Les chrétiens de la Mayenne ont rendez-vous samedi 19 et dimanche 20 mai pour l’ouverture officielle du synode diocésain. De la Pentecôte 2018 à la Pentecôte 2020, tous seront invités à réfléchir ensemble par petites équipes, et à répondre à l’appel de l’évêque qui a besoin de tous pour prendre les bonnes décisions sur l’avenir de l’Eglise diocésaine.

Il sera 18h30, ce 19 mai 2018 et les cloches de la cathédrale vont sonner fort. Le lendemain, le synode sera ouvert dans toutes les églises et communautés de la Mayenne où seront célébrées les messes dominicales. Date historique pour le diocèse de Laval pour une événement inédit. C’est une date historique en effet puisque c’est le tout premier synode diocésain grand ouvert à la population. Depuis sa création en 1855, le diocèse de Laval, a bien connu des synodes, mais tous n’ont rassemblé que les prêtres. Voilà qui est donc fait, à l’initiative de l‘évêque de Laval et de son conseil épiscopal ;  et qui sera largement rattrapé !

L’évêque a besoin de nous

« J’ai besoin de vous, je vous donne la parole, prenez-la ». Cette parole offerte à tous les croyants de la Mayenne par Mgr Thierry Scherrer, s’appuiera pendant tout le synode, sur une parole de Dieu dans la Bible : « Tu as du prix à mes yeux… »*. Sommes-nous prêts à y répondre ? Pendant deux ans, des équipes de 4 à 7 personnes vont se réunir partout en Mayenne : 3 ou 4 fois ou plus, si elles le désirent…  Vous pouvez déjà y penser : en fonder une ou en rejoindre une !

Pratiquants ou non, nous pourrons nous accueillir sans jugement, écouter, échanger et partager. Nous pourrons dire ce que nous attendons de l’Eglise, comment nous la voyons dans les années à venir…

A la fin du synode, Mgr Thierry Scherrer proposera des orientations concrètes pour la vie et la mission de l’Eglise. Elles seront le fruit de notre réflexion. Des orientations pour que notre vie intérieure, notre foi et notre espérance portent un visage renouvelé, encore plus joyeux et plus simple.

*Du livre d’Isaïe, 43,4

Participez à la marche des jeunes du samedi 19 mai

Les jeunes marcheront samedi 19 mai 2018 depuis St-Joseph-des-Champs à Entrammes, jusqu’à la cathédrale, au rythme des chants, de temps de réflexion, de prière et aussi… de silences ! Rendez-vous à 15h aux 12-25 ans, avec de bonnes chaussures et leur bonne humeur !

Après la messe la soirée continuera par un temps festif* autour d’un repas partagé à 20h  à la Maison diocésaine 10 rue d’Avesnières. Partagé veut dire que l’on apporte son pique-nique ou plutôt que l’on apporte quelque chose à partager ! Ce qu’on veut !!!

Informations et inscriptions : Pastorale des jeunes : jeunes@diocesedelaval.fr — 02 43 49 54 83  ou : catechese.ados@diocesedelaval.fr

*Participation 5€

Un événement historique et inédit

Le Père Roland Courné à fait des recherches. Effectivement, c’est bien le tout premier synode en Mayenne, qui concerne tous les Mayennais. Une grande consultation publique, dont tous les éléments seront lus, dépouillés et soumis aux autorités.

L’annonce du synode du diocèse de Laval, qui ouvrira à la Pentecôte 2018, fait dire à certains : « c’est une chose nouvelle, on n’a jamais connu cela dans le diocèse ». Cette affirmation est fausse, car notre diocèse, depuis sa création en 1855, a  célébré plusieurs synodes. Les documents nous parlent d’au moins quatre synodes tenus en 1859, en 1913, en 1940, et en 1951.  Pour les deux premiers, je n’ai pu trouver de compte-rendu, pour ceux de 1940 et de 1951, le diocèse a les documents qui ont été publiés suite à ces synodes,  avec comme  titre : « Statuts Synodaux ».

Un petit rappel avant de voir ces deux synodes de 1940 et de 1951.  Les synodes diocésains  ont été institués au V et VIe siècles pour maintenir le lien entre l’évêque et son presbytérium (l’ensemble des prêtres) lorsque celui-ci a été dispersé pour desservir les communautés de fidèles, éloignées de la résidence de l’évêque. Le concile de Latran, en 1215, ordonne aux évêques de célébrer un synode diocésain, chaque année. Le concile de  Trente   (1545-1563)  fait la même recommandation. La Révolution de 1789 a rendu l’organisation des synodes quasiment impossible. La pratique des synodes en France a recommencé surtout à partir de 1848.  Le code de droit canon de 1983 parle de façon précise des « synodes diocésains ». Le synode que nous allons célébrer s’inspire des orientations qui ont été données par l’Eglise depuis le concile Vatican II  (1962-1965)

Jusqu’au concile  Vatican II, les synodes sont surtout des chambres d’enregistrement où les vœux et les observations des participants sont peu pris en compte. Les synodes sont surtout alors des organes de rédaction et de publication des statuts synodaux, qui sont des textes assez juridiques qui dictent le comportement des clercs, la façon d’administrer les sacrements, de vivre la vie chrétienne. Les participants des synodes sont uniquement des prêtres. Ce qui est dit, concerne tout le peuple chrétien, mais les fidèles laïcs ne participent pas à l’assemblée synodale.
A partir des deux textes publiés, intitulés : « Statuts synodaux » et à partir de la « Semaine religieuse », voici ce que l’on peut dire des synodes du diocèse de  Laval, tenus en  1940 et 1951.

Le synode de 1940


Un synode avait été prévu par Mgr Paul Richaud, évêque de Laval, en 1939. Il devait avoir lieu les 25-26-27. La déclaration de la guerre a fait qu’ il n’ a pu avoir lieu. Le travail a continué sur  les futurs statuts. Il a été décidé que le synode se réunirait sur une seule journée, le 28 mars 1940. Le lieu choisi, fut l’école du Sacré-Cœur, rue Hydouze à Laval. Il y a eu un temps de prière, le matin, une introduction de l’évêque, et une séance de travail. L’après-midi,  seconde séance de travail sur les textes et prière d’action de grâces. L’ensemble des travaux a donné lieu à une publication  ainsi intitulée : «  Diocèse de Laval, STATUTS  SYNODAUX » promulgués par Son Excellence  Mgr Richaud, évêque de Laval, 1940.  Il y a quatre  parties dans ce document. Après une brève introduction, on parle, du clergé, du culte divin, des sacrements et enfin de certains problèmes particuliers au niveau du droit.  Il y a aussi plusieurs annexes, dont une sur le  « denier du culte «  l’ancêtre de notre « denier de l’Eglise ». On y trouve cette affirmation, toujours valable :  « Le « denier du Culte » n’est ni une aumône, ni une offrande facultative : c’est une rigoureuse obligation de justice, une véritable dette, à la différence des œuvres de bienfaisance, de piété, d’éducation  qui s’adressent à la charité »  Il devait y avoir une centaine de prêtres à participer. Il est mentionné : l’évêque, ses vicaires généraux, les supérieurs des ordres religieux habitant sur le diocèse, le chapitre de la cathédrale, 34 chanoines, et 32 prêtres délégués des doyennés.

Le synode de 1951

On en parlait en 1949, il devait avoir lieu en avril 1950, mais Mgr Paul Richaud a été nommé archevêque de Bordeaux. Son successeur, Mgr Maurice Rousseau a décidé de convoquer un synode diocésain qui a eu lieu  les 12-13-14 novembre  1951 au Grand Séminaire de Laval, rue Jean Macé. Durant ces trois jours les participants-environ 120 prêtres- ont revu les statuts synodaux de  1939 pour procéder à un ajustement, en tenant compte de la situation du monde et de l’Eglise. Le plan est un  peu le même que celui de 1939, même si les titres sont différents. Un premier livre, très bref, traite des Règles générales, le  second livre aborde la question des personnes. Le troisième livre qui concerne les sacrements, est intitulé, curieusement : «  Des choses ».  Le dernier livre reprend la question des délits et des peines.   La grande nouveauté est qu’il y a toute une partie consacrée aux laïcs, avec  deux chapitres, le premier ayant pour titre : « De l’action catholique », le second « « Des  œuvres ». On  écrit à propos de l’Action Catholique : « L’Action Catholique agit soit sur le milieu paroissial, et c’est l’Action catholique générale, soit sur le milieu de vie (ouvrier, rural, indépendant…) et  c’est l’Action Catholique spécialisée ». Dans le chapitre dont le titre est « Des œuvres », on traite  de la Légion de Marie, du scoutisme et du guidisme, des divers services sociaux catholiques.  On parle aussi des patronages, des sociétés sportives et de la  presse catholique.. et de l’œuvre saint André pour les vocations sacerdotales…

Père Roland Courné