Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

Joyeux Noël, un Noël riche de sens, un Noël humble avec les ukrainiens dans le cœur et tous ceux qui peinent, un Noël de la joie et le bonheur de la rencontre, en pensant à tous ceux qui n’auront pu rejoindre leurs familles, faute de moyens de transports.

Nous avons ajouté le mot-message ACCUEILLIR devant l’autel, après les mots VEILLER, PREPARER, ESPERER, ECOUTER. Que le Seigneur nous donne d’accueillir la vie, les événements de la vie, Noël, et, présentement, la grâce du pardon…

Homélie : Is 52, 7-10 ; Ps 97 ; Heb 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18

Chers amis, la grâce de Noël,

C’est la crèche, c’est l’avènement de Jésus dans l’histoire des hommes qui nous fait compter en avant et après Jésus-Christ, c’est la venue de Dieu dans l’histoire en prenant la condition humaine : le Très-Haut qui se fait le Très-bas afin de nous associer à sa vie divine, afin de faire entrer notre temps dans son éternité. Notre Dieu est le Dieu de la vie. Pour dire cet immense mystère, St Jean écrit : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ». Le mot verbe peut nous faire peur. Et pourtant, il nous rapproche de notre condition humaine. Ne sommes-nous pas habités de pensées conscientes/inconscientes, d’imagination, de souvenirs, d’affections, de désirs ! Si nous étions doués pour écrire, nous pourrions rassembler toutes nos idées en un livre. Avec Dieu, pas besoin d’un livre, il peut tout nous dire en un seul mot : son Verbe, sa Parole, sa Sagesse, c’est lui-même : «  Il est Dieu ; né de Dieu, lumière né de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré non pas créé ». Par son Fils lui-même, Dieu vient nous parler, en langage d’homme, avec des paraboles, avec les Ecritures, avec les sacrements, avec l’Eglise, avec les événements ….

La grâce de Noël, l’incarnation du Dieu qui se fait homme : « Il est né le divin Enfant », c’était hier, il y a 2000 ans….

La grâce de Noël, comme une 2e incarnation, c’est aujourd’hui, quand Dieu vient habiter en nous, chez nous, pour nous, avec nous : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu ».

 La grâce de Noël, c’est aujourd’hui, quand des hommes et des femmes de bonne volonté, se laissent saisir par cette ambiance de Noël, cet esprit de Noël : émerveillement, partage, famille, solidarité, paix…

La grâce de Noël, c’est aujourd’hui, quand la consommation effrénée laisse le pas à la sobriété qui rend heureux, quand l’attention personnalisée à l’autre dépasse toute valeur marchande des cadeaux…

La grâce de Noël, c’est aujourd’hui, quand la joie l’emporte sur toutes les autres, quand la joie qui traverse toutes les joies, est JESUS, Seigneur, Sauveur. Une résidente du foyer St Georges de l’Isle à St Fraimbault de prières me disait : « Le plus beau cadeau, c’est Jésus »

La grâce de Noël, c’est aujourd’hui, quand les chrétiens témoignent par leur vie, par leur engagement, que nous sommes faits pour la vie, la vie éternelle ; les représentants des religions en France (juifs, chrétiens catholiques, ou protestants ou orthodoxes, musulmans, bouddhistes) ont été écoutés très récemment par la convention citoyenne sur la fin de vie.  Tous ont insisté sur la naissance à la vie comme participation à la vie débordante de Dieu (sauf le bouddhiste pour qui la vie est d’abord le résultat de causes qui s’enchainent) ; tous « martèlent » la dignité de l’homme cad « la valeur imprenable de la vie » (la dignité ne va pas crescendo/decrescendo. Elle appartient à notre humanité) ; tous se satisfont de la loi Claeys-Léonetti (2016) à prolonger en développant partout les soins palliatifs ; tous savent la complexité de cette question et prônent l’ACCOMPAGNEMENT. Et si la vie naissante qui est cadeau éclairait la fin de vie comme un  nouveau passage vers la plénitude de la vie, passage nécessitant un accompagnement fraternel, comme lors du 1er passage pour venir à la vie. De passage en passage, de commencement en commencement !  

Chers amis,

La liturgie a l’art de nous faire vivre le présent avec toute la richesse du passé, celui d’hier, il y a 2000 ans cf l’Evangile, celui d’avant-hier, depuis le début de l’histoire : « A bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les monde » cf 2e lecture 

La liturgie a l’art de nous faire vivre le présent avec également toute la richesse de l’avenir : « Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux… » cf 2e lecture 

La grâce de Noël nous fait entrer dans l’éternité de Dieu, un présent, enrichi du passé et de l’avenir, un présent qui est un vrai présent, si on joue sur le mot, car c’est un cadeau. La grâce de Noël, c’est de vivre à fond l’instant présent avec Jésus, l’Emmanuel : Dieu-avec-nous, dans l’Eglise. La bienheureuse Sr Odette Prévost, petite sœur du Sacré-Cœur, assassinée en Algérie, le 10 novembre 1995, écrivait : « Vis le jour d’aujourd’hui, Dieu te le donne, il est à toi. Vis le en Lui. Le jour de demain est à Dieu, Il ne t’appartient pas. Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui. Demain est à Dieu, remets-le lui. Le moment présent est une frêle passerelle. Si tu le charges des regrets d’hier, de l’inquiétude de demain, la passerelle cède et tu perds pied. Le passé ? Dieu le pardonne. L’avenir ? Dieu le donne. Vis le jour d’aujourd’hui, en communion avec Lui. Et s’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé, regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité »

AMEN ALLELUIA MARANATHA