Quand j’étais petit, j’aimais bien faire des expériences de physique
avec de l’électricité, des petits moteurs, mais aussi avec du bois ou du fer…

Et notamment j’aimais mettre de la limaille de fer sur un papier
et cacher un aimant sous le papier…

Et voilà que chaque particule de métal, comme par magie,
étaient attirées et semblaient se fixer.

Et je glissais mon aimant sous la feuille.
Des éléments séparés se trouvaient polarisés …
Ils se rassemblaient et se communiquaient la charge de proche en proche.
C’est le pouvoir d’attraction de l’aimant.

Dans une communauté paroissiale, nous sommes chacun comme un petit brin de limaille.
Notre aimant caché sous les apparences, c’est le Seigneur,
Il est l’Aimant par excellence ! Il nous aime et il nous attire.

Chacun est unique, attiré par l’aimant de son cœur, caché sous les apparences…

Son orientation, après tout, pourrait être le fruit du hasard…
Et pourtant, ce qui révèle la présence de l’aimant, sous le voile des apparences,
c’est la polarisation de tous les petits brins de métal, au-dessus du papier,
en des formes géométrique parfois surprenantes.

La communauté dans son ensemble prend alors la forme d’un corps organique.
Et elle atteste la présence de l’aimant qui l’a mise en mouvement.

Jusqu’à un certain point, il en va de même pour la communauté du Seigneur.
Elle peut devenir une révélation pour ceux qui regardent,
même au niveau des apparences, par-dessus la feuille de papier…

Car ensemble nous dessinons alors le visage de celui qui est présent dans la communauté…

Quand saint Pierre nous invite à être les pierres vivantes
qui servent à construire le Temple spirituel, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Une pierre, toute seule, c’est comme un brin de limaille,
ce n’est pas grand-chose ! Et il en faut beaucoup pour faire un Temple.

Mais quant l’attraction de l’Aimant passe à travers nous,
alors, de proche en proche, quelque chose de grand et de beau s’édifie.

Saint Pierre était là quand Jésus a dit à Thomas :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Saint Pierre était là quand Jésus a dit à Philippe :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Saint Pierre sait qu’il y a en Jésus une force qui nous attire
et qui témoigne de la vie du Père en lui.

Mais il sait aussi que depuis la Résurrection de Jésus, qui est monté au Ciel,
Jésus est présent de façon nouvelle en nous et parmi nous.

Jésus est ressuscité dans la nuit de Pâques,
mais nous il nous faut du temps pour ressusciter avec lui.
Le temps pascal est fait pour cela…

Jésus s’en est allé, mais avec lui, nous savons le chemin en effet :
il n’est pas parti dans un endroit précis,
tout comme il ne s’est pas caché derrière la pierre roulée du tombeau !…

Non, Jésus a rejoint le Père, sans pour autant nous laisser orphelins.

L’Eglise avec un grand E est le temple nouveau dont le Christ est la pierre angulaire.
Par son Esprit, si j’ose dire, le grand Aimant est parmi nous !

C’est ainsi que Pierre dit beaucoup de bien de nous ce matin :
« vous êtes, dit-il, la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte,
le peuple qui appartient à Dieu. »

Voilà une belle nouvelle pour chacun de nous ; voilà une grande mission :
nous sommes, dit-il, « chargés d’annoncer
les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

Et nous le faisons toujours ensemble, portés par le Christ, notre lumière,
et portés aussi par notre communauté.

Et c’est vrai tout particulièrement pour un prêtre.
C’est vrai pour moi, qui ait la joie d’être depuis 20 ans.

Et je crois que le choix des 7 dans le Livre des Actes des Apôtres
nous permet aussi d’aller plus loin dans la compréhension du mystère de l’Eglise.

Qui sont les 7 ? Ce sont des hommes estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse.

Les 12, en choisissant les 7, ne cherchent pas à se débarrasser
de quelque chose qu’ils ne veulent pas faire,
mais ils désirent que le corps de l’Eglise soit beau
et que les veuves délaissées puissent recevoir du pain.

Et tout le monde ne peut pas tout faire…
Plus le corps est grand, plus on doit et on peut trouver de multiples services.

Et je crois que la caractéristique d’une communauté chrétienne, c’est le service,
la qualité du service.

Au séminaire, dans l’Enseignement Catholique, paroisse, dans le diocèse,
je suis ou j’ai souvent été responsable :
et c’est vrai, c’est un service aussi de construire, de guider, d’accompagner.

Mais en fait, compte tenu des distances et de l’immensité de la tâche,
j’ai la grâce, comme prêtre, de vivre un peu
ce que beaucoup d’entre vous, vous vivez : de rendre un service assez ponctuel…

A mains égards, j’ai la chance d’être avec vous un petit brin de limaille,
qui se laisse aimanter pour transmettre à d’autres, avec d’autres et par d’autres,
l’attraction du Christ…

C’est ma mission comme prêtre, mais aussi la mission de chacun de vous
en paroisse, dans la famille, dans les associations ou sur le lieu de votre travail…

De petits brins de limaille qui entrent en contact et avec joie
avec d’autres petits brins de limaille, anciens ou nouveaux…

De chacun de nous dépend un peu la propagation de l’attraction du Seigneur
Alors remercions le Seigneur cette confiance qu’il nous fait :
Amen, merci Seigneur, c’est toi, le grand aimant de notre vie !…