A la rencontre des trois futurs diacres permanents

Trois diacres permanents seront ordonnés par Mgr Thierry Scherrer, le samedi 27 novembre à 15h en la cathédrale de Laval : Philippe Journault, Yannick Quillet et Jean-Marc Raimbault. Un événement qui manifeste que le Christ vit toujours et qu’il se passe encore de belles choses dans son Eglise ! Rencontre avec ces hommes qui ont été appelés et ont accepté de se faire serviteurs.

Philippe Journault

54 ans, installé à Martigné-sur-Mayenne, dans la paroisse des Trois-Marie-de-la-Jouanne.

Pouvez-vous vous présenter ?

Marié à Françoise depuis 32 ans, nous avons trois enfants et une petite fille. Je travaille chez Jouve à Mayenne en tant que chef de projet informatique et suis originaire de Quelaines où j’ai grandi dans une famille chrétienne. Après avoir été responsable MEJ, Françoise et moi  nous sommes engagés dans le mouvement ATD Quart-Monde, à Laval.Ce service nous a permis de vivre de vrais moments de fraternité avec des personnes fragilisées par la vie, pendant les bibliothèques de rue, par exemple. Cela nous a invité à changer notre regard afin de voir en chacun une personne unique, aimée du Seigneur. Cette proximité avec les personnes les plus fragiles reste aujourd’hui quelque chose d’important et qui nous anime.

Très jeune, mon papa m’a transmis le goût de la musique et de l’orgue en particulier. Je suis donc, depuis de nombreuses années, organiste sur notre paroisse. Je suis par ailleurs membre de l’équipe pastorale depuis environ 6 ans. Quelques années auparavant, avec Françoise, nous avons aussi été membres de l’équipe de préparation au baptême sur notre paroisse.

 

Comment est née votre vocation et comment avez-vous accepté de répondre oui à l’appel qui vous a été fait de devenir diacre ?

Depuis longtemps, dans ma prière, j’essaie de dire avec conviction cette parole de Charles de Foucauld : « Seigneur, fais de moi ce qu’Il te plaira ». Mais, je l’ai souvent dite avec un peu de crainte, en pensant « mais ne change quand même pas tout, j’aime bien ma vie comme elle est !… ». Et puis, avec Françoise, nous avons été invités à suivre une formation diocésaine à la vie spirituelle pendant 3 ans, puis une formation à l’accompagnement spirituel pendant 3 autres années. J’ai alors aussi commencé à être accompagné spirituellement. Tout cela a permis au Seigneur de me faire comprendre, petit à petit, qu’il n’y a aucune peur à avoir à s’abandonner entièrement à sa volonté, mais que, bien au contraire, c’est la promesse d’un chemin de paix, de liberté, d’amour et de joie : le Seigneur m’aime tellement, j’ai du prix à ses yeux ! 

C’est à ce moment-là que le curé de ma paroisse est venu me demander si j’accepterais de démarrer, avec Françoise, un cheminement vers le diaconat. Ce cheminement commençait par une année de discernement, suivie de quatre années de formation. Cela s’est donc déroulé alors que je prenais de plus en plus conscience que l’abandon au Seigneur, au service des autres, était un véritable chemin de liberté et de joie. Cela n’a pas empêché de prendre le temps du discernement, dans la prière, pour vérifier que cette interpellation de mon curé était bien un appel du Seigneur qui me corresponde et épanouisse notre couple tout en nous mettant au service de l’Eglise et de nos frères et en particulier des plus fragiles.

Par ailleurs, j’ai toujours considéré, dans mes diverses responsabilités, et dans mon travail en particulier, qu’être « responsable » c’est se mettre au service des personnes dont on a la responsabilité : les aider et faire en sorte qu’elles puissent s’épanouir pour donner le meilleur d’elles-mêmes. Or, être diacre, c’est aussi, précisément, vouloir se mettre au service. En relisant ainsi ma vie, j’ai donc accepté humblement de devenir diacre permanent, car je sais pouvoir compter sur l’aide du Seigneur sans laquelle rien ne serait possible. Je me doute que ce chemin ne sera pas toujours simple, mais je fais confiance au Seigneur. 

 

Comment voyez-vous votre ministère aujourd’hui ? 

Je ne suis pas encore à la retraite… Mon ministère commencera donc déjà dans ma vie de famille et sur mes lieux de vie, mon travail : y vivre en essayant d’être, le plus possible, témoin du Christ serviteur et de son amour pour chacun. Être attentif, écoutant, bienveillant, apaisant, risquer une parole quand elle peut aider et être entendue … C’est le ministère de tout baptisé !

Quelques engagements commencent également (Service Evangélique des Malades, Secours Catholique, Accompagnement Spirituel) ou se poursuivent (Equipe Pastorale, Repas partagés, Orgue). 

Lors de l’ordination, notre évêque va me donner une lettre de mission qui orientera mon futur ministère. Cette lettre de mission sera établie avec l’aide de l’équipe d’accompagnement qui a cheminé avec nous et qui me connaît donc bien. Je fais confiance à notre évêque pour qu’il me confie un ministère qui corresponde à mes charismes, mes engagements actuels et ma disponibilité. 

Ce ministère m’amènera aussi à célébrer des baptêmes, mariages ou sépultures. J’aurai d’ailleurs la grande joie, trois semaines après l’ordination, de baptiser ma première petite fille.

Jean-Marc Raimbault

52 ans, installé à Louverné, dans la paroisse Saint-Melaine-en-Val-de-Jouanne.

Pouvez-vous vous présenter ?

Voici en quelques lignes mon histoire, mon parcours, ma vie avec le Christ.

Je suis issu d’une famille catholique pratiquante. Mes parents nous invitaient fortement avec mon frère et ma sœur, à aller à la messe. C’était plus pour moi, une occasion de revoir les amis que de rencontrer le Christ. Au cours de ma vie de lycéen et d’étudiant, j’ai participé à différents rassemblements et camps (les pélés à Lourdes, la marche des Causses, les rassemblements européens de Taizé, l’animation pendant les week-ends et les camps CEJ).

Avec Marie-Noëlle, nous sommes mariés depuis 29 ans et avons 3 enfants. Nous travaillons comme professeurs au collège Saint Jean-Baptiste de La Salle à Laval. J’ai choisi de travailler dans l’enseignement catholique car c’est pour moi, au-delà de mon métier d’enseignant, une façon de transmettre ma foi, par ma façon d’être et de témoigner du Christ.

En dehors du collège, je fais beaucoup de sport (course à pied et badminton). Je suis d’ailleurs président du club de badminton sur Louverné.

Il y a une association qui prend une part importante dans notre vie : c’est l’association CEJ (Construire ensemble jeunes) avec laquelle nous organisons des camps pour des jeunes de 9 à 17 ans.

Au sein de la paroisse, nous accompagnons les parents dans la démarche du baptême.

 

Comment est née votre vocation et comment avez-vous accepté de répondre positivement à l’appel qui vous a été fait de devenir diacre ?

Il me semble important de dire, dans un premier temps, qu’on ne demande pas à être diacre mais qu’il faut y être appelé.

Cela s’est passé pour nous, il y a 5 ans quand le père Franck Viel est venu à la maison pour me poser la question : as-tu pensé un jour à être diacre ?

Nous avons été surpris par cette interpellation. En effet, nous ne nous sentions pas très investis dans la paroisse et pas très présents. Pourquoi nous, sachant qu’il y a d’autres personnes que nous verrions bien mieux dans cet engagement ?

Après réflexion nous avons accepté de suivre l’année de discernement, de nous mettre en route et de réfléchir à cette question : Le Christ nous interpelle sur notre avenir avec lui, mais qu’attend-il de nous ? Nous sommes beaucoup dans l’action dans nos différents engagements. Nous avons trouvé que cette interpellation était une opportunité pour prendre de la hauteur, faire une relecture de notre vie de couple et de notre engagement dans l’Eglise. Il n’était pas question dans un premier temps de diaconat.

4 années de formation ont suivi. Riches d’enseignements, de partages, de doutes aussi. Tout ce que j’avais vécu avant, un peu par tradition ou habitude, a alors pris du sens. Et puis, sans qu’il y ait eu de véritable révélation mais certainement une conversion profonde, j’ai accepté de répondre à cet appel !

 

Comment voyez-vous votre ministère aujourd’hui ?

Mon engagement dans la vie associative me permet d’être en contact avec de nombreuses personnes croyantes ou non. Je souhaite vivre mon ministère dans ce cadre en faisant des ponts entre le monde et Dieu. Le diacre se doit d’être au seuil de l’église et ainsi être à l’écoute de tous ceux qui n’osent pas franchir ce seuil, qui se posent des questions, qui cherchent peut-être des repères, un sens à leur vie.

Il est nécessaire de montrer à notre société que notre Eglise est porteuse d’Espérance et qu’au-delà de ses faiblesses et de ses erreurs, elle est signe que Dieu est amour. Que cet Amour se vit dans la joie, la fraternité et la bonne humeur ! « OUVRONS DES CHEMINS DE JOIE » synode 2018-2021

Yannick Quillet

49 ans, installé à Livré-la-Touche, dans la paroisse Saint-Clément-du-Craonnais.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis marié depuis 25 ans avec Isabelle et nous avons trois filles. Nous sommes paroissiens de Saint Clément du Craonnais.

Je suis professeur des écoles. Après avoir été chef d’établissement et enseignant en CM1-CM2 pendant 24 ans, je travaille depuis la rentrée à la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique, en tant qu’adjoint au directeur diocésain, en charge des écoles maternelles et élémentaires de la Mayenne.

 

Comment est née votre vocation et comment avez-vous accepté de répondre positivement à l’appel qui vous a été fait de devenir diacre ?

Je suis né dans une famille chrétienne, très engagée dans l’Eglise. Ma foi s’est nourrie au fur et à mesure des années, d’abord par le MEJ (Mouvement Eucharistique des Jeunes). Lorsque j’ai commencé à prendre des responsabilités, j’ai répondu à la sollicitation d’une amie qui ne pouvait plus encadrer son club Perlin en ACE (Action Catholique des Enfants). C’est ainsi que j’ai rejoint ce mouvement et c’est dans cet encadrement qu’est né ma vocation d’enseignant.

J’ai également encadré différents temps forts diocésains (Marches de Nuit, Pélé Jeunes à Lourdes…) qui ont été pour moi des moments importants de ressourcement.

Après notre mariage, nous avons pris des engagements sur la paroisse, notamment au niveau de la préparation au mariage.

Lorsque notre curé, David Dugué, est venu un soir nous interpeller à la maison : “ tu n’as jamais pensé au diaconat permanent ?,  cela a fait l’effet d’une petite bombe ! Il m’a fallu plusieurs mois pour accepter que cette interpellation pouvait être un appel du Seigneur ; je ne m’en sentais pas digne. Des temps de formation, de retraite spirituelle m’ont aidé à voir les choses autrement.

Dans mon métier et dans différents moments de ma vie, j’ai répondu favorablement à des appels, alors, celui qui m’était fait de servir un peu plus l’Eglise et le Christ, allait dans la continuité. J’ai fini par répondre positivement et par demander à l’Evêque de m’admettre parmi les candidats au diaconat permanent. J’ai été heureux, pendant ces cinq années, de pouvoir cheminer avec Isabelle et de partager ces moments avec deux autres couples.

 

Comment voyez-vous votre ministère aujourd’hui ?

Nous vivons dans un temps et dans un pays où le nombre de chrétiens recule chaque année. Pourtant, nous rencontrons des frères qui cherchent un sens à leur vie et qui se posent des questions face à la surconsommation, l’individualisme et les problèmes éthiques.

Le diacre, comme tout baptisé, est invité à témoigner de sa foi, de l’Espérance trouvée dans la rencontre avec le Christ. C’est d’abord par notre vie, par nos actions plus que par nos discours, que l’on peut faire passer ce message.

Par son ordination, dans son travail et dans les relations qu’il noue au quotidien, le diacre est appelé à se faire proche de ceux qui sont à la porte de l’Eglise et à témoigner que Jésus est « le chemin, la vérité et la vie ». La préparation au mariage ou le sacrement du baptême sont des occasions de nouvelles formes de catéchèse pour donner à voir le sens profond de l’amour de Dieu, loin de l’image moralisatrice et parfois désuète de notre Eglise.

Enfin, la place du diacre au cœur de la liturgie doit permettre de sensibiliser la communauté paroissiale à l’accueil de tous.