Cette semaine nous nous mettons à l’écoute, ou à la lecture des nos religieux (ses) qui ont donné leur vie à Dieu et au service de leurs frères et sœurs en humanité. Prêtres, religieux ou religieuses nous disent comment ils ont vécu ou vivent encore le Carême.

Témoignage du Père Philippe Thierry, ancien missionnaire au Cameroun

Pendant trente-huit ans, le Père Philippe THIERRY,  supérieur des Oblats Missionnaires de Marie Immaculée de Pontmain a vécu au Nord du Cameroun où il a été missionnaire. Revenu depuis quatorze ans, il nous donne son témoignage sur le Carême vécu en Afrique Centrale.

Une première question s’est posée, sur le jeûne et l’abstinence. Quel sens cela avait-il pour des gens qui mangeaient tout juste à leur faim, et rarement de la viande ? L’effort demandé a été de se priver de la ‘bière de mil’. Quelques années avant, on ne buvait de la bière de mil que pour certaines fêtes religieuses : la fête de la récolte, la fête où l’on tue un taureau qui manifeste le lien social avec la communauté et avec les ancêtres, un décès…mais la bière de mil est devenue de plus en plus courante sur les marchés et finalement on pouvait en trouver chaque jour. Aussi les diocèses du Nord du Cameroun ont remplacé l’abstinence de viande par celle de la bière de mil. Mais comme la semaine est longue, beaucoup de paroisses ont étendu cette abstinence à tout le temps du Carême… D’autres ont laissé la possibilité de boire le jour de la Résurrection, le dimanche.

L’appel des adultes demandant le baptême

Pendant tout le temps du Carême, il y avait aussi la préparation des baptêmes d’adultes qui avait lieu à la Veillée pascale. C’était aussi une bonne émulation pour toutes les communautés. En fin de Carême, nous avions également un long temps de prière de réconciliation. Après un moment de prière collectif, des groupes se formaient : groupes d’hommes, de femmes, de jeunes gens, de jeunes filles, et d’enfants. Chaque groupe avait un animateur. Ils réfléchissaient par groupe sur leur manière de vivre en chrétiens, et les difficultés propres à leur groupe, dans le monde d’aujourd’hui. Ensuite tout le monde se retrouvait à l’église et chaque animateur exprimait ce que les gens avaient exprimé.

S’adapter afin d’accueillir tous les fidèles

Dans les deux dernières années, j’avais organisé des rencontres de Carême dans les 50 communautés de la paroisse. Le nombre important de communautés vient du fait que ce lieu était une terre d’immigration, et que dans les gros villages, il y avait des gens de diverses langues. J’ai même préparé la dernière année, à Touroua, un document aidant les petites communautés à faire trois rencontres par semaine en Carême, sur beaucoup de problèmes de la vie. En voici quelques thèmes : “Me souvenir de ma rencontre avec Jésus, de mon baptême, des moments importants de ma vie chrétienne” ; “Les conséquences de cette vie avec Jésus et l’Évangile” ; “Vie chrétienne : en famille, en communauté” ;  “Être le sel de la terre : mettre la fraternité” ; “Aider ses frères égarés et annoncer Jésus à tous” ;  “Pourquoi se confesser et communier” ; “Comment vivre en C.E.V” ; “La vie éternelle est déjà commencée pour ceux qui aiment Jésus”… Certaines conférences portaient sur des problèmes importants aujourd’hui : l’accusation de sorcellerie, la façon de boire, l’argent, la corruption, le mariage, la vie en Église, les vocations… C’était un document de 18 rencontres pendant le carême. Un questionnaire  précédé de quelques textes bibliques aidait à la réflexion.

Ce que j’ai fait à Touroua, – ma dernière mission au Cameroun,- était possible, car à cette époque de l’année, les gens ont beaucoup moins de travail. Il est évident que de retour en France, il n’était pas possible de faire de la même manière. Il a donc fallu s’adapter, avec l’aide du conseil pastoral, pour aider les gens au temps du carême.

Témoignage de Soeur Gloria, Soeur de la Charité de Notre-Dame d’Evron au Pérou

Je vis dans une communauté rurale qui se trouve au-delà des banlieues de Lima, donc, ce que je partage sera surtout les pratiques, les expressions de foi de ce lieu. Notre peuple s´exprime de préférence oralement en faisant partie de groupes. C´est un peuple qui prie, un peuple joyeux de nature qui sait vaincre le manque de travail, de nourriture et bien d´autres éléments essentiels à la vie. La pandémie complique gravement notre réalité déjà si précaire.

Beaucoup se joignent à l’Eucharistie quotidienne, mais virtuelle, de notre paroisse, ayant donné leurs intentions de prière ou d´actions de grâce avant. C´est un temps d’épreuves où certaines personnes s´accrochent encore davantage à l´Église, aux pratiques d´une foi vivante et des œuvres de miséricorde ; il y a d´autres personnes qui se sont éloignées de la communauté. Il y a divers groupes de prière, de partage, d´amitié qui permettent la croissance de la foi même pendant ce temps de pandémie. Plusieurs personnes qui ont perdu des membres de leur famille ou de leur entourage demandent l´Eucharistie en mémoire de leur être cher. Cela se fait virtuellement, bien entendu, à la paroisse, offrant consolation, un à-Dieu digne, des gestes de respect pour les défunts et un début de paix suite à leur départ.

Au Pérou il y a un autre moment de pénitence et de conversion qui est célébré tout pendant le mois d´Octobre. Il s´agit des célébrations en honneur de « Señor de los Milagros » ou Seigneur des Miracles avec de très grandes et fréquentes processions dans les rues… Ce sont des moments et expressions de prière profonde.

Le Triduum pascal est célébré avec dévotion. Les symboles sont bien importants et souvent facilitent l’expression de la parole quand le sens, la profondeur des mots nous échappent. Jeudi Saint, en dehors de la pandémie, est célébré avec les symboles de l´eau et le lavement des pieds, le pain que chaque famille apporte et qui est placé sur la longue table comme offrande ; après l´Eucharistie ce pain sera partagé entre toutes et tous présents, suivie d´un temps d´adoration. Le Vendredi Saint nous faisons le chemin de croix en plein air, parcourant tout notre village. Le Samedi Saint nous célébrons la Résurrection avec tous les symboles : lumière, eau, la parole sacrée et souvent avec des baptêmes. Pendant la pandémie tout est célébré virtuellement en soignant la présence des symboles. Ce sont les actions de soutien, d´accompagnement, d´aide, qui ont pris encore plus d´importance tout pendant ce temps de pandémie. Les gens s´entraident et ainsi vivent le Carême de manière significative et utile, nécessaire, vu les circonstances !

Témoignage d’une Soeur de la Charité de Notre Dame d’Evron, en mission au Canada

Voici, très brièvement, ce que nous essayons de vivre à St. Thomas d’Aquin, une des paroisses françaises à Edmonton, Canada.

A Saint Thomas d’Aquin, une des paroisses françaises d’Edmonton, au Canada, nous suivons les vidéoconférences proposées par le programme Carême Partage en lien avec le mouvement Développement et Paix.

 Chaque dimanche à l’église nous mettons à l’écran une annonce du thème, avec les indications pour suivre des vidéos préparées concernant le thème, un différent chaque semaine.

 1ière semaine : la rencontre fut consacrée à ce à quoi le Pape François nous appelle dans Fratelli Tutti : ‘à un amour qui surmonte les barrières de la géographie et de l’espace et de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne‘.

2ième semaine : la rencontre a porté sur la solidarité, et l’impact qu’elle peut avoir pour les réfugiés rohingyas et leurs communautés hôtes au Bangladesh.

3ième semaine : le thème de cette rencontre sera « Soutenir et renforcer les communautés vulnérable ». Dans le respect du principe de participation de l’Enseignement social de l’Église, notre réflexion portera sur la manière dont notre expérience de Carême pourrait être une force de changement positif.

4ième semaine : notre rencontre portera sur l’engagement des jeunes qui représentent le présent et l’avenir du mouvement « Développement et Paix », et qui renouvellent notre travail de transformation au Canada et dans les pays du Sud.

5ième semaine : cette dernière semaine sera consacrée à la prière, particulièrement pour les membres de notre mouvement .

Il y aussi deux retraites paroissiale : l’une accompagnée par Sr. Catherine Grasswill, avec pour thème “Chez Marthe, Marie et Lazare”. La seconde avec le curé de la paroisse Jean-Claude Ndanga, CFIC, avec thème : Le sens des gestes et des paroles de la messe.

Tout se fait par vidéoconférence.

Le temps de carême vécu par les chrétiens catholiques du Burkina Faso

Le Burkina Faso est un pays de l’Afrique occidental. Le Nom Burkina Faso est formé par les deux langues majoritairement parlé. Le Moré et le Dioula. Burkina veux dire : un homme intègre, honnête. Et Faso signifie : pays, terre. Donc Burkina Faso : Pays ou terre des hommes intègres.

C’est un pays majoritairement Musulmans. Parler de carême au Burkina Faso c’est faire la différence entre ce que les musulmans pratiquent et ce que les chrétiens pratiquent. Pour les musulmans on dira que c’est la religion de la règle et pour eux le carême consiste à ne pas manger de 5h du matin jusqu’à 6h du soir. Pour le chrétien du Burkina Faso il ya aussi la règle mais il ya aussi cet indice de la religion du cœur qui prime chez le catholique.

Les personnes qui doivent jeûner sont celles de 10 à 60 ans. Le carême est lié au jeûne. Le chrétien est appelé pendant tout ce temps de carême à faire des efforts d’abstinence. C’est notamment la question de la viande et aussi des boissons alcooliques. Les pasteurs des églises veillent a ce que les vendredis il n’y pas de vente de boissons locale. Cela marque beaucoup certains musulmans. Ce faisant les vendredis les cabarets et les points de vente de la viande au four sont vides.

Du point de vu spirituel c’est une période de prières intenses. C’est un temps de pèlerinage pour les différents groupes présentent dans la paroisse. Tout cela se fait à pied et c’est un jour de jeûne aussi. Ce temps de pèlerinage à pieds est aussi marqué par le chemin de croix animé en plein soleil sur la route. Les efforts de carême sont destinés à venir en aide aux prisons les orphelinats et bien d’autres personnes démunies dans les centres.

C’est aussi un temps propices pour les personnes en situations irrégulières de les régulariser. C’est le cas des personnes vivant ensemble sans le mariage. C’est aussi le moment pour les personnes âgées de régulariser leur situation vis-à-vis des sacrements. En temps de carême les célébrations de funérailles chrétiennes sont suspendues.

Célébration dans une église au Cameroun
©Philippe Thierry
Catéchisme au Pérou
©cathopic