Ce jeudi 26 mai, nous célébrerons l’Ascension du Seigneur, c’est-à-dire la montée au Ciel du Christ. Loin d’être le mémorial d’une séparation douloureuse et sans retour, le jour de l’Ascension est bien un jour de joie pour les disciples : « Ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie » (Lc. 24, 52).

« En grande joie »

A l’Ascension, les disciples expérimentent la séparation avec le Christ. On imagine qu’elle fut humainement douloureuse, pour eux qui avaient vécu quarante jours avec le Christ ressuscité… Les Actes des Apôtres nous racontent qu’après que le Christ eut disparu de leur vue, les disciples restèrent les yeux levés vers le ciel ; il fallut l’intervention de deux Anges pour les faire revenir sur la terre : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac. 1, 11). C’est alors, nous dit Luc, qu’ils repartirent « en grande joie » (Lc. 24, 52).

L’humanité entre au Ciel

Quelle était donc la raison de cette joie qui envahit le cœur des disciples, et à leur suite, toute l’Église ?

A l’Ascension, le Christ entre au Ciel ; et faisant ainsi, c’est cette humanité partagée avec nous qu’Il y fait entrer : si l’humanité de Jésus est entrée dans le cœur de la Trinité, cela veut dire que nous aussi nous sommes appelés à vivre dans le cœur de Dieu. En cela, l’Ascension vient accomplir le mystère de la Résurrection : si le Christ est ressuscité des morts, s’Il a vaincu la mort, c’est bien pour qu’avec Lui nous la traversions afin de vivre éternellement en sa présence au Ciel.

L’Ascension est la fête par excellence où notre désir du Ciel doit être ravivé ; elle nous rappelle combien nous sommes faits pour le Ciel, que notre place y est préparée, que nous y sommes attendus.

En cela, nous rappelle le Pape François (1), la fête de l’Ascension est profondément celle de la joie et de l’Espérance. « La joie […] envahit toute l’Église. […] La joie humaine peut être enlevée par n’importe quelle chose, par n’importe quelle difficulté. Mais cette joie que le Seigneur nous donne, qui nous fait exulter, qui nous élève dans l’espérance de le trouver, cette joie, personne ne peut l’enlever, elle est durable. Même dans les moments les plus sombres. […] Joie, espérance est le cri de l’Église, heureuse après l’Ascension du Seigneur ». Heureuse parce que notre humanité, par le Christ, est entrée au Ciel !

La prière d’ouverture de la messe de l’Ascension dit magnifiquement les choses : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire. Nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. »

 

(1) Pape François, méditation matinale en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le 6 mai 2016
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