La trêve estivale, avec la perspective heureuse, pour un grand nombre d’entre nous, de prendre un temps de vacances seul ou en famille, est un moment propice pour aborder le dossier brûlant de la transition écologique. Il est urgent d’y réfléchir et de s’y mettre.

C’est un fait que, quatre ans après la sortie de l’encyclique du pape François Laudato si’ dédiée à la sauvegarde de la maison commune, les questions écologiques et environnementales n’ont jamais été autant d’actualité. Sans doute prenons-nous davantage conscience – et c’est tant mieux ! – que si nous ne changeons pas d’orientation d’ici quelques années, nous risquons des conséquences désastreuses et irrévocables pour l’environnement et la survie de l’humanité. Pour autant, l’encyclique Laudato si’ nous invite à exorciser nos peurs (peur de manquer, peur de la destruction) pour entrer dans une culture de l’émerveillement et de l’adoration. 

 

Un antidote au consumérisme compulsif

Le pape nous présente ces deux vertus comme un antidote puissant au « consumérisme compulsif » qui affecte nos styles et nos habitudes de vie. Il s’agit de bénir Dieu et de lui rendre grâce pour le don de la création dans une attitude de louange profondément eucharistique dont saint François d’Assise est l’exemple et le modèle. 

 

Regarder le monde avec des yeux neufs

À sa suite, nous voici conviés à « reconnaître la nature comme un splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté » (cf. Laudato si’, n° 12). Au n° 84, François insiste : « Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu ». Oui, à travers le cosmos qui nous entoure, nous pouvons reconnaître quelque chose de l’amour de Dieu pour nous, de l’amour de Dieu pour les hommes. Plutôt que de continuer à vivre en consommateurs égoïstes et insatiables jusqu’à épuiser les ressources de la planète, devenons des contemplatifs ! C’est bien là, d’abord, que se joue la conversion à laquelle nous appelle Laudato si’. Apprenons à regarder le monde avec des yeux neufs.

Les vacances sont propices à une conversion du regard

Sachons nous émerveiller de la beauté de la nature, de la beauté du patrimoine artistique, de la beauté inépuisable des êtres humains ! Le temps des vacances est à l’évidence une occasion propice à cette conversion du regard. Je souhaite d’ores et déjà de bonnes vacances à celles et ceux qui auront la chance d’en prendre.

 + Mgr Thierry Scherrer
Votre évêque

Editorial du magazine Eglise en Mayenne N° 15, juin 2019

« A travers le cosmos, nous pouvons reconnaître
quelque chose de l’amour de Dieu ».

« Sachons nous émerveiller de la beauté de la Nature…« 

« … de la beauté inépuisable des êtres humains« .