Le message de Pâques de notre évêque

Il a suffi d’un microbe de rien du tout, mais d’une virulence extrême, pour gripper l’économie et stopper net la course effrénée d’un monde lancé à toute allure comme un train à grande vitesse. Quel mystère !

En quelques jours, ceux auxquels nous ne prêtions sans doute qu’une attention distraite ont révélé leur importance sur le devant de la scène. C’est la foule des humbles et des « invisibles » qui, en ces temps difficiles, font preuve d’un héroïsme peu banal pour garantir la survie du plus grand nombre : routiers, livreurs, caissiers, postiers, éboueurs… et tant d’autres encore. Les soignants et personnels de santé nous édifient par leur abnégation et un sens du service exercé parfois jusqu’au péril de leur vie. Quel courage ! Nous prenons conscience, tout à coup, que nous ne pouvons pas nous sauver tous seuls. Ce verbe « sauver » avait-il d’ailleurs encore du sens alors que nous vivions dans l’illusion de la toute-puissance jusqu’à nous croire immortalisables grâce aux progrès technico-scientifiques ?

Retrouver l’Essentiel

Ce temps de confinement imposé, avec les sacrifices qu’il entraîne, nous invite à retrouver le chemin de l’Essentiel. Nous redécouvrons le prix de l’entraide et de l’interdépendance, des valeurs parfois occultées alors qu’elles sont au fondement même du lien social. Décidément, nous reconnaître vulnérables n’est pas une honte ! C’est la condition même pour que prévale enfin l’esprit de fraternité dans une société encore dominée par le culte de la performance et de la compétition. Notre Maison commune,  notre Terre si souvent asphyxiée par la frénésie de la surconsommation, pourrait alors respirer à nouveau.

« Que l’Espérance de Pâques rejoigne en premier les familles endeuillées »

Dans ce contexte si singulier, la Bonne nouvelle de Pâques peut se frayer un chemin dans les cœurs. Un seul, en effet, a payé le prix fort pour nous sauver du péril de la mort et nous faire entrer dans le Royaume de son amour. Son nom est Jésus, le Fils de Dieu fait homme. Les chrétiens célèbrent en ces jours sa Passion et sa Résurrection. Il n’est pas un Dieu Pharaon, produit de nos imaginations hasardeuses et de nos caricatures. Il n’est pas un potentat qui domine et écrase. Il est le Dieu d’amour qui ne cesse de nous tendre la main et s’offre inlassablement à nos libertés incertaines. Écoutons-le murmurer à l’oreille de notre cœur : « Tu as du prix à mes yeux, et je t’aime ! »

Que l’Espérance de Pâques rejoigne en premier les familles endeuillées par l’épidémie du coronavirus. Que la paix et la joie fassent leur chemin en chacun de nous !

 

 + Thierry SCHERRER
     Evêque de Laval

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Peinture de Fra Angelico