandeur, et sa clarté. C’est un habitat unique. Oui la Foi nous habite, et chaque jour c’est la découverte d’une nouvelle pièce à vivre, à décorer, à embellir, à accueillir. Chaque jour la Foi nous surprend, chaque jour la Foi nous grandit, nous élève, nous fait ascensionner pour atteindre le sommet d’une richesse exceptionnelle. Grâce à la Foi la vue est superbe et unique et se prolonge à l’infini.

Et l’on peut se poser la question : comment pourrait-on vivre sans la Foi  ? On perdrait cette puissance qui nous donne une Force incomparable à d’autres, qui nous lie à Dieu et aux hommes, qui nourrit notre âme, et qui réjouit nos cœurs.
La Foi effectivement est un bonheur, une béatitude mais c’est également un apaisement.
Pourtant, cela peut être un chemin long et difficile où certains s’égarent. Il n’existe malheureusement pas encore de GPS pour retrouver l’itinéraire de la Foi ! Mais tous les chemins mènent à la Foi ! Il suffit de le vouloir et d’avoir confiance.

De beaux témoins et exemples de Foi :
. Les Apôtres et les Disciples de Jésus : ils ont souvent douté mais  finalement la confiance l’a emporté
. Tous les saints et martyrs qui n’ont pas hésité un seul instant à sacrifier leur vie pour défendre leur Foi
. Jeanne d’Arc  à travers  tous ses combats a su la brandir et la clamer haut et fort à la foule n’hésitant pas à rallier ses armées
. Jean Paul  II rayonnant d’une Foi immense par le geste symbolique du pardon à l’égard de son assassin, et surtout par l’élan insufflé aux Jeunes  à travers toutes les nations en fondant les JMJ :  l’exemple-type de la « Foi Universelle ».
. Et n’oublions pas Mère Teresa qui dès l’aube ne pensait qu’à œuvrer auprès des malades et qui savait  si bien soulager leurs maux grâce à la Force incomparable de sa Foi .

Alors n’hésitons pas, nous également, à nous laisser envahir par la Foi et surtout à la répandre autour de nous. Sachons avoir confiance pour la transmettre aux générations qui suivent.

 

Le thème du mois me donne l’occasion de rendre hommage à mon amie B. qui a été un très bel exemple de foi pour moi.

Sa foi était joyeuse, s’exprimant souvent dans la louange et l’action de grâce ; rayonnante, de son sourire et de sa bienveillance ; attentive aux signes du Seigneur de chaque jour.

Sa foi était enracinée et nourrie de la fréquentation journalière de la Parole de Dieu. Les pages de sa bible en étaient toutes cornées !

Sa foi a été confiance inébranlable tout au long de sa terrible maladie incurable.

A ma question, quelques semaines avant son départ, « Est-ce que tu as peur ? », elle m’a répondu : « Non. J’ai eu peur une fois, une terrible angoisse m’a envahie. J’ai compris que c’était satan qui venait m’embêter. J’ai vite demandé à Jésus de venir à mon secours, je m’accroche à Lui. »

Sa foi était conversation avec son Sauveur, son bien-aimé Sauveur.

Alors qu’elle perdait ses fonctions les unes après les autres, sa foi était gratitude et confiance heureuse, abandon.

Ce que j’ai perçu de sa foi me fait penser à cet extrait de la première lettre de Pierre :

« Tressaillez de joie, même s’il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l’or (cet or, voué pourtant à disparaître, qu’on vérifie par le feu). Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut, qui est l’aboutissement de votre foi. » 1 P 1, 6-9

 

L'Espérance - Vos réactions libres, vos témoignages, vos suggestions

Espoir, Espérance, cherchons la différence

L’espoir se nourrit des incertitudes matérielles et immatérielles. J’espère que je gagnerai au prochain tirage du loto .Mais aussi, j’espère que ma petite amie m’aimera encore l’année prochaine .
L’espoir est fugace, il disparaît dès que son objet est atteint ou au contraire non atteint.
L’objet de l’espoir évolue avec le temps .Il y a 100 ans l’automobiliste espérait que sa voiture allait pouvoir démarrer. Aujourd’hui, il espère qu’il n’y aura pas de bouchons sur sa route .
On peut dire aussi que l’espoir se nourrit d’un manque de confiance en l’avenir. Mais cette confiance évolue avec le progrès technique, scientifique et social .Il y a encore deux générations tout était aléatoire ; la santé, les déplacements, la situation matérielle des familles .

Et l’Espérance dans tout cela ? Et bien c’est tout le contraire. Elle est constante dans son objet, elle est invariable dans le temps. C’est une des trois vertus théologales qui sont des grâces divines .L’Espérance est nourrie par la Foi .Mais paradoxalement elle est aussi nourrie par la confiance .Je concrétise la confiance en imaginant le passager d’une voiture assis à la « place du mort »sur un route de montagne tortueuse et dangereuse et qui néanmoins arrive à s’assoupir. Si l’espoir est profane, l’Espérance est sacrée .Elle est tournée irrévocablement vers Dieu, dans ses promesses que nous rappelons en fin du Credo.
Il ne faut pas confondre l’Espérance et la providence, ou plutôt le providentialisme. Le providentialisme, c’est en fait de croire que tout s’arrangera tout seul que Dieu tire toutes les ficelles et que toute action humaine est vaine et dérisoire. C’est aussi un moyen commode pour ne rien faire soi même. On s’en remet à « la providence » sans vraiment la solliciter. Or, la Providence est le dessein bienveillant et bienfaisant de Dieu qui appelle notre réponse intelligente et libre. St Ignace de Loyola le dit magnifiquement: « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité, tout dépend de Dieu« .
Or, le Christ a jugé sévèrement le providentialisme dans la parabole des talents. L’adage « Aide-toi, le ciel t’aidera » y prend tout son sens. C’est aussi l’antichambre du fatalisme cher à nos frères musulmans et à l’immobilisme contraire au progrès

 

L’espérance est une vertu spirituelle qui résonne dans notre cœur et fait écho à notre foi. Elle nous envoie de l’optimisme pour le bien de notre propre existence, celle de notre famille.
Dans notre monde tourmenté elle peut être un signe d’espoir pour le rapprochement des peuples et la compréhension de l’humain dans sa diversité. Comment ne pas être sensible envers tous ces migrants qui fuient leurs pays où sévit la dictature et avec Espérance, au péril de leur vie rejoignent  l’Europe pensant trouver chez nous un espoir de vie rassurante… peut-être qu’une bonne étoile les aide à survivre loin de leurs familles et leurs patries pour certains.

J’ai revu récemment le film Lourdes, quels beaux messages d’Espérance : les pèlerins qui avec foi viennent prier et demander grâce à la Vierge Marie pour un espoir de guérison, un réconfort moral, un pardon.

Spirituellement, je récite au quotidien cette prière : « Mon Dieu j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez par les mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ votre grâce en ce monde et le bonheur éternel dans l’autre car vous l’avez promis et que vous tenez toujours vos promesses ». Dans cette Espérance puis-je vivre et mourir…

 

Voici 2 livres pour creuser le thème de l’Espérance et en vivre :
Veilleur, où en est la nuit ? d’Adrien Candiard:
Là où meurt l’espoir, brille l’Espérance, de Marie-Dauphine Caron cf : https://www.diocesedelaval.fr/la-saintete-nattend-pas/
Ces 2 livres sont disponibles à la bibliothèque paroissiale.

 

J’ai vraiment vécue l’espérance dans ce deuil de maman. J’aisélectionné ce lien musical (L’espérance folle de Guy BEART)
car c’est la 1ère chose qui m’est venue à l’esprit à l’évocation du mot « Espérance » : un simple refrain d’une chanson qu’onentendait autrefois.
Voici le lien :cliquez iciPrenez le temps de lire ce blog et le commentaire dela chanson avant de lire la vidéo.  Quoique profane, le lien estintéressant et poétique ».

La Charité - Vos réactions, vos témoignages, vos suggestions

« La charité n’a pas bonne presse » : peut-être parce qu’elle renvoie à l’amour de soi : pourquoi donner à l’autre alors que, moi, je veux plus pour moi, plus d’argent pour consommer, profiter, me montrer…
Etre attentif à l’autre, non, être attentif à moi-même ! Mais avec une certaine culpabilité quand même…

Amour et charité : Je distingue Amour :
. Eros, Philia : spontané, naturel, presque facile. J’y mettrais l’amour maternel, paternel : parents, enfants et inversement.
. et Amour des autres, plus éloignés de moi : beaucoup plus difficile. La charité devient presque un devoir.

La charité en actes : elle intervient à la suite d’ une demande formulée de différentes manières…
Peut-on aider une personne qui n’en exprime pas le besoin ?

La justice et la charité : cela me renvoie à l’expression : « il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour »
On n’aura jamais une société juste et parfaite…Mais, s’il y a des associations caritatives, il y aura peut-être plus d’attitudes d’attention à l’autre, plus de respect, plus de services gratuits. Un rappel quotidien à mettre en application : « Aimez vous les uns les autres ».

 

Marthe Robin est l’inspiratrice des Foyer de « Charité ».
Voici un extrait de son journal (31 décembre 29-1er janvier 1930) :

Il est un grand amour, et c’est la charité,
Qui jaillit, ô mon Dieu, de votre Cœur sacré.

C’est la vraie charité… la charité de l’âme
Dédaigneuse du bruit, des louanges, du blâme.

Sans savoir si mes dons seront pour des ingrats
Je veux ouvrir mes mains, ouvrir bien grand mes bras.

Aimer qui me chérit, et chérir ce qui m’aime,
Serait vraiment donner que bien peu de moi-même,

Et si fort que mon cœur puisse en être enflammé
Je veux aimer l’Amour… semer la charité.

Aimer, n’être éprise que de bonté, de douceur, de justice,
Être ardente et aimante, dans le pur sacrifice.
Oui, l’être pour tous, l’être de tout mon cœur
Avec la volonté d’apaiser, de confondre l’erreur,

Sans séparer jamais le feu avec la flamme,
Je dois, en m’oubliant, faire aimer Dieu aux âmes,
En me donnant pour tous sans cesse et sans compter.
Donner, toujours donner sans vouloir récolter.

 

Je vois dans la charité un amour gratuit et qui coûte souvent, qui fait sortir de sa zone de confort et de son égoïsme, qui fait aller plus loin que nos réactions immédiates. Qui nous humanise.Et je ne perds pas de vue que je suis aussi l’objet de l’amour de charité de ceux qui me côtoient.

 

La Charité est un geste de Bienveillance envers son prochain, tout en humilité, avec une bonté d’âme qui irradie en soi et autour de soi, signe de notre Foi.Etre charitable c’est se tourner vers les plus pauvres et les plus démunis afin de leur venir en aide, sans discrimination.

Saint Vincent de Paul (1581-1660) a consacré sa vie aux plus pauvres. C’était un précurseur à son époque.Il créa la fondation des Dames de la Charité composée des plus grandes Dames de la Royauté. Elles rendaient visite aux malades dans les hôpitaux.Il créa par la suite la fondation des Filles de la Charité, congrégation appelée Sœurs de la Charité.Les fondations n’ont cessé de se multiplier en France et de se répandre à travers le monde, partout où il y avait de la misère à soulager et une œuvre de dévouement à accomplir.Il créa la fondation des enfants trouvés, abandonnés par les parents qui ne pouvaient subvenir à leurs besoins ou devenus orphelins pendant les guerres.Aucune misère ne laissait indifférent le cœur du Grand Apôtre de la Charité qu’était Saint Vincent de Paul.Au XXIème siècle son œuvre est toujours d’actualité en France et de par le monde.

Prière, Acte de Charité : :« Mon Dieu, je Vous aime de tout mon cœur, et par dessus toutes choses, parce que Vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et j’aime mon prochain comme moi-même pour l’Amour de Vous. »

 

Pour moi la Charité est un bien joli mot mais peut-être un peu déformé dans son sens propre. Un peu désuet de nos jours il se substituerait plutôt au mot Bienveillance !  Il a une connotation plutôt vieillotte et parfois un peu trop péjorative.  Ne dit on pas souvent d’une personne : « Oh ! Comme  elle est charitable ! » Oui mais … De quelle charité parle t’on ?

La 1ère chose qui me vient à l’esprit c’est cette expression « Charité bien ordonnée commence par soi-même » !
Eh oui hélas ! L’homme peut se révéler d’un tempérament égoïste avant de mettre en pratique la charité.

Ensuite ce mot rime avec le mot « Misère ». Il suffit de la voir car elle s’affiche depuis la nuit des temps,  et ce, à travers toutes les époques de notre histoire. Sinon comment expliquer cet endroit lugubre de la capitale  nommé « la Cour des Miracles » et ce célèbre titre littéraire « les Misérables » ?

A ces époques la Misère sévissait vraiment, elle vivait cachée dans des lieux peu recommandables où personne n’osait se rendre. Elle était très souvent liée à la maladie, à l’insalubrité due à la pauvreté et aux soins médicaux inexistants.
Et c’est ainsi que la misère d’une certaine façon a fait naître la charité.

De nos jours, la Misère sévit toujours mais revêt un tout autre aspect du à l’évolution de notre monde contemporain. Elle est désormais visible aux yeux de tous, relatée et reconnue, et je dirais même presque trop médiatisée ( le chômage, l’exil de nos sociétés, les familles déchirées, les migrants, les maladies etc…) . L’être humain en a vraiment pris conscience car depuis quelque temps on n’a jamais vu surgir au grand jour autant d’associations caritatives qui en appellent à notre générosité.

Mais la plus belle générosité n’est elle pas celle qui provient du cœur ? Et celle qui engendre de vrais actes :  c’est cela la charité !
Il y a tellement de petits gestes de charité que l’on peut accomplir chaque jour qu’ils soient visibles ou invisibles. Aux yeux de Dieu ils existent et ont une valeur inestimable. Donner de son temps aux autres sans compter et surtout aux plus miséreux à l’image de Saint Vincent de Paul qui fut à mon avis l’un des plus grands Maîtres à l’exercer.
Et il va de soi que ce mot rime toujours avec les mots bienveillance et bonté.

« Un Homme n’est jamais aussi grand que lorsqu’il se met à genoux pour aider un enfant ». Pythagore (Vème siècle av JC)

La lecture de ce dernier dimanche de janvier l’illustre à merveille car selon Saint Paul apôtre aux Corinthiens :

« Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois c’est la charité. »  On ne peut pas imaginer mieux comme conclusion !

On peut également méditer sur cette belle parole prononcée par notre Pape François (Tweet du 24 janvier 2015) : « Mettre en pratique la charité est la meilleure manière d’évangéliser. »
Oh Oui ! Qu’il est beau de croire et surtout de le mettre en pratique par des actes notamment de Charité  !

La Justice - Vos réactions, vos témoignages, vos suggestions

Tout citoyen doit respecter la loi. La Justice doit intervenir dès qu’il y a manquement à cette règle et atteinte à la liberté d’autrui.Elle doit protéger les victimes, faire prendre conscience aux prévenus qu’il y a des limites à ne pas franchir et les responsabiliser face à leurs actes anti -citoyens.Une sanction est nécessaire et elle peut -être salvatrice pour l’auteur présumé. Je respecte la personne qui est confrontée à ce dilemme. Il faut se poser la question pourquoi elle en est arrivée à enfreindre la loi ?Dans notre foi chrétienne le pardon est une grâce de Dieu. La prière du  » Notre Père  » : Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre nous du mal. N’est-ce pas un appel envers notre propre faiblesse et une demande à Dieu pour obtenir sa grâce et sa sagesse tous les jours de notre vie.

La Tempérance - Vos réactions, vos témoignages, vos suggestions

La Tempérance fait penser au mot appétit. Avoir de l’appétit est un signe de bonne santé nécessaire à l’équilibre de notre métabolisme pour le bien de notre corps et notre âme.Mais lorsque la personne met sa vie en danger, ayant recours à  des substances illicites afin de se sentir désinhibée ou pour fuir la réalité du moment difficile  à  supporter,c’est la maladie qui apparait et laisse la personne fragilisée sans défense. Un suivi psychologique est nécessaire pour aller à la racine de ce mal être.Personne n’est à l’abri de sombrer dans le désespoir  à un moment de sa vie…La foi est d’une grand recours. Dans notre vie spirituelle, la prière nos permet d’être en communion avec DIEU qui est bonté, nous comble de joie et nous apporte sagesse, réconfort, espoir, avec MARIE et JÉSUS.