Les catéchistes observent depuis plusieurs années une évolution de la pratique religieuse des enfants et des adolescents, avec ce constat douloureux : 80% des enfants arrêtent la catéchèse après leur première communion. Elisabeth Jacob, responsable du service de Catéchèse du diocèse, nous fait part des réflexions et des chemins mis en œuvre pour une préparation au sacrement de l’Eucharistie toujours plus adaptée aux nouvelles générations !

 

Ce temps de pandémie, et de confinements à répétition, a mis à mal la préparation à la 1ère communion dans nos paroisses. L’an passé, la décision concernant la tenue de célébrations de 1ère communion était relativement simple à prendre, la plupart d’entre nous prenant la décision de reporter à l’automne ou à l’année suivante afin de prendre bien le temps de préparer les enfants. Malheureusement, à cette époque nous pensions vraiment que tout pourrait reprendre à l’automne 2020… c’était sans compter sur deux re-confinements qui allaient mettre à mal la catéchèse.

Je salue ici le travail remarquable d’ingéniosité des catéchistes, des curés pour ne pas perdre le lien avec ces familles qui étaient très éprouvées par ces annulations et reports successifs. Et ce, malgré leur propre fatigue car, il faut le reconnaître, voir tout et tout le temps reporté, annulé, à modifier… c’est usant ! S’ajoute à cette fatigue, la grande tristesse de ne pouvoir prendre soin, comme on le voudrait du plus profond de nos cœurs de catéchistes, des enfants et de leur famille pour les accompagner vers ce sacrement qui est une rencontre d’Amour avec le Christ. Et une telle rencontre d’Amour, ça se prépare, ça se vit, ça demande du temps et de l’intériorité.

L’importance de la préparation à la 1ère Communion

Ces imprévus successifs ont permis de prendre conscience de façon encore plus vive, si c’était possible, de l’importance de la préparation à la 1ère communion. Et nombre de paroisses de notre diocèse désirent se saisir de tout ce qui vient de se passer pour mener une réflexion sur cette préparation au sacrement de l’Initiation qu’est l’Eucharistie. Loin du découragement, c’est plein d’espérance que le Service diocésain de Catéchèse s’engage dans l’accompagnement de toute cette réflexion auprès des paroisses. Les Services diocésains de Catéchèse de toute la province de l’Ouest planchent sur la question d’ailleurs.

Avant la pandémie, les paroisses constataient une baisse, dans certains lieux, significatif, des demandes de 1ères communions. La baisse était notable dans les établissements catholiques. Les questions se posaient donc déjà. Mais les confinements successifs ont accéléré la réflexion en quelque sorte.

etape 1ere communion 11.2017

La première communion : le début d’une grande histoire

Avant toute cette période trouble, il y avait déjà une constatation depuis plusieurs années, constatation douloureuse : la catéchèse s’arrêtait après la 1ère communion pour plus de 80% des enfants catéchisés, et cette tendance semblait impossible à inverser, elle semblait inexorable. On pourrait dire que le point de départ de la réflexion est celui-ci. Comment faire, comment vivre autrement cette préparation afin que la 1ère communion ne soit pas le diplôme de fin de formation mais bien le début d’une grande histoire avec le Christ, avec la communauté chrétienne ? Le Pape François aime à nous rappeler que « le catéchiste est appelé à exercer sa compétence (…) de la première annonce qui introduit au Kerygme, à l’instruction qui fait prendre conscience de la vie nouvelle dans le Christ et prépare en particulier aux sacrements de l’initiation chrétienne, jusqu’à la formation permanente qui permet à tout baptisé d’être « toujours prêt à répondre à quiconque demande raison à l’espérance qui est en vous » (1 P 3,15) » Extrait du Motu Proprio Antiquum Mysterium.

Sacrement de la première communion à Notre-Dame-en-Coëvrons.
©diocesedelaval.fr

Éveiller le désir de l’Eucharistie

Le chantier qui s’ouvre à nous est passionnant et soulève les questions suivantes : comment éveiller le désir de communier chez les enfants ? Comment favoriser la rencontre personnelle avec Jésus qui se donne ? Comment toucher les familles, car ce sont bien les familles entières qui sont concernées par la 1ère communion d’un des leurs ? Comment impliquer la communauté dans l’accompagnement de ces enfants et de leur famille ? Comment faire découvrir l’Eucharistie afin qu’elle devienne un rendez-vous indispensable dans la vie de l’enfant et de sa famille ? Comment laisser le temps à la préparation, sortir en quelque sorte des « deux ans de validation » ? Et bien d’autres questions encore…

Ayons la joie au cœur de tout ce que cela bouscule ! Ayons la joie au cœur de contempler que Dieu compte sur nous pour éveiller de plus en plus tous ses enfants à son Amour !