Résurrection de Fra Angelico

Le Temps pascal, de Pâques à la Pentecôte

Christ est ressuscité ! Il a vaincu la mort et mis fin au règne de ses ennemis. Il siège à la droite du Père et nous ouvre les portes de son royaume. Suivons-le dans la joie. Alléluia.

Antienne de Pâques

Le service liturgie du diocèse de Strasbourg propose une liturgie familiale adaptée à ce temps du coronavirus : le Chemin de Lumière.

Si pendant le Carême, le Chemin de Croix est l’exercice de piété qui permet de s’unir aux souffrances et à la passion du Christ, sans négliger l’annonce de la Résurrection et l’espérance du Royaume, le Directoire sur la pitié populaire et la liturgie suggère pour le Temps pascal une Via lucis, un Chemin de Lumière, faisant parcourir dans la prière un itinéraire passant par les différentes apparitions du Christ ressuscité, du matin de Pâques à la Pentecôte. (Voir Directoire page 127 et 128)

De Pâques à Pentecôte, 50 jours pour cheminer vers l’Esprit-Saint.

La réforme liturgique du concile Vatican II a modifié bien des choses et, entre autres, la façon de célébrer la Pentecôte. On a voulu d’abord insister sur l’unité du temps pascal. Nous redécouvrions cette unique fête de cinquante jours, avec deux sommets, Pâques et la Pentecôte.

Un ordinaire pour le Temps pascal

Source : Liturgie.catholique.fr

 

Le Temps pascal est celui vers lequel tous les autres temps liturgiques convergent. Il est le déploiement de la fête de Pâques durant cinquante jours. Les Normes universelles de l’année liturgique nous le rappellent : « Les cinquante jours à partir du dimanche de la Résurrection jusqu’à celui de Pentecôte sont célébrés dans la joie et l’exultation, comme si c’était un jour de fête unique, ou mieux « un grand dimanche » » (n° 22). Il faut donc que ce Temps pascal présente une « couleur » bien particulière reconnaissable entre toutes. Les chants de « l’Ordinaire » devront donc y contribuer !

Le chant caractéristique de ce temps liturgique est sans conteste l’Alléluia. Et, comme nous l’avons fait remarquer ci-dessus dans notre introduction à l’Ordinaire de la messe, ce chant en fait aujourd’hui partie. Nous choisirons donc avec soin un Alléluia festif, développé pour qu’il puisse accompagner la procession de l’Évangile et qui deviendra au fil du temps « symbole » de ce Temps pascal. Bien des alléluias qui répondent à ces deux critères sont aujourd’hui disponibles. A chaque communauté de faire son choix ! Cet alléluia « du Temps pascal » sera bien évidemment celui retenu pour son retour au cours de la nuit pascale.

Un autre chant caractéristique de ce temps liturgique est celui qui accompagne le rite de l’aspersion. La Présentation générale du Missel romain nous apprend que ce rite peut remplacer l’acte pénitentiel au début de l’Eucharistie : « Le dimanche, au Temps pascal surtout, en lieu et place de l’acte pénitentiel, on peut faire la bénédiction de l’eau et l’aspersion en mémoire du baptême. » (n° 51). Autrefois, ce rite était accompagné du chant Vidi aquam (J’ai vu l’eau). L’hymne J’ai vu l’eau vive en est une sorte d’équivalent en français. Il existe 19 versions musicales de ce texte ! D’autres chants peuvent convenir comme I 24-01, Une source d’eau vive ou I 44-62, J’ai vu des fleuves d’eau vive. Pour que ce chant joue son rôle symbolique, il faut qu’il soit le même que celui qui a accompagné le rite de l’aspersion au cours de la Veillée pascale. Ainsi, ce rite de l’aspersion dominicale sera mis symboliquement en relation avec ce geste qui fait mémoire de notre baptême au cours de cette célébration unique au cours de l’année liturgique. Ici aussi, le choix sera déterminant pour les années à venir.

©cathopic

Le Missel romain propose également un trope pour la formule 3 de l’acte pénitentiel : « Seigneur Jésus, par ton mystère pascal… » Il a notamment été mis en musique par Ph. Robert dans la Messe pascale  AL 56-29, par M. Wackenheim (AL 18-69-2) ou encore P. Lamon (AL 18-69-4).

Le Gloire à Dieu est aussi une pièce de l’Ordinaire qui donne à la célébration un caractère festif. On en retiendra un qui met bien en évidence cette caractéristique musicale et qui ne sera pas utilisé en dehors de ce Temps pascal.

Pour l’Anamnèse, on privilégiera la formule 3, »Gloire à toi qui étais mort… » à cause de son côté acclamatoire plus marqué que dans les deux autres formules.

Il existe un Agneau de Dieu tropé – les tropes sont à adapter en fonction de la longueur du rite de la fraction –  C 582, Agneau de Pâques, extrait de la Messe de saint Jean-Baptiste de J. Berthier, qui convient très bien pour l’ensemble de ce temps liturgique.

A la question existe-t-il des Ordinaires pour le Temps pascal, nous pouvons répondre affirmativement. Il y a AL 56-29, Messe pascale déjà mentionnée ci-dessus inspirée par la thématique d’une pièce bien connue du jour de Pâques, la séquence Victimae pascali laudes. Retenons aussi la messe AL 515, Messe de la Résurrection de E. Faugeron (Communauté de l’Emmanuel) et AL 68-62, Messe de la Résurrection de Th. Ospital. Celle-ci demandera un peu d’investissement de la part du chœur, mais on peut sans doute se le permettre pour ce sommet de l’année liturgique ?

Le choix d’un répertoire de chant pour l’Ordinaire au Temps pascal a toute son importance. Chaque année, cet ensemble de chants rituels sera, pour les fidèles, le signe, mais aussi le symbole de l’expression du cœur de notre foi : le Mystère pascal.