Instituée  en 1997 par le pape Jean Paul II, la journée de la Vie consacrée a lieu chaque année le 2 février, en la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Nous sommes donc invités à prier pour ceux qui consacrent leur vie à Dieu.

La vie consacrée recouvre traditionnellement différentes formes de vie  : la vie religieuse apostolique, monastique et missionnaire, les Instituts séculiers, les sociétés de vie apostolique, les ermites, l’Ordre des vierges consacrées et les veuves consacrées.

Pourquoi consacrer sa vie à Dieu en choisissant le  Carmel ? Il faut un attrait pour l’oraison, notre spécificité : Comme dit sainte Thérèse d’Avila « L’oraison  est  un commerce d’amitié où l’on s’entretient souvent, seul à seul, avec ce Dieu dont on se sait aimé ». C’est « se tenir devant Dieu pour tous ». Et le prophète Elie nous y invite fortement: « Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens »  et « Je brûle d’un zèle jaloux pour le Dieu de l’univers » Etre là pour Dieu et pour les autres.

La vie consacrée suppose une « mise à l’écart » « passer du monde profane au monde sacré ». Oui « se mettre à l’écart » et pourtant continuer à aimer ce monde pour lequel Jésus s’est incarné et qu’Il est venu sauver.

N’oublions pas que tout chrétien est consacré en raison de son baptême. Et il est appelé à vivre la radicalité de l’Evangile. Toutefois ceux qui professent les conseils évangéliques par les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance suivent le Seigneur en vue du Royaume à venir,  en « ayant  les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments  que  le Christ (cf Phil 2, 2). Si elle  ne concerne pas la structure hiérarchique de l’Église, la vie consacrée appartient à sa vie et à sa  sainteté.  (cf LG 44)

 

Et au Carmel ?

Dans notre vie intégralement contemplative, la consécration religieuse ne se fait qu’au bout de quelques années d’approfondissement, de discernement, dans le dialogue avec les responsables sous le regard de Dieu et celui de la communauté.  C’est ainsi que sr Claire Ruhamah[1], répondant à l’appel du Seigneur, après une année de postulat, a revêtu l’habit de carmélite, peu avant Noël 2020, manifestant ainsi son désir de poursuivre son chemin dans notre  communauté.

Notre apostolat premier est celui de la prière, dans une proximité de vie avec le Seigneur.  Dans la solitude et dans le silence, par l’oraison et l’écoute de la Parole de Dieu, par l’Eucharistie et la liturgie des Heures, par l’ascèse personnelle, le travail et une vie fraternelle  en communauté, nous orientons toute notre vie et notre activité vers la contemplation de Dieu.

 

« Se tenir devant Dieu pour tous » Voilà notre mission.

Dans notre monde marqué par un certain individualisme et dans un contexte actuel sanitaire de distanciation, nous avons conscience d’aller à contre-courant en vivant en communauté dans un même lieu avec  les mêmes sœurs sans échappatoire possible. La vie confinée, nous la connaissons mais nous l’avons choisie. La vie contemplative est pour le  monde ce que sont les racines pour l’arbre. Les racines, nous ne les voyons pas mais l’arbre en a besoin.

Le 2 février est l’occasion de rendre grâce au Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, pour les divers visages qui la représentent dans notre diocèse. C’est aussi  le moment de célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en nous. Pour cela nous sommes conviées à réfléchir sur le don reçu, à découvrir le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans notre forme de vie, à prendre conscience de notre mission incomparable dans l’Eglise pour la vie du monde.

Cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite.

Soeur Patricia

[1] Ruhamah d’origine hébraïque  signifie « La tendrement aimée » ou « la Miséricordiée » (= celle à qui on a fait miséricorde)