Faisant suite à la loi de séparation des Églises et de l’Etat, le décret du 29 décembre 1905 prévoit l’inventaire des biens des églises. Dans chaque diocèse des équipes de bénévoles sont chargées de les répertorier. Zoom sur ce service méconnu avec Gérard Le Cam qui enquête en compagnie de Jean-Pierre Griveau.

En 1905, de nouveaux rapports entre l’Église et l’État.   

Avant 1789, la religion catholique est religion d’État. L’Église vit de ses revenus et perçoit la dîme. Cette situation d’indépendance financière est remise en cause au cours de la Révolution et le 2 novembre 1789 l’assemblée constituante décide que les biens du clergé sont à la disposition de la Nation. De par la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État, on assiste à l’aboutissement, sous la IIIe République, d’un long processus de laïcisation et de sécularisation, engagé depuis la Révolution française. 

 

Une mission d’enquêteur pour la commission d’art sacré ?

Nous sommes deux bénévoles qui appartenons à la commission diocésaine d’Art Sacré, explique Gérard le Cam. Dans ce cadre, nous sommes chargés d’inventorier les sacristies des églises du diocèse. Nous poursuivons le travail entamé par le couple Ferru qui a déménagé et continuons ce long et minutieux travail d’investigation. Il reste environ 80 sacristies à visiter ce que nous faisons une fois par semaine. Nous ne visitons que les sacristies car nous n’intervenons pas dans l’église qui est sous le contrôle des Monuments historiques” 

Un travail minutieux au sein des sacristies

Dans un premier temps nous prévenons à la fois le curé de notre visite ainsi que le maire . Il arrive que l’un ou l’autre nous accompagne en fonction de sa disponibilité. Nous décidons d’une date et partons en quête de la personne qui nous ouvrira la sacristie et restera à nos côtés tout le temps de l’inventaire. Dans certains villages ce n’est pas toujours aisé ! dit-il en souriant. Nous recensons tous les objets, pièces, calices : Jean-Pierre qui a davantage de connaissances que moi note alors une description détaillée de la pièce, matériaux, forme, incrustations, gravures etc… Notre secrétaire Brigitte Cousin fait alors un travail formidable de mise en page et constitue un précieux fichier. 

 

Un travail fastidieux mais très utile.

Ce recensement a deux objectifs. Il s’agit pour le diocèse de faire l’inventaire le plus précis possible de son patrimoine et de lister les objets liturgiques. Nos découvertes sont très variées. Parfois nous ne listons que peu de choses car certains objets ont pu être déplacés en fonction des besoins des différents clochers. D’autre fois nous faisons de vraies découvertes. Il nous est arrivé de dénicher dans un coin sous la poussière deux très beaux vases de la manufacture de Gien. Personne ne les avait remarqués. Nous étions très heureux et fiers de notre trouvaille. La gendarmerie bénéficie également de ce travail. En effet, les fiches constituées à partir des inventaires constituent de précieux outils en cas de besoin. En effet, nous les transmettons toutes à la gendarmerie qui utilise le fichier pour les recherches en cas de vols. 

Propos recueillis par Valérie Fourtané

Ostensoir dans sa boite
Calice et patène