« Faisons comme le plongeur pris dans les algues qui donne un vigoureux coup de pied pour remonter … vers la lumière du monde »

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La cérémonie des vœux, initialement prévue le samedi 8 janvier, a dû être annulée en raison du contexte sanitaire. C’est donc par vidéo que Mgr Thierry Scherrer s’adresse aux Mayennais. Son intervention est accompagnée d’une rétrospective des événements de l’année 2021 réalisée par le service diocésain de la communication. Laissons-nous toucher par son exhortation « Alors courage mes amis ! Dans ce monde que Dieu aime, soyons d’infatigables bâtisseurs de communion et de paix, soyons les pèlerins et les apôtres de la joie ! »

Vœux aux Catholiques de la Mayenne - 8 janvier 2022 - le texte

 

Chers amis,

Une année vient de s’écouler avec ses joies, joies manifestes ou joies plus cachées, mais aussi avec ses drames, et ils sont nombreux. Comment ne pas en évoquer quelques-uns parmi bien d’autres ?

Au niveau planétaire, c’est d’abord cette pandémie qui semble n’en jamais finir et met nos nerfs à rude épreuve. Quand pourrons-nous apercevoir le bout du tunnel ? Il est bien difficile de le dire.

Ce sont aussi les catastrophes naturelles qui ont affecté de nombreux pays, conséquences directes ou indirectes des dérèglements climatiques. Je pense aux tornades dévastatrices qui ont sévi aux États-Unis, ou bien le typhon meurtrier qui a frappé peu avant Noël les Philippines.

Drame, chez nous également,  de ces 27 migrants qui ont péri noyés, le mercredi 24 novembre, au large de Calais, dans les eaux glaciales de la Manche. Comment peut-on laisser des centaines d’hommes et de femmes, parmi lesquels un grand nombre d’enfants, mourir lors de traversées maritimes périlleuses ? Certainement, nos pays riches portent ici de lourdes responsabilités.

Pour notre Église qui est en France, ce fut la déflagration le 5 octobre dernier consécutive à la  publication du rapport Sauvé avec ses révélations choc sur les turpitudes commises en très grand nombre et sur plusieurs décennies par des membres du clergé.

Alors, oui, j’en conviens volontiers avec vous : les temps que nous traversons sont particulièrement sombres, et nous avons hâte que l’horizon se dégage et laisse place à la lumière. C’est cette lumière, justement, que le Fils de Dieu apporte au monde dans le mystère de sa Nativité. La lumière que le Christ apporte resplendit dans les ténèbres. Notre conviction, à nous chrétiens, est que seule la lumière de Jésus est en capacité d’ensoleiller, de réenchanter nos vies.

Pour ensoleiller et réenchanter nos familles, nos communautés, nos institutions, rien de mieux que d’entrer dans un processus synodal. C’est le mot qui me vient à l’esprit et que je voudrais vous offrir au seuil de cette année nouvelle, le mot de synodalité. La synodalité est le chemin que le pape François nous montre et qu’il nous appelle à emprunter, tous ensemble. Ce chemin, nous l’avons parcouru trois années durant en Église diocésaine. Éclairées par la Parole de Dieu, portées par les réflexions de 530 équipes réparties sur tout le territoire de la Mayenne, nos assemblées synodales réunies à Pontmain ont voté des orientations et dégagé une vision pour l’avenir. De belles perspectives ont été tracées, il nous revient désormais de les approfondir et de les mettre à profit.

À l’heure où nos moyens s’appauvrissent, où nos forces déclinent aussi, il nous faut être créatifs et jouer la carte de la mutualisation. Sans aucun doute, la synodalité s’offre à nous comme le meilleur antidote au défaitisme et à la résignation. La synodalité n’est pas une théorie, ce n’est pas une méthode ni une recette-miracle, c’est une invitation à agir. C’est un art de vivre en chrétiens dans un monde en bouleversements perpétuels.

Un art de vivre où la sobriété heureuse l’emporte sur la boulimie de l’avoir et de la consommation ; un art de vivre où la bienveillance et la fraternité se rendent victorieuses de l’individualisme et du repli sur soi ; un art de vivre où la joie resplendit à travers la qualité des relations interpersonnelles.

Pour conclure ce message que je vous adresse bien simplement en guise de vœux, je vous laisse une image forte et stimulante, celle que l’écrivain Ernest Psichari, grand ami de Péguy et de Maritain, nous offre dans Le voyage du centurion, un magnifique récit largement autobiographique où l’auteur nous raconte sa conversion au catholicisme : « […] touchant certains bas-fonds, écrit-il, nous faisons comme le plongeur pris dans les algues, et qui donne un vigoureux coup de pied pour remonter, vertical, les bras tendus, vers la lumière du monde ». C’est vrai que les temps sont incertains, que la tentation est grande de nous laisser aller au découragement. Nous pouvons avoir l’impression de couler, nous touchons le fond, parfois, nous avons les pieds dans les algues. Oui ! Mais nous avons en nous les ressources nécessaires pour rebondir, nous affranchir des liens qui nous retiennent encore captifs de la mort et  repartir avec un entrain renouvelé sur les routes de la vie.

Alors, courage et confiance, mes amis ! Cette année 2022 qui commence sera belle et riche en promesse de bonheur si nous renforçons nos liens de communion pour nous mettre, tous ensemble, au service du Bien Commun.

Dans ce monde que Dieu aime, soyons d’infatigables bâtisseurs de communion et de paix, soyons les pèlerins et les apôtres de la joie !

+ Thierry Scherrer
  Évêque de Laval

Des vœux venus d’ailleurs

Vœux et témoignage d’un prêtre en mission

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Témoignage du frère Charles, missionnaire en Haïti

Mon séjour en France durant l’été 2021 fut assez bref, mais j’ai eu la joie tout de même de rencontrer quelques-uns d’entre vous… Certains que je n’avais pas vus depuis bien longtemps, même si j’ai toujours des nouvelles des uns et des autres. Aujourd’hui avec internet (mail, Facebook, What’s app), il est plus facile de garder le contact et de se retrouver même pour de brefs moments…

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