A l’approche de Noël, nombreux sont ceux qui ressentent le besoin de rencontrer un chrétien, un prêtre, un ou une religieuse… Nous avons demandé à quelques-uns de ceux qui accueillent de nous raconter, et de témoigner des fruits de ces rencontres.

Témoignage de Don Ludovic, curé in solidum

Comme prêtre, il m’arrive régulièrement d’être sollicité par une personne souhaitant partager ce qu’elle vit intérieurement, joyeusement ou douloureusement. Cette personne ne demande pas forcément une confession, ni un accompagnement spirituel régulier, mais elle exprime seulement un besoin d’être écoutée par une oreille qu’elle sait discrète et elle manifeste une aspiration à être comprise et conseillée. Beaucoup de gens craignent de déranger le prêtre « avec leurs problèmes », mais cet accueil spirituel des personnes est une dimension essentielle de sa mission. Pour ma part, je bouscule volontiers mon agenda pour en faire une priorité du moment, car cet accueil spirituel est une manière de me faire vraiment « tout à tous ». C’est aussi un beau moment de communion avec Dieu, car dans ces temps de rencontre, je cherche à écouter la personne non pas seulement avec mon cœur et mon intelligence, mais avant tout avec le cœur de Dieu. Et si je dois consoler, orienter, conseiller la personne, c’est encore avec le cœur de Dieu que je cherche à le vivre. La période qui précède Noël est l’occasion pour beaucoup de vivre une belle confession. Si certains y viennent bien volontiers, d’autres ne se sentent pas encore prêts. A ceux-là, je voudrais dire : « et si vous alliez seulement rencontrer un prêtre pour faire le point sur les joies et les difficultés de votre vie chrétienne ?! »

P. Gérald DJEBARDE, chapelain à Pontmain

Accueil spirituel aux sanctuaire de Pontmain

A quoi peut ressembler « l’accueil spirituel » dans un sanctuaire qui voit un mouvement important des foules, et qui vit du passage des pèlerins ? Au sanctuaire de Pontmain, nous vivons l’accueil spirituel dans une dynamique de rencontre faite d’ouverture avec les âmes dont le Seigneur Lui-même oriente les pas vers nous. En quelque mots et selon l’expression du Pape François, c’est une expérience de la « pastorale de l’oreille » qui est mise en place et qui nous permet de créer une réelle proximité avec les hommes et les femmes qui viennent à nous. Dans notre préparation à noël, nous attendons la venue d’un Dieu qui s’est fait proche de notre humanité. C’est cette proximité que nous traduisons en acte dans l’accueil spirituel, qui, je l’espère bien a toujours été un grand soutien pour ceux qui cherchent à donner un sens à leur vie au milieu des difficultés rencontrées.

Nous nous sommes finalement rendu compte que plus nous avançons vers Noël, plus le moral des gens baisse considérablement face à cette crise sanitaire qui est loin de laisser ces hommes et ces femmes que le Seigneur met sur notre chemin, vivre le dynamisme de leur foi chrétienne. C’est aussi devant cette baisse de moral que cette pastorale de l’oreille revêt toute son importance et son efficacité, mais la limitation des déplacements imposées par les mesures sanitaires, ne permettent pas aux uns et aux autres de profiter d’une pieuse oreille qui écoute. Notre charité dans ce sens s’est faite inventive, au point de trouver d’autres moyens pour permettre à ces âmes en détresse, de nous rejoindre. Au niveau du centre pastoral du sanctuaire, nos téléphones n’ont pas arrêté de sonner et il y avait toujours quelqu’un au bout du fil selon les plages horaires prévues à cet effet, pour prêter une oreille attentive aux gens qui sollicitent notre aide spirituelle.

Ceux qui ont souhaités parler à un prêtre au téléphone n’ont pas été déçus par ce que nous n’avons pas hésiter et nous n’hésiterons pas de laisser nos coordonnées en ce qui concerne l’urgence d’un besoin spirituel, car il va de la vocation du sanctuaire de Pontmain de donner cette opportunité de ressourcement à ceux qui le désirent même à distance. Le temps de l’Avent que nous vivons est un temps du long désir, mais bientôt il prendra fin. Nous souhaitons que le Seigneur continue de creuser davantage dans le cœur de ceux et celles qui attendent sa venue, cet ardent désir de s’ouvrir à une oreille qui écoute, à travers des rencontres de partage, ou du sacrement de réconciliation, pour vivre toutes les consolations que nous apportent les promesses de Noël.

Durant le premier confinement, nous avions expérimenté comme tous les autres prêtres, la douleur de nous séparer des pèlerins par l’interdiction des rassemblements. Depuis cette épreuve, beaucoup ne s’en étaient pas remis, et le constat général dans un lieu de piété populaire comme le nôtre, c’est cette rencontre avec des âmes chrétiennes qui vivent une conviction forte, même si, elle n’est pas partagée par tout le monde. En plus des efforts que nous faisons pour rendre possible les célébrations au sanctuaire, nous avons rencontré pas mal d’incompréhensions et de résistances devant la conviction de certains de nos pèlerins qui sont devenues presque imperturbables.

Qu’est-ce qu’un prêtre peut ressentir en voyant un fervent chrétien refusé de recevoir le Christ qui se donne dans l’eucharistie, peu importe la manière dont il se donne ? C’est une très grande souffrance pour le prêtre, ainsi que pour le chrétien chez qui, le Christ s’invite, mais finalement ne se fait pas accueillir. Il y a déjà deux semaines que nous avons commencé le temps de l’Avent qui nous prépare à accueillir ce Dieu qui se donne à nous dans l’eucharistie, mais qui est venu dans l’histoire de l’humanité par la naissance de l’enfant Jésus. C’est aussi dans cet instant d’épreuve sanitaire que nous avons commencé cette préparation.

Un besoin d’une catéchèse urgente s’impose à nous dans la mesure où nous continuerons à voir certaines âmes pieuses demeurées loin de l’eucharistie, en supposant se préparer à accueillir Jésus à Noël. Pourtant, ce n’est pas nous qui avions imposé à Dieu la manière de se donner à nous dans la personne de son Fils. Autrement dit, ce n’est pas nous qui avions choisi la voie de l’Incarnation par laquelle nous avons été sauvés. Missionnaires oblats, nous sommes envoyés pour évangéliser, les pauvres en mettant en lumière la gloire de Dieu et le salut des âmes confiées à notre miséricorde pastorale, comme aimaient à dire notre Père fondateur et le Pape François. Et la gloire du Seigneur chantée par les Anges et que nous allons reprendre à Noël, c’est justement cette gloire qui se révèle dans sa volonté libre de se révéler à nous dans un petit enfant.

Avec la levée de la limitation des déplacements, profitons de ces moments d’accueil spirituel au sanctuaire de Pontmain, pour mieux entrer dans le mystère de la Nativité

Les Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur, Arquenay

Actuellement, nous vivons une période de reconstruction de notre maison communautaire, si bien qu’en attendant la fin des travaux nous occupons la maison destinée à l’hôtellerie ! Cela veut dire que malheureusement pendant quelques mois nous ne sommes pas en mesure d’accueillir des personnes de passage à Arquenay. Cependant, nous attendons le moment propice pour continuer cette expérience heureuse de l’accueil qui est pour nous une belle mission mariale où Dieu appelle à se faire proche de toute personne, comme la Vierge Marie l’a vécu elle-même.

Au moment où nous fêtons Noël, nous sommes tous invités à nous accueillir les uns les autres dans un mouvement réciproque de charité et de bienveillance ! Nous disposer à accueillir le Tout Autre qu’est Dieu fait homme entraîne à nous accueillir tous les uns et les autres !

Oui, « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Il a donné sa vie et envoyé son Esprit pour nous diviniser. Voici l’admirable échange dans ce beau mystère de Noël ! Ayons toujours ce désir de vivre cela en étant des artisans de paix, d’unité et de justice !

Témoignage des Petits Frères de Marie, Mère du Rédempteur

L’Avent est ce temps de préparation à la fête de Noël et malgré les conditions actuelles, la communauté des Petits Frères de Marie (la Cotellerie) se réjouit de pouvoir accueillir des hôtes (individuels ou familles seulement) qui désirent passer quelques heures ou quelques jours dans notre Prieuré pour vivre un moment spirituel

Noël : Dieu se fait petit enfant, couché dans une mangeoire d’animaux pour se faire notre nourriture et nous dire son grand amour.

C’est dans cet esprit de la Nativité que vous pouvez venir passer un petit moment avec les Frères en participant à notre liturgie, mais aussi en partageant un repas avec la communauté et peut-être même en demandant d’être hébergé vingt quatre heures ou plus suivant les possibilités. Venez vivre ce recueillement spirituel, dans l’esprit de la crèche, dégagé de tout souci.

Se laisser tourner vers le Christ par Marie pourra vous conduire tout naturellement vers un prêtre ou un frère à qui vous pourrez exprimer vos joies, vos peines et même vos souffrances. Jésus sait tout cela mais lui dire, à travers la médiation du prêtre ou du frère, c’est traduire que vous voulez être dans sa plus grande intimité, c’est lui dire que vous l’aimez de tout notre cœur.

Que la Vierge Marie qui est toute espérance nous blottisse dans le Cœur de Jésus.