Voici un communiqué de Sœur Geneviève Médevielle, Commissaire apostolique de la Congrégation des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur.

Que se passe-t-il dans cette congrégation ? Qu’en est-il  aujourd’hui ?

La Congrégation des Petites Sœurs de Marie est un institut religieux de droit diocésain (diocèse de Laval).

En 2010, à l’issue d’une première visite canonique effectuée par Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval, au sein de la Congrégation des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur, les responsables de l’Institut ont été alertés sur des questions importantes concernant l’exercice de l’autorité et la liberté des personnes au sein de la Congrégation. Depuis, des désaccords profonds ont surgi entre la Congrégation des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur et Mgr Scherrer, Évêque de Laval, leur Supérieur ecclésiastique, au sujet du gouvernement exercé dans la congrégation.

 

D’autres personnes ont-elles constaté des dysfonctionnements ?

Une visite canonique de novembre 2016, accomplie par des experts extérieurs, a débouché sur les mêmes conclusions.

 

Que viennent faire les EHPAD dans cette histoire ?

Les questions déjà anciennes au sein de la Congrégation des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur ont aujourd’hui des conséquences sur ses œuvres, notamment sur la question des EHPAD, survenues assez vite après la mise en place en 2014 de l’association Myriam-Saint-Fraimbault, association fusionnée qui regroupe les trois EHPAD de l’Institut des Petites Sœurs de Marie et celui des Sœurs de l’Immaculée Conception de Saint-Fraimbault.

Le cœur des difficultés n’est nullement les EHPAD mais le gouvernement à l’intérieur de la Congrégation.

 

Quelles suites ont été données ?

La Congrégation romaine pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique a pris le relais du diocèse de Laval (qui n’a donc plus aucune autorité depuis 2017) et a nommé Sœur Geneviève Médevielle, Sœur auxiliatrice, Commissaire apostolique de la Congrégation des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur. Le motif de ce commissariat réside dans de « graves difficultés en matière de gouvernement et de vie interne de l’Institut ». Le rôle de Sœur Geneviève ne consiste pas à enquêter sur la congrégation, mais à exercer temporairement le gouvernement de la congrégation en vue d’un retour à sa pleine autonomie. Il n’est pas reproché aux sœurs leur style vestimentaire ni leur charisme.

 

Alors qu’est ce qui justifie le départ des sœurs ?

Certaines Petites Sœurs ont, dans un premier temps, refusé de recevoir la commissaire. Puis après que Sœur Geneviève a visité leurs différentes communautés au début de l’été 2018, les sœurs ont décidé de manière unilatérale d’arrêter la mission de Sœur Geneviève et d’organiser un Chapitre pour nommer une nouvelle supérieure, Chapitre qui n’est pas canoniquement valide.

Elles ont ensuite demandé à être relevées de leurs vœux. Le Saint-Siège leur a répondu en insistant sur la gravité et les conséquences de leur demande. Elles ont maintenu leur demande.

Ces sœurs ont ensuite demandé de nouvelles médiations mais ont refusé les personnes désignées pour les rencontrer.

L’Église, ne pouvant retenir contre leur gré des religieuses ou encore ne pouvant accepter des modes de gouvernement contraires à l’esprit de l’Évangile ou au bien des personnes, a donc accordé le départ de 29 sœurs sur 35, en leur accordant un délai de rétractation. A l’issue de ce délai de rétractation, la congrégation est dorénavant composée de 6 sœurs.

 

Que va devenir le patrimoine des sœurs ? est-il vrai que le diocèse de Laval va le récupérer ?

– Les biens de la congrégation appartiennent toujours à la congrégation, qui n’est pas dissoute. C’est-à-dire aux 6 sœurs restantes. Donc aucunement au diocèse de Laval.

– Le gouvernement de cette congrégation ne dépend plus du diocèse de Laval mais du Saint-Siège. Sœur Geneviève MEDEVIELLE, commissaire apostolique, n’agit pas sous la responsabilité du diocèse de Laval, qui n’a plus droit de juridiction.

– La congrégation est reconnue par l’État. En tant que telle, ses biens et ses comptes sont soumis. Ainsi « Le statut de congrégations, s’il confère les mêmes avantages fiscaux que ceux des associations cultuelles, entraîne aussi d’importantes obligations, les congrégations étant placées sous la tutelle du préfet pour toute opération patrimoniale. » cf. https://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/etat-cultes-laicite/separation-eglises-etat/

– « La dissolution de la congrégation ou la suppression de tout établissement ne peut être prononcée que par décret sur avis conforme du Conseil d’État. » (Article 13 de la loi du 1er juillet 1901). Les biens doivent être redistribués, sous la responsabilité du Conseil d’État, à des associations de même objet. Donc pas à un diocèse.

 

De quoi vont vivre les anciennes sœurs ? Vont-elles être à la rue ?

Selon les normes de la CORREF, tout départ de religieux est accompagné par sa congrégation qui lui donne les moyens de reprendre pied dans la vie civile. Ce sera bien entendu le cas. Ainsi si des pensions sont destinées à des sœurs pour leur travail passé, elles leur seront directement versées mais encore, il leur sera donné les moyens financiers d’assurer leur subsistance durant quelque temps. A cet effet, Sœur Geneviève Medevielle a demandé les éléments nécessaires à un bilan financier.

En attendant, les sœurs continuent d’habiter leurs anciennes résidences.

 

Les propriétés de la Haute-Garonne et de la Mayenne vont-elles être vendues ?

C’est seulement à l’issue de l’établissement du bilan financier qu’il pourra être envisagé l’avenir des biens. Par ailleurs la congrégation est reconnue par l’État, elle est placée sous la tutelle du préfet pour toute opération patrimoniale.

La gestion et la cession des biens de la Congrégation sont donc encadrées par la législation française.

 

Et les six sœurs restantes peuvent-elles les donner au diocèse de Laval ? Et si jamais ces sœurs âgées disparaissaient, que deviendraient les biens ?

La dissolution de la congrégation ou la suppression de tout établissement ne peut être prononcée que par décret sur avis conforme du Conseil d’État. Les biens doivent être redistribués, sous la responsabilité du Conseil d’État, à des associations de même objet. Donc pas à un diocèse.

 

Ce départ est-il une victoire pour l’Église ?

Non, c’est avec une grande tristesse que l’Église constate que, malgré de nombreux efforts de médiation, aucune solution n’a pu être trouvée. Toutefois l’Église ne peut accepter des dérives de gouvernement dans les congrégations dépendant d’elle.