Samedi 26 novembre 2022 a eu lieu l’inauguration et la bénédiction des locaux entièrement rénovés du séminaire inter diocésain Saint-Jean des Pays de la Loire à Nantes. Actuellement deux séminaristes y sont en formation pour le diocèse de Laval. Rencontre avec Jean-Michel Sartre, en quatrième année.

 

Rénovation de la chapelle et du séminaire Saint-Jean à Nantes

Le séminaire Saint-Jean, à la faveur d’une rénovation des locaux, est passé d’un modèle type internat  à un fonctionnement plus familial. Le bâtiment comprend à présent sept fraternités : des appartements qui accueillent cinq ou six séminaristes, en mêlant les années de formation et les diocèses d’origine. 

 

V F : Comment fonctionne désormais le séminaire ?
J-M S : Chacun des sept logements ou « fraternités » est composé d’une cuisine et d’une vaste pièce de vie, d’un espace de coworking, d’une buanderie, et de chambres individuelles assez petites pour inciter les séminaristes à partager l’espace commun. Par exemple, le mardi soir nous nous retrouvons en fraternité pour partager un temps de prière. Nous vivons ainsi une vie fraternelle plus engagée, sans doute plus exigeante. Il ne s’agit pas de vivre les uns à côté des autres mais de se soutenir, de s’élever mutuellement par des échanges, des discussions. Ce n’est pas une colocation. On ne se choisit pas.

V F : Vous allez être appelé à vivre en paroisse. Avez-vous déjà des responsabilités sur le terrain ?
J-M S : Une semaine sur 2 nous passons du temps en paroisse. Damien Roueil également séminariste pour le diocèse de Laval est attaché à la paroisse de Craon et moi-même je vais à Meslay du Maine.

 V F : Est-ce une première dans l’organisation des séminaires de France ?
J M S : Le séminaire de Lyon a déjà réalisé un changement de cet ordre. A Paris, le séminaire est composé de plusieurs maisonnées en paroisses. A Nantes, la dynamique de la grande communauté est conservée pour les offices, les repas et les cours. La « fraternité » prend le relai et favorise une vie ensemble avec les joies et les exigences que cela impose. Chacun prend sa part dans la vie quotidienne : courses, préparation des repas, ménage…

Cette nouvelle organisation induit une nouvelle pédagogie. Il s’agit de mettre en valeur l’aspect humain de la formation des futurs prêtres. On s’attache à développer quatre niveaux de de la personne : humain, intellectuel, pastoral et spirituel. On ne parle plus de cycles de formation mais d’étapes de maturation. Chaque étape développe des éléments de maturité humaine et spirituelle. La vie fraternelle au séminaire est le levier le plus important de la formation humaine. Les séminaristes témoignent « avant on vivait les uns à côté des autres, aujourd’hui on vit ensemble. On partage les bons et les mauvais moments et on grandit humainement et intérieurement ».