Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 23, 35-43)

En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :

« Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Homélie Fête du CHRIST ROI « C »   19-20 Novembre 2022

Aujourd’hui, au terme de l’année liturgique,

dans cette Fête du Christ, roi de l’univers,

c’est un visage et un chemin qui nous sont proposés.

Oui, c’est un Visage, un visage couronné d’épines, le visage d’un homme humilié, rejeté, abandonné. Le visage de Celui qui a épousé toutes les souffrances humaines et notre propre mort, se faisant solidaire de tous les hommes, y compris des plus rejetés, des plus abandonnés. Celui vers lequel tout homme, même le plus écrasé par la vie ou le plus pécheur, peut lever les yeux sans se sentir regardé de haut, jugé, condamné… Sur son Visage, nous découvrons un Dieu infiniment proche… Un Dieu qui ne cesse de nous répéter, comme au malfaiteur qui se tourne vers Lui avec confiance : « Aujourd’hui même, quelles que soient tes faiblesses, tes pauvretés, tes méchancetés. Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. Aujourd’hui même, ton cœur est rempli pour toujours de ma Vie et de mon Amour ».

Oui, aujourd’hui ce qui nous est montré c’est le Visage d’un Dieu dont la toute-puissance est celle de l’Amour, de la Tendresse et du Pardon. Un Dieu qui n’a qu’un désir : nous ouvrir tout grands ses bras et son cœur.

Mais c’est aussi un chemin qui nous est proposé. Nous aussi, nous sommes appelés à ouvrir tout grands nos bras et notre cœur à ceux et celles qui nous entourent, en particulier à tous ceux et celles qui se sentent petits, oubliés, rejetés, quand ce n’est pas jugés ou condamnés parce que tout n’est pas parfait dans leur vie.

 Par notre regard d’amour et d’espérance, par notre écoute et notre tendresse, nous avons à les aider à se relever, à retrouver confiance en eux et dans la vie. Nous avons à leur permettre de découvrir à quel point le Christ porte sur eux un regard d’amour, d’espérance et de tendresse. Combien ils ont du prix à ses yeux, même s’ils sont trop souvent considérés comme des « moins que rien » !

Et c’est bien là le sens profond de l’interpellation que nous adresse le Secours Catholique-Caritas France dont c’est la journée nationale. C’est bien sûr un appel à un soutien par des dons ou par un engagement bénévole à leurs côtés. Mais en même temps c’est un appel à les aider à mener leur mission d’être toujours plus « la révolution fraternelle » comme ils se définissent eux-mêmes, auprès de ceux et celles qui sont le plus oubliés, défigurés, exclus, privés de carte de séjour, de logement et d’emploi, qu’ils soient d’ici ou qu’ils aient dû fuir leur pays, leur continent pour essayer de survivre.

Ainsi, avec toutes les autres associations, confessionnelles ou non, qui mènent le même combat, les membres du Secours Catholique – Caritas France nous rappellent notre mission de baptisés : prendre et reprendre sans cesse le même chemin que le Christ, notre roi : faire de notre vie un don total et un service quotidien dans l’accueil, l’écoute, l’amour, le respect et la dignité de tout être humain… pour reconnaître dans le visage de tous les plus blessés de la vie, le Visage du Christ couronné d’épines, bras et cœur ouverts sur toute l’humanité.

Alors, quand nous aussi, nous arriverons au bout de notre propre chemin sur cette terre,

puissions-nous entendre le Christ nous dire, comme au malfaiteur en croix, qui se tourne vers lui avec confiance :

« Aujourd’hui même, tu seras avec Moi pour partager à tout jamais ma plénitude de Vie et de Lumière,

car tu as eu un cœur profondément ouvert aux autres, un cœur profondément fraternel, un cœur à la dimension de mon cœur ».

AMEN !

Père Bernard Trohel