A l’heure où vont se remettre en route les groupes de prières, les temps d’adoration dans les paroisses et les multiples temps de rencontres fraternelles, cette méditation du Père Roland nous en dit long sur toutes les manières possibles de prier. 

Un psaume nous dit : « je marcherai  en présence  du Seigneur, tous les jours de ma vie »(114/9). C’est une invitation pour tous ; que nous ayons la chance de nous déplacer facilement ou que nous soyons sur un lit d’hôpital. En cette année du 150ème anniversaire de l’apparition de Pontmain, les paroles pressantes de Marie, doivent être bien gravées dans nos cœurs : « mais priez mes enfants ». En 1971, dans un radio- message aux pèlerins de Pontmain, le pape Paul VI  s’exprimait ainsi : « Prier ! C’est une nécessité vitale. Sans la prière, les hommes d’aujourd’hui risquent  l’asphyxie, le dessèchement, le découragement. Mais savons-nous prier ? »

Prière et action, même chemin

Oui la prière est une nécessité pour le chrétien. Un prêtre qui a vécu en pays musulman a entendu un jour cette interpellation forte : «vous les chrétiens, vous ne priez pas ». C’ est injuste et excessif, mais reconnaissons que beaucoup de baptisés ne prient pas beaucoup et n’en voient pas  bien l’utilité. Pourtant la tradition de l’Eglise ne sépare pas la prière et l’action, suivant en cela cette réponse de Jésus à un scribe qui lui demandait quel était le premier de tous les commandements. « Voici le premier : Ecoute Israël ; le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second ; Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc 12/29 à 31). Il n’y a pas à choisir entre les deux commandements, c’est l’observation des deux qui  est fondamentale. 

Penser à Dieu, en l’aimant

La prière est cette respiration, cet arrêt dans notre vie souvent bien occupée, pour laisser Dieu peu à peu nous envahir pour que ce soit la Parole de Dieu qui inspire nos vies..  Comme disait le bienheureux Charles de Foucauld, la prière c’est « penser à Dieu en l’aimant » Sainte Thérèse d’Avila, nous a laissé cette autre définition fort importante :  l’oraison, la prière, c’est un «  commerce d’amitié où l’on s’entretient seul avec ce Dieu dont on se sait aimé »

1001 manières de prier

Il est un chant  bien connu : « Tu es là au cœur de nos vies et c’est toi qui nous fait vivre ». Ce chant s’adresse au Christ. On pourrait dire que la prière, c’est s’ouvrir à Celui que l’on ne voit pas, c’est se rendre présent à la Présence. Oui il est indispensable de prier et l’on peut prier de multiples façons. Il y a la prière des moines et des moniales, sept fois par jour, mais il y a aussi la prière de tous les baptisés qui, en s’inspirant des psaumes, chantent les louanges du Seigneur. Notre prière peut passer par l’intercession des saints, et avant tout la Sainte Vierge. 

Cette année consacrée à saint Joseph, nous invite à l’invoquer pour qu’il nous aide dans notre vie. 

On peut prier dans sa chambre, en méditant la Parole de Dieu. La prière en famille en couple, est une très bonne pratique. Il est possible de prier en voiture, dans la salle d’attente du médecin, quand le train a du retard ou qu’il faut s’arrêter sur la route à cause d’un bouchon. Puisque la prière nous met en relation avec Dieu, nous savons bien que Dieu veille sur nous en permanence, mais c’est nous qui sommes souvent ailleurs.

Inventer des prières, c’est possible

Le Notre Père demeure la grande prière du chrétien, mais on peut inventer des prières, soi-même, ou prendre celles que nous proposent  des saints, le pape ,notre évêque. 

Il est bon de prier à ses propres intentions, mais n’oublions pas de prier pour « les vivants et les morts » comme nous le recommande l’Eglise.

Apprenons aux plus jeunes à prier, prions quand nous nous retrouvons entre chrétiens, prions aussi (pensons à la Prière universelle) pour que les hommes connaissent Dieu, pour que notre monde soit plus fraternel et plus juste. Il va de soi que la prière nous engage. Prier pour que tout le monde puisse avoir à manger et ne rien donner pour les plus pauvres, si on le peut, c’est de l’hypocrisie. Le rosaire qui nous met en contact avec des passages de l’Evangile est une excellente prière que l’on peut faire chez soi, dans une église ou en marchant. 

La prière devant le Saint-Sacrement est aussi une prière recommandée. Je n’oublie pas cette prière qui peut jaillir de notre cœur devant les merveilles de la création et devant tout ce qui est fait de beau par les hommes, croyants ou non. Plus nous aurons le désir d’être proches de Dieu, pour être ensuite proche de nos frères les hommes, plus nous aurons la possibilité de prier, le plus souvent possible,  « celui qui est là bien vivant au cœur de nos vies ».

Père Roland Courné
Accompagnateur du service communication