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AU-DELÀ DE TOUTE ESPÉRANCE

Pour les fêtes pascales, j’ai pris l’initiative de me replonger dans l’homélie du Pape François pour la Vigile pascale de 2020. Un an après, toujours en situation de pandémie, ses mots semblent garder leur actualité. Je vous les propose. Ils peuvent nous aider à vivre, à espérer.

« (A Pâques) Nous conquerrons un droit fondamental qui ne nous sera pas enlevé = le droit à l’espérance. C’est une espérance nouvelle, vivante, qui vient de Dieu. Ce n’est pas un simple optimiste, ce n’est pas une tape sur l’épaule ou un encouragement de circonstance. C’est un don du Ciel que nous ne pouvons pas nous procurer tout seuls. Tout ira bien, disons-nous avec ténacité en ces semaines, nous agrippant à la beauté de notre humanité et faisant monter du cœur des paroles d’encouragement. Mais avec les jours qui passent et les peurs qui grandissent, même l’espérance la plus audacieuse peut s’évaporer. L’espérance de Jésus est autre. Elle introduit dans le cœur la certitude que Dieu sait tout tourner en bien, parce que, même de la tombe, il fait sortir la vie.

La tombe est le lieu d’où celui qui rentre ne sort pas. Mais Jésus est sorti pour nous, il est ressuscité pour nous, pour apporter la vie là où il y avait la mort, pour commencer une histoire nouvelle là où on avait mis une pierre dessus. Lui qui a renversé le rocher à l’entrée de la tombe, peut déplacer les rochers qui scellent notre cœur. Par conséquent, ne cédons pas à la résignation, ne mettons pas une pierre sur l’espérance. Nous pouvons et nous devons espérer, parce que Dieu est fidèle. Il ne nous a pas laissés seuls, il nous a visités : il est venu dans chacune de nos situations, dans la souffrance, dans l’angoisse, dans la mort. Sa lumière a illuminé l’obscurité du sépulcre : aujourd’hui, il veut rejoindre les coins les plus obscurs de la vie. Sœur, frère, même si dans ton cœur tu as enseveli l’espérance, ne baisse pas les armes : Dieu est plus grand. L’obscurité et la mort n’ont pas le dernier mot. Confiance, avec Dieu rien n’est perdu.

Confiance : C’est une parole qui dans l’Evangile sort toujours de la bouche de Jésus. Une seule fois, d’autres la prononcent, pour dire à une personne nécessiteuse : «Confiance ! Lève-toi [Jésus] t’appelle » (MC 10,49). C’est lui, le Ressuscité, qui nous relève, nous qui sommes dans le besoin. Si tu es faible et fragile sur le chemin, si tu tombes, ne crains pas, Dieu te tend la main et te dit : « Confiance » (…) il suffit d’ouvrir ton cœur dans la prière, il suffit de soulever un peu cette pierre mise à l’entrée de ton cœur pour laisser entrer la lumière de Jésus. Il suffit de l’inviter : « Viens, Jésus, dans mes peurs et dis-moi aussi : Confiance ». Avec toi, Seigneur, nous serons éprouvés mais non ébranlés… Parce que tu es avec nous dans l’obscurité de nos nuits : tu es Certitude dans nos incertitudes, Parole dans nos silences, et rien ne pourra jamais nous voler l’amour que tu nourris pour nous.

Voilà l’annonce pascale, une annonce d’Espérance.

(Editorial par le père Cousin)