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Belle fête de l’Epiphanie, avec les rois mages à ajouter dans nos crèches….

Belle fête de l’Epiphanie, avec la fameuse galette que nous nous apprêtons à manger en famille ou entre amis, aujourd’hui et peut-être à plusieurs reprises, au fil de ce mois de janvier

A la manière des mages, en ouvrant mes mains, je vous offre mes vœux, non pas avec de l’or de l’encens et de la myrrhe, mais comme ministre du Seigneur, de sa grâce. Dans le feuillet d’annonce, je vous exprime le vœu de vivre tout au long de l’année de la grâce du temps présent. Précisément, en ce début de célébration, accueillons la grâce du pardon qui va nous rendre plus disponible à la grâce de la Parole de Dieu, à la grâce de la communion, à la grâce d’une vie paroissiale fraternelle qui débordera en la grâce de partager la paix du Seigneur…..  

 Homélie : Is 60, 1-6 ; Ps 71 ; Ep 3, 2-3a.5-6 ; Mt 2, 1-12

Chers amis, naturellement, pour vos offrir mes vœux, je vous ai ouvert mes mains….

Les mages de notre fête de l’Epiphanie, eux, ont ouverts leurs mains pour offrir de l’or de l’encens et de la myrrhe….

Jeudi dernier, à l’occasion des funérailles du pape émérite Benoît XVI, notre pape François a fait une magnifique homélie, en filant l’image des mains : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » ( Lc 23, 46). Les mains du Fils remises entre les mains du Père, « des mains de pardon et de compassion, de guérison et de miséricorde, des mains d’onction et de bénédiction qui le poussèrent à se livrer aussi aux mains de ses frères……, des mains meurtries par amour : « Vois mes mains », dit-il à Thomas ( Jn 20, 27) ; et il le dit à chacun de nous, « Vois mes mains ». Des mains meurtries qui vont à la rencontre et ne cessent de s’offrir, afin que nous connaissions l’amour que Dieu a pour nous et que nous croyions en lui (cf. 1 Jn 4, 16) Cf. Benoît XVI, Enc. Deus caritas est, n. 1. Et de poursuivre : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » est l’invitation et le programme de vie qui inspire et veut modeler comme un potier (cf. Is 29, 16) le cœur du pasteur, jusqu’à ce que palpitent en lui les mêmes sentiments que ceux du Christ Jésus (cf. Ph 2, 5) »

Les mains sont plus que les mains,

les mains des enfants qui jouent, c’est la grâce de l’innocence,

les mains des adultes qui travaillent, c’est la grâce de participer à l’œuvre de la création,

les mains qui saluent, c’est la grâce des relations, nous qui avons été créés à l’image de Dieu relations : Père, Fils et Esprit-Saint,

les mains de la tendresse, de l’amour : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur et inquiet tant qu’il ne repose pas en Toi ». Tu nous as fait les uns pour les autres.

« Les mains fragiles » des prêtres qui célèbrent l’Eucharistie, les mains des fidèles laïcs, des religieux(ses) ! Je me souviens d’un geste qui m’aura bouleversé. Le jour de mon ordination, juste après la célébration, c’est une tradition, plusieurs personnes sont venues me demander une bénédiction spéciale, et sans rien me demander me prendre une main, « une main de bénédiction » pour l’embrasser. Cette foi populaire continue de me toucher. Ne nous y trompons pas, si les mains du prêtre reçoivent une onction/consécration spéciale de Saint Chrême, chaque baptisé reçoit le jour de son baptême une onction/consécration de Saint Chrême sur sa tête, et pas seulement les mains, pour signifier la consécration à Dieu de tout son être : « Tu es maintenant baptisé : le Dieu tout-puissant, Père de Jésus, le Christ, Notre Seigneur, t’a libéré du péché et t’a fait renaitre de l’eau et de l’Esprit-Saint. Désormais tu fais partie de son peuple, tu es membre du corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. Dieu te marque de l’huile du salut afin que tu demeures dans le Christ pour la vie éternelle. Amen ». Dans la foi, les prêtres pourraient embrasser vos mains, des mains de pardon : si le prêtre impose les mains avant d’absoudre, vous pouvez sceller la réconciliation avec vos frères, avec un geste de paix ; des mains de compassion : si le prêtre oint les frères et sœurs malades ou mourants, vous pouvez toucher le Christ à travers chaque homme ou chaque femme éprouvé ; des mains de bénédiction, quand dans l’exultation, nous levons les mains ou applaudissons ; des mains de joie, quand nous les agitons et que les gestes prennent le relais de nos mots trop étroits, trop limités, trop petits.

Chers amis, que nos mains ne ressemblent pas à celles d’Hérode qui montrent du doigt pour condamner, pensons au massacre des innocents, ni à celles des chefs religieux qui connaissent les prophéties mais ne sont pas prêts à s’engager ; ils sont symbolisés par des mains posés en avant, en opposition, qui disent : « Je ne veux pas ». Mais que nos mains soient comme celles des mages qui offrent de l’or, l’or de la royauté, de l’encens, l’encens de la divinité, la myrrhe, la myrrhe de l’ensevelissement des corps, les mains de la confession de foi, bien plus, bien mieux, les mains  de notre vie toute entière donnée, offerte, livrée, consacrée à Dieu et aux hommes. Vivons l’offrande de chaque jour, dans l’esprit de Sr Odette Prévost, martyre en Algérie en 1995, et béatifiée en 2018 : « Le passé ? Dieu le pardonne. L’avenir ? Dieu le donne. Vis le jour d’aujourd’hui, en communion avec Lui. Et s’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé, regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité ». Abordons cette année nouvelle, comme un cadeau : un présent, avec l’expérience du passé et l’audace des projets d’avenir, avec confiance, avec sérénité, avec détermination, avec espérance….

AMEN ALLELUIA MARANATHA