Rendez-vous mercredi 14 février pour le premier jour du Carême. Temps de partage, temps de jeûne, temps de dépouillement intérieur et extérieur, ces quarante jours avant la fête de Pâques sont pour les chrétiens une occasion de réfléchir sur la qualité de leur foi. Pendant toute cette période, des rendez-vous leur sont donnés pour cheminer ensemble ou personnellement. Convertissons-nous et croyons à l’Evangile !

 

Parce que le Carême commence en plein milieu des Jeux olympiques, pourquoi ne pas comparer ce temps à l’entraînement des sportifs qui fournissent des efforts pour gagner… Sauf qu’ici, il ne s’agit pas vraiment d’un défi, et le gain est bien plus qu’une médaille, fusse-t-elle d’or ; c’est le Christ vivant. Bref, vous aimez les J. O. ? Vous allez adorer J.-C. ! Plus sérieusement, voici une petit méditation sur le Carême proposée par le Père Roland Courné, prêtre accompagnateur du service de la catéchèse.

 

Réfléchir sur la qualité de notre foi

« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » ! C’est l’une des deux formules que l’Eglise propose au moment de l’imposition des cendres le premier jour du Carême. Il ne faut jamais oublier qu’il y a dans l’Eglise des premiers siècles un lien très étroit entre le Carême et le baptême des adultes. C’est toujours vrai de nos jours pour les adultes qui sont en route vers ce sacrement qu’ils recevront dans la nuit de Pâques. Le baptême est l’occasion de professer sa foi. Même si nous avons été baptisés, tout-petits, le Carême est pour nous tous, une occasion de réfléchir sur la qualité de notre foi, un temps privilégié pour demander à l’Esprit Saint de purifier et d’augmenter notre foi. « Seigneur, je crois, mais augmente ma foi ».

 

Ne cherchons pas un modèle idéal mais changeons

Cela permet de nous aider à bien comprendre la conversion, ce retournement, ce changement, cette transformation qui nous sont demandés. J’aime ce qu’écrit le Père Brice Olivier, dominicain : « La conversion n’est pas l’effort démesuré pour se modifier et correspondre à un modèle idéal extérieur, pour enfin pouvoir approcher Dieu. Le seul changement possible est celui de la foi, d’enfin croire à la Parole. Changez radicalement signifie : devenez croyants. Considérer que l’Evangile est une Bonne Nouvelle pour moi et y adhérer de tout mon être, reconnaître que je suis aimé inconditionnellement par Dieu et l’ accepter, croire assurément pour moi au salut par le Christ et accepter de me laisser sauver, si je demeure dans cette assurance de l’amour, de la miséricorde, du salut, alors tout change et se renverse ».

 

C’est la foi qui fait changer notre regard

La conversion n’est pas d’abord morale, elle est théologale, elle regarde notre façon d’entrer en relation avec Dieu. C’est la foi qui nous fait voir toutes choses avec un autre regard : le pauvre devient visage de Jésus-Christ, le pain et le vin deviennent à l’Eucharistie, corps et sang du Christ, l’eau devient source du salut et entrée dans la vraie vie, par le Baptême… C’est parce que nous sommes « re-nés » par notre baptême, que nous voulons prier davantage, que nous avons le désir de supprimer en nous tout ce qui alourdit, tout ce qui diminue notre vitalité chrétienne. C’est parce que dans la foi nous croyons que tout homme est un frère que nous avons envie de mieux partager toutes nos richesses… Si nous marchons sur cette route nous pourrons redire la foi de notre baptême en pleine conscience, dans la nuit de Pâques. Bon Carême, que l’Esprit Saint nous convertisse pour devenir de meilleurs témoins de la Bonne Nouvelle de l’Evangile.

Père Roland Courné