A propos des textes de ce sixième dimanche de Pâques
Ac 8,5-8.14-17 ; Ps 65 (66) ; 1 P 3,15-18 ; Jn 14, 15-21.

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements… »

Une phrase toute simple. Une phrase qui dit tout.
Et pourtant, il n’y a que la grâce de Dieu qui peut nous aider à la comprendre, en vérité…

Notre expérience du péché
est souvent lue comme infraction à la loi, aux commandements.
Et d’une certaine façon, on a raison…

Mais il faut aller plus loin : là où nous sommes fragiles,
là où nous avons peur d’être rejoints, dans le tabernacle de notre cœur,
dans le coffre-fort de notre intimité.

Il faut aller plus loin, en amont de nos fautes et de nos manquements,
à la source de nos refus d’aimer, là où Dieu lui-même nous appelle,
là où bien souvent nous refusons de lui répondre,
là où bien souvent nous refusons de nous donner…

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements… »
Si nous ne sommes pas fidèles à tes commandements, Seigneur,
c’est que, en vérité, là où se joue la vérité de notre être, nous ne t’aimons pas…

« Mon Dieu, je ne vous aime pas… »
Voilà une belle prière, la prière du pécheur qui sait que si l’amour en lui s’épuise,
si la source – qui est l’Esprit de Dieu présent en nous – semble se tarir,
c’est parce que sans le dire, au-delà des mots,
dans le silence inaccessible de notre cœur,
nous avons peut-être fermé la porte à Dieu.

Alors surgit cette prière de saint Paul, pauvre et exigeante à la fois :
« Ayez une conscience droite.
Il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c’était la volonté de Dieu,
que pour avoir fait le mal… »

Et nous voilà surpris, démunis, pauvres ou révoltés
devant cet amour de Dieu,
cet appel à aimer jusqu’au bout, qui tranche avec notre tiédeur.

Cet appel de Dieu rencontre en nous si peu de réponse,
et nos manquements nous renvoient à notre propre pauvreté…

Comment se fait-il que je progresse si peu ?
Comment se fait-il que je n’arrive pas à supporter
mon voisin, mon frère, ma sœur, ma femme ou mon mari ?

Comment se fait-il que j’aie peur,
peur de l’avenir, peur des autres, peur de l’inconnu, peur de moi ?…

Saint Jean, aujourd’hui nous confie une autre Parole de Jésus :
« Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur, qui sera pour toujours avec vous. »

Ce Défenseur, c’est l’Esprit Saint qui est au cœur de notre foi !

Il n’y a pourtant pas d’autre moyen de grandir comme enfant de Dieu
que d’accueillir en nous l’Esprit de Jésus.

Cet Esprit Saint,
nous l’invoquons dans tous les sacrements et tout particulièrement au baptême.
Alors pourquoi l’appelons-nous si peu à l’aide dans notre prière personnelle ?

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements.
Moi, je prierai le Père
et il vous donner un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

Viens, Esprit de sainteté, viens, Esprit de lumière,
Viens, Esprit de feu, viens nous embraser.

1 Viens, Esprit du Père, sois la lumière,
Fais jaillir des cieux ta splendeur de gloire.

2 Viens, onction céleste, source d’eau vive,
Affermis nos cœurs et guéris nos corps.

3 Esprit d’allégresse, joie de l’Église,
Fais jaillir des cœurs le chant de l’Agneau.

4 Fais-nous reconnaître l’amour du Père
Et révèle-nous la face du Christ.

5 Feu qui illumine, souffle de vie,
Par toi resplendit la croix du Seigneur.

6 Témoin véridique, tu nous entraînes
À proclamer: Christ est ressuscité !