Deux toiles du peintre Eugène Millochau sont installées désormais dans la basilique Notre-Dame de Mayenne. Offertes par sa famille, elles ont été bénies dimanche 12 septembre, après une belle restauration. Le témoignage de sa fille Anne-Marie.

« C’est avec un grand plaisir et une grande émotion que mes deux sœurs et moi-même venons rendre hommage à l’œuvre de notre grand-père Eugène MILLOCHAU (1860-1942).

Que vous dire d’Eugène ?
Personnellement, je ne l’ai pas connu, mais mon père parlait de lui avec beaucoup de respect et d’admiration.
Mes sœurs ont des souvenirs de leur petite enfance : Dominique, jusqu’à 8 ans et Nicole jusqu’à 6 ans.
Un grand monsieur, très mince avec une grande barbe blanche, un peu intimidant… par sa prestance et sa dignité.

Découvrez ces œuvres lors des Journées du Patrimoine

Peindre était sa passion …

Très jeune, ses dons pour le dessin se sont révélés. Après l’École des Beaux Arts à Paris, il fut nommé professeur de dessin à la ville de Paris. Il enseignait dans les écoles, et participa pendant plusieurs années comme caricaturiste à un journal de l’époque. Mais peindre était sa passion et son passe-temps favori. Il fut très prolixe.

Très humble, très famille, très croyant, il eut trois enfants : une fille et deux garçons qui ont étudié à l’Ecole des Beaux arts et sont devenus architectes.

Ils habitaient le XVII ème arrondissement de Paris et fréquentaient Ste-Marie-des-Batignolles.

Au début du XXème siècle, il construisit lui-même, seul, son atelier à Montfermeil, près de Paris (C’était alors la campagne).

Pendant de nombreuses années, ils passèrent leurs vacances à Oisseau. Peut-être y ont-ils trouvé refuge pendant la guerre de 14-18… Sa mère était native d’Ambrières les Vallées.

Très probablement hébergé avec sa famille au presbytère, il remercia le Père François Rone, curé de l’époque et ami, par la réalisation de ces immenses toiles.
Pour l’église : Nativité et Assomption, et Fonds Baptismaux.
Pour le Presbytère, sur le thème de Jeanne d’Arc et la nature qui l’entourait.

Par je ne sais quel hasard …

Par un concours de circonstances extraordinaires, j’ai eu la curiosité (étant en cure à Bagnoles de l’Orne) de venir voir ou revoir les peintures de mon grand-père à l’église d’Oisseau.
Par je ne sais quel hasard, Mme Allain, qui m’avait gentiment ouvert l’église me parle des grandes toiles qui habillent le salon du presbytère… et m’en ouvre la porte. !!
Stupeur… Je suis interloquée par la beauté de cette pièce et mesure l’immensité du travail accompli. Je découvre mon grand-père, quel talent et quelle œuvre colossale !!!
Merci Madame Alain.

Suite à des échanges entre le maire d’Oisseau, la commission diocésaine d’Art Sacré, la Maison diocésaine de Laval et le Père Pierre-Marie Perdrix, nous avons décidé, mes sœurs et moi-même de faire don à l’église Notre-Dame-des-Miracles des deux plus grandes toiles ayant pour thème Jeanne d’Arc.

Merci à Mr Jean-Pierre Le Scornec, maire de Mayenne, et à toute son équipe, qui a réalisé la mise en place des œuvres avec beaucoup de talent.

Sans l’aide précieuse de Mr et Mme Guihaire, du Père Perdrix et de tous ceux qui ont participé à ce travail, nous n’aurions pas le plaisir d’être tous réunis aujourd’hui auprès de Jeanne, et sûrement sous la protection de ND des Miracles ».