Chers amis,

Suite au retour auprès du Père de ma tant aimée grand-mère le 16 juillet dernier, jour de la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel ; vous avez été très nombreux à vous rendre proche de moi. Par vos appels téléphoniques, vos SMS, vos mails et aussi par votre présence physique lors de la messe de sépulture qui avait lieu en l’église de saint Aignan le 20 juillet. Grand merci à mon ami et curé de la paroisse, le Père Christian.

Vous savez combien je dois beaucoup à ma grand-mère, et plus particulièrement, merci à elle de m’avoir transmis sa foi.

« On ne naît pas chrétien, on le devient… »

Nous le savons tous et nous croyons qu’un jour tous, nous nous retrouverons. Croire en la résurrection, en la vie éternelle !

L’absence physique d’un être cher est une énorme souffrance, beaucoup l’ont déjà vécu !

Un grand merci très chaleureux à chacun d’entre vous ! Oui, l’Eglise est une belle famille !

Merci pour les messes, nombreuses, offertes pour elle et les âmes du purgatoire.

Je pense à chacun d’entre vous et plus particulièrement à toutes les personnes malades de notre paroisse et aux personnes qui vivent le grand âge.

Je compte sur vos prières, pour elle, pour les personnes âgées et les personnes malades ; et pour vos prêtres !

Merci à notre évêque, merci à tous mes confrères prêtres pour leur soutien et leur accompagnement. Un merci plus particulièrement à notre curé le Père Maurice Carré et à mon frère, le Père David Dugué.

Merci également à mon ami le Père Loïc Prugnières de La Réunion.

Que le Seigneur bénisse chacun !

Le samedi 4 août 2018, en la fête de saint Jean-Marie Vianney, le saint patron de tous les prêtres.

Père Jimmy COUEFFE.

 

Homélie de la messe de sépulture

On aurait voulu te dire…

Dans la première lecture de la lettre de st Paul aux chrétiens de Rome, il est temps pour Paul d’intervenir. Les chrétiens commencent à douter. S’il y avait un Bon Dieu, dirait-on aujourd’hui, il n’y aurait pas tant de souffrances, de guerres, de malheurs, de maladies, de désespoirs…

J’aimerai avoir moins souvent ce genre de questions en tant que prêtre : Père Jimmy ? Il est où votre Bon Dieu dans nos malheurs, dans nos souffrances, dans la maladie ?

Croyez-vous trente secondes qu’un prêtre pourrait donner sa vie pour un Dieu qui voudrait le mal pour ses créatures ?

Les 90 ans de foi solide, bâtis sur le roc, nous montrent, ma chère mémère que tu ne pouvais pas être dans l’erreur. Rien n’est plus fort que la foi dans un Dieu qui a pris chair en Jésus-Christ. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, non, rien, car dans l’épreuve c’est là aussi qu’on se rend compte combien le Seigneur nous accompagne. Et tu sais de quoi je parle.

Tu n’aurais sans doute, ma chère mémère, tu n’aurais sans doute pas aimé être au centre, être à la première place. Mais aujourd’hui, connaissances, amis, proches, familles, nous sommes justement tous venus pour toi.

On aurait voulu te dire…

La Vierge Marie avait une place toute particulière dans ton cœur, ma chère Mémère. Lorsque la petite jeune fille dit son « Fiat », son « Oui » à l’ange Gabriel, elle ne sait pas dans quoi elle s’embarque. Elle ne sait pas que ce « Oui » va la conduire jusqu’au pied de la croix de Jésus, son Fils. Ils ne sont d’ailleurs plus beaucoup au pied de la croix. Tous, on fuit. Incompréhension, doute, trop forte douleur, peur ? Pas de jugement !

Jusqu’au bout dire son « Fiat », son « Oui » ce n’est pas donné à tout le monde. C’est sans doute cela avoir sa foi sur le roc. Malgré les tempêtes et les souffrances, malgré les angoisses et les peurs : une foi solide, c’est une foi qui traverse toutes les épreuves de la vie. Tu l’as bien vécu tout cela, ma petite mémère.

Quel exemple tu nous as donné ! Tu as gardé souvent tes épreuves et les nôtres, dans ton cœur. Ta confiance en un Jésus vivant mort et ressuscité a toujours habité ton cœur. Que ton âme est belle !

On aurait voulu te dire…

En décembre dernier, tu m’as partagé ceci : « je suis prête pour mourir, mais je ne m’étais pas préparer à vieillir ! » Tu te voyais diminuer mois après mois, semaine après semaine, jour après jour, heure après heure. Ton « Fiat », ton « Oui » lui n’a jamais vacillé. Confiance et espérance !

Dans tes joies et tes épreuves, ma chère petite mémère, tu te tournais vers la Sainte Vierge. Tu as eu toujours soin d’offrir chaque semaine, à la Sainte Vierge, la statue indétrônable dans ta cuisine ; tu as eu soin de lui offrir un bouquet de fleurs. Oui, tu as toujours su que Marie t’aidait. Son Fils t’aidait par le « Oui » de Marie et par ton « Oui » que tu lui as donné.

Donnez son « Oui », c’est une chose, mais tu avais bien compris que ce « Oui » était pour les autres. Quelle grâce t’avoir eu ta foi !     On ne naît pas chrétien, on le devient. Combien de personnes aujourd’hui, ont la foi, grâce à Dieu par Marie et… par toi !

On aurait voulu te dire…

Combien de tristesses tu as eu ? Et pourtant, tu es restée toujours présente, ton cœur ouvert à l’amour de Jésus, à l’amour de tes proches, de ta famille. Sans jamais juger, et en gardant tout cela dans ton cœur, en offrant tout cela à ce Dieu que tu as tant aimé.

Tu as toujours porté la communauté des Petites sœurs de saint Aignan dans ton cœur. Elles ont tellement prié avec toi dans tous les moments de ta vie. Grâce à toi, elles sont dans mon cœur aujourd’hui. Merci. Tu disais ma petite mémère, dans tes moments difficiles : « Heureusement qu’il y a un Bon Dieu ! » Oui, bien des fois, heureusement que tu as eu la foi.

Je voudrai vous partager ce passage écrit par Mère Marie de la Croix, la fondatrice des petites sœurs de st Aignan :

« Il ne faut pas croire que la foi a été accordée toute faite à Marie et qu’Elle n’a pas eu à progresser. Marie, comme nous, devait marcher dans l’obscurité plus ou moins, et chercher aussi la lumière. Elle n’a pas tout compris, mais Elle conservait les Mystères dans son cœur en les méditant humblement et simplement, en adhérant, de toute son âme à la volonté de Dieu. Elle a cru. Elle a accepté. Elle a dit « Oui » au-delà de cette part de lumière qu’Elle a reçu. » Et ce, Fiat, Magnificat !

Gamin, tu m’emmenais au temps d’adoration à la chapelle des sœurs. J’aimais ces instants de calme. Je te demandais pourquoi la sœur restait là avec un voile en plus sur la tête, ou pourquoi cette sœur est-elle allongée sur le sol ? Tu me répondais : « Chut, sois mignon, la sœur parle avec Jésus. »

On aurait voulu te dire…

Il y a dans cette assemblée celui qui croit, celui qui pratique comme on dit, mais il y a aussi celui qui ne croit pas ; mais on est venu pour toi ma petite mémère. Croyant ou non chacun est venu pour toi. On s’est tous un jour posé des questions, cette question : « y a-t-il quelque chose après la mort ? » Je pense cependant que le croyant ne dira pas tout à fait : « y a-t-il quelque chose après la mort, mais il dira plutôt : « y a-t-il quelqu’Un ? » Ma très chère mémère, y-a-il quelqu’Un ? Toi aujourd’hui tu le sais…

Les dernières paroles de Jésus sont « Tout est accompli ». Oui, ma chère petite mémère tout est accompli. Il est maintenant venu le temps où nous devons te laisser partir, rejoindre ceux que tu as aimé et qui t’ont précédé dans ce grand passage. Le Seigneur va t’accueillir, tu vas vite te rendre compte que ceux que tu as aimé, sont avec Lui ; oui, nous pensons à ceux que tu as aimé, tes amis, tes petits enfants, tes enfants et notre cher Pépère.

« Tu veilleras sur la mémère ». Ce sont pour moi les dernières paroles prononcées par Pépère.

Chacun d’entre nous, nous avons accompagné mémère du mieux possible : par nos pensées, par nos prières, par nos présences, par nos soins.

Mémère, là où tu es, nous allons encore avoir tant besoin de toi !

On aurait voulu te dire mémère… mais c’est toi qui as le dernier mot – en reprenant les paroles de Jésus :

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Amen.