« Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

HOMELIE DU 1er DIMANCHE DE L’AVENT A Marc 13, 33-37

En ce premier dimanche de l’Avent, nous entrons dans  une nouvelle année liturgique, qui commence par un temps fort appelé L’Avent.  Du latin « Adventus », ce temps signifie avènement, avenue. Il s’agit donc de l’avènement de Jésus, qui nous engage à marcher vers Noël, dans l’attente vigilante, et qui nous prédispose à sa  venue.

Les trois lectures de ce jour nous parlent de cette attente. Dans la 1ère, le prophète Isaïe nous exprime son Ardent désir de la venue du Seigneur « Reviens dit-il, pour l’amour de ton serviteur et des tribus qui t’appartiennent. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi ». Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à  attendre «  de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ. » Enfin dans l’Evangile sur lequel je voudrais m’attarder, Jésus nous exhorte à la vigilance afin d’être prêts et de pouvoir l’accueillir un jour à son retour.

Nous sommes dans le temps de l’attente et nous sommes appelés à veiller. « Prenez garde, veillez nous dit Jésus : car vous ne savez pas quand viendra le moment… » Oui nous devons nous tenir prêts sans être des chrétiens sommeillant ou déjà endormis, mais éveillés et vigilants, dans l’attente de la venue de notre Seigneur avec un ardent désir.  

Oui frères et sœurs,  tout ceci nous amène à avoir une attitude d’attente et une prise de conscience «Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis» (Mc 13,36). Le temps de notre vie est un temps de don de soi, afin d’atteindre la maturité de notre capacité d’aimer, ce n’est pas un moment pour le divertissement. C’est un temps connexion donc de communion avec Dieu et ses saints dans l’au-delà à l’mage de notre connexion au réseau internet.

Le temps d’éveil, de vigilance dont parle Jésus est aussi celui d’un monde qui part à la dérive. C’est le temps où l’indifférence,  l’égoïsme et la violence l’emportent sur l’amour. N’est ce pas ce que nous traversons ces derniers temps un peu partout dans le monde et plus singulièrement chez nous en France?

Oui mes frères, c’est dans ce temps que Jésus nous demande de veiller. Il ne veut pas que nous nous laissions emporter par tous ces tourbillons. Notre horizon c’est celui de Pâques, c’est celui de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Ce retour du Seigneur, nous le préparons comme une grande fête. Nous sommes comme des serviteurs qui attendent leur maître en pleine nuit. Il nous faut absolument être prêt à l’accueillir mais dans la prière, dans le recueillement.

Dans ce temps de l’Avent, préparons-nous à célébrer le grand “Avènement”: la venue de Notre Seigneur. Que chaque journée de notre existence soit une “naissance” à la vie de l’amour!

Demandons à Jésus, de nous aider  à être plus proche de lui, dans cette veille permanente, à laquelle nous nous engageons, tout en ayant confiance en lui qui est Dieu maintenant et pour toujours, amen !

 

Homélie du 34ème dimanche  ordinaire A4 Christ Roi 2020

Nous voici aujourd’hui  au 34ème  et dernier dimanche  de l’année liturgique A,  qui nous invite à célébrer la fête du Christ Roi de l’univers. Il est un Roi qui n’est pas comme les autres, c’est-à-dire qui n’est  pas à l’image des Rois de ce monde. Car beaucoup d’entre eux usent de leur poids  ou de leur pouvoir  pour faire  violence et écraser ceux dont ils ont la charge. Plutôt que de veiller sur leur bien être  et surtout celui des plus pauvres, ils se laissent aller au  « m’as-tu vu » ; ils cherchent à paraitre. La royauté de celui que nous honorons en ce jour n’est pas de ce monde.

 Oui Jésus le Roi de l’univers  a pour couronne, des épines et pour fauteuil royal, le bois du supplice. C’est lui qui dans la parole de Dieu de ce jour, est ce Roi qui comme un berger, rassemble son troupeau. Il est Dieu qui rassemble son peuple, nous dit le  prophète Ézéchiel dans la première lecture (Ez 34, 11-12 ).

Ce  Roi que nous fêtons en ce jour, nous est présenté aussi comme un serviteur attentif qui se met au service des plus faibles, tout en veillant sur ses brebis saines. Telle est la bonté de Dieu à notre égard, qui se rend visible par son fils  Jésus dans notre monde ; il s’est montré plein de sollicitude pour les plus faibles et les plus méprisés. Bien plus, il s’est identifié à eux tout en restant ce juge plein de justice qui vient séparer « les brebis des chèvres » tel que rapporté par l’Evangile du jour.

Oui en agissant ainsi, il fait de nous des prêtres, des prophètes et  des Rois par notre baptême, et nous  invite à l’imiter, à le prendre pour modèle, de sorte qu’au soir de notre vie, notre jugement soit à la mesure de l’accueil que nous avons réservé à ceux qui avaient le plus besoin de nous.

Par sa royauté, bien aimés, Jésus nous enseigne que nous devons toujours être du côté des faibles face au pouvoir politique et défendre leur cause. Oui nous devons être du côté de ceux qui sont dans le besoin, qui souffrent et qui se sentent en difficulté, signe de notre attention  pour eux.

C’est en cela que le pouvoir du Christ n’est pas un pouvoir  qui écrase, mais qui prend compassion et qui  rend plutôt  service. N’est-ce pas ce qui se traduit dans ces propos suivant :

 « Venez les bénis de mon Père, car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais nu et vous m’avez habillé, malade, et vous m’avez visité… chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous lavez fait.» Aussi, à travers cette phrase, se manifeste l’autorité, la compassion, l’humilité et la charité de Jésus.

En cette période de crise, nous devons nous montrer solidaires des plus faibles, surtout les personnes âgées qui sont seules. Car le Royaume de Dieu c’est celui de l’amour, de la charité et de la fraternité. C’est faire en sorte que le Christ prenne possession de mous et qu’il soit le roi de notre vie, dans une charité vécue  sous diverses formes comme : vêtir celui qui est nu, donner à manger à celui qui faim, aller soigner les malades, donner un sourire, visiter ceux qui sont en prison, etc. une telle charité traduit bien la présence de l’Esprit Saint en nous.

Que le Christ Roi de l’univers, Lumière de nos vies, nous aide à le reconnaitre dans les pauvres, Amen.

Le Christ Rédempteur à Rio de Janeiro
 
 
« Que le jour du Seigneur ne vous surprenne pas comme un voleur » (1 Th 5, 1-6)

 

 

 

 

chretiensaujourdhui.com  
« Tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup » (Mt 25, 14-30)

 

 

 

 
 
 

Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire A

La parole de Dieu de ce dimanche nous dit que nous avons tous une mission à remplir. Celle-ci nous a été confiée par le Seigneur, qui reviendra un jour pour les comptes avec nous. Mais c’est chaque jour que nous avons à nous préparer à cette grande rencontre. Pour cela, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur lui-même est là au cœur de nos vies pour nous conduire sur le chemin de la sainteté.

Le livre des Proverbes (1ère lecture) nous parle de la femme vaillante, très appréciée pour ses qualités d’épouse et de mère ; elle fait le bonheur de son mari et de ses enfants. Elle montre également ses qualités de cœur devant Dieu et devant le pauvre. A travers cette perle précieuse  nous sommes invités  à répondre à notre vocation présente,  celle de notre amour pour Dieu,  et de notre engagement au service des autres. Les bonnes œuvres dont nous parle cette lecture, La journée du Secours catholique est là pour nous le rappeler.

Dans sa lettre aux Thessaloniciens, saint Paul nous recommande de rester éveillés dans l’espérance du Royaume de Dieu. Il s’adresse à des chrétiens qui spéculent beaucoup sur la date du retour du Christ ; il refuse d’entrer dans ce jeu : et encourage à vivre continuellement en présence de Dieu, une manière d’être prêt à le recevoir à tout instant. Le chrétien doit être par excellence un homme éveillé et disponible. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus des fils de lumière. Il faut que cela se voie dans notre vie.

La parabole des talents nous montre le chemin à suivre. Elle nous raconte l’histoire d’un homme qui avant de partir en voyage, réunit ses serviteurs et leur confie tous ses biens avec une intention : les faire fructifier. Les deux premiers serviteurs doublent le capital de départ. Tous deux reçoivent les louanges de leur maître. Quant au troisième, il se contente de restituer l’argent reçu ; il est réprimandé et puni.

La signification de cette parabole est claire : l’homme qui part en voyage c’est Jésus ; les serviteurs c’est nous. Les talents c’est le patrimoine que le Seigneur nous confie, c’est sa Parole, c’est la foi en Dieu notre Père, c’est son pardon, c’est notre charité qui doit se faire inventive ; c’est encore des frères et des sœurs à aimer à travers des appels téléphoniques, pour nous rendre plus prêts d’eux en cette période de confinement. C’est ainsi que le Seigneur nous confie ses biens les plus précieux. Il ne nous demande pas de les conserver précieusement dans un coffre-fort mais de les faire fructifier. Il veut que nous les utilisions pour le bien des autres.

Tous ces biens que nous avons reçus c’est pour les donner aux autres. C’est ainsi qu’ils fructifient. Si le Seigneur nous donne sa miséricorde, sa tendresse, son pardon, c’est pour que nous en fassions un bon usage. Le pape François nous dit que c’est comme une contamination qui doit se propager partout dans le monde. Chacun peut se poser ces questions : Combien de personnes avons-nous encouragées par notre espérance ? Combien d’amour avons-nous partagé avec notre prochain ? Le témoignage que le Seigneur attend de nous doit être ouvert à tous, même à ceux et celles qui sont loin de lui.

Cette parabole des talents nous pousse donc à ne pas cacher notre foi, notre appartenance au Christ. Nous ne pouvons pas enterrer la Parole de l’Évangile. La Parole de Dieu doit circuler dans notre vie, dans nos relations, dans les situations concrètes. C’est comme une force qui interpelle, qui purifie et qui renouvelle. Le sacrement du pardon que nous avons reçu doit déployer sa force. Il doit faire tomber les murs que note égoïsme a édifiés. Il doit nous amener à faire le premier pas là où il n’y a plus de communication.

La journée du Secours catholique nous donne l’occasion de répondre à cet appel du Seigneur. Depuis 1946, cette structure s’efforce de rayonner la charité. Des chrétiens s’organisent pour faire reculer tout ce qui déshumanise. Malheureusement, cette pandémie en fait pire, et les pauvres sont trop souvent victimes de préjugés. Nous vivons dans un monde dur et violent, où l’individualisme prend du terrain. Un jour, la question nous sera posée : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » N’oublions pas, ce qui donne de la valeur à notre vie, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent.

En ce jour, demandons au Seigneur à travers l’oraison du missel : de nous « Accorder, de trouver notre joie dans notre fidélité car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tous biens. Amen.

HOMELIE du 32ème dimanche ordinaire le 8 nov 2020

Frères et sœurs nous approchons de la fin de l’année liturgique. Les textes bibliques donnent l’occasion de se tourner vers la fin des temps. Ce sera le grand passage vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu. Dans ce monde-là, ce sera la pleine communion entre la création et son Dieu. L’Évangile de ce dimanche nous invite à veiller car nous ne connaissons pas le jour ni l’heure du retour du Christ.

Dès la première lecture, nous comprenons que la Sagesse de Dieu c’est le Christ qui vient à notre rencontre. Il apporte à tous ceux qui le cherchent lumière, joie et espérance. Il illumine notre vie et nous montre le chemin. Le Christ nous rend capables de l’accueillir lorsqu’il se présente dans notre vie. Il se présente chaque jour et nous sommes invités à l’accueillir avec amour et prévenance. Notre foi doit être une recherche, un désir de Dieu, une ouverture de nous-mêmes qui nous remet en route chaque jour.

C’est aussi ce message d’espérance que saint Paul veut transmettre à la jeune communauté de Thessalonique. Il y a eu beaucoup de deuils chez elle. Les chrétiens de cette communauté éprouvent un chagrin que l’espérance de la résurrection ne semble pas transfigurer. Aussi l’apôtre Paul entreprend de leur ouvrir les yeux sur ce qui se passe après la mort. Cela, il le fait au nom même de sa foi : « Nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité » ; c’est le cœur de la confession de foi chrétienne.

Paul indique la conclusion qui en découle : Parce qu’il a ressuscité Jésus, Dieu ne peut pas abandonner à la mort ceux et celles pour qui son Fils a donné sa vie ; il les réunira à lui ; ils vivront dans sa communion ; nous serons pour toujours avec lui. Ce message de saint Paul se distingue des spéculations anciennes qui concernent une vague survie ou encore la réincarnation. Notre espérance en Jésus ressuscité s’enracine dans le témoignage des apôtres qui ont donné leur vie pour lui.

Dans l’Évangile, Jésus nous parle précisément de l’avènement du règne de Dieu et du retour du Messie. Dans notre parabole d’aujourd’hui, il se présente comme l’époux qui est attendu par dix jeunes filles. Celles-ci veillent pour partager la joie de la fête. Ce n’est donc pas l’heure terrible du châtiment mais bien plutôt l’heure de la joie. Mais l’époux tarde à venir ; il faut veiller, garder son cœur en état d’éveil. Cette lampe qui doit rester allumée c’est celle de notre amour. L’huile qui ne doit pas manquer c’est la Parole de Dieu et les sacrements qui nourrissent notre vie. Si nous n’avons pas cette huile, notre lampe s’éteint, notre vie ne porte aucun fruit.

L’histoire de ces jeunes filles prévoyantes et imprévoyantes nous fait penser à une autre parabole de l’Évangile : il s’agit de cet homme prévoyant qui écoute la Parole de Dieu et qui la met en pratique. Il est comparable à un homme qui a bâti sa maison sur le roc et qui ne craint ni le vent ni les torrents. Par contre, l’insensé, l’insouciant qui a construit sur le sable s’expose à la ruine. Au lieu de construire sa vie sur Dieu, il a construit sur des valeurs qui n’en sont pas. Il nous fait penser à celui qui dit : « Quand j’aurai du temps, il faudra que je remette de l’ordre dans ma vie. » Pourquoi remettre à demain ce qui faisable aujourd’hui ?

Cet Évangile nous renvoie donc à notre vie : de quel côté sommes-nous ? Des prévoyants ou des insensés ? L’insensé a construit sa vie sur du sable. Il est victime de la folie de celui qui s’oppose à Dieu et qui l’a mis en dehors de sa vie. Il s’est détourné de Dieu. Les sages, les prévoyants sont ceux et celles qui ont choisi de s’installer dans la fidélité. Ils se sont nourris de la Parole de Dieu et des sacrements. Ils se sont donnés du temps pour la prière.

L’huile de cette lampe qui doit rester allumée c’est l’amour de Dieu qui doit remplir notre vie. C’est ainsi que nous entretenons notre désir de Dieu et de son Royaume. Cette provision d’huile précieuse nous est offerte chaque dimanche à la messe. La Parole de Dieu et l’Eucharistie sont une nourriture qui nous permet de rester en état de veille. C’est chaque jour que le Seigneur vient à notre rencontre pour nous modeler à son image. En ce jour, nous le supplions : lui qui est Lumière, lui qui est l’Amour, qu’il mette en nos ténèbres son Esprit d’amour, Amen !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jugement dernier

peint par  Michel-Ange 1536

à la Chapelle Sixtine au Vatican

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint »

 

 

 

 
 
 

Homélie de la Pentecôte 2020 (Jn 20, 19-23)

Nous sommes rassemblés en ce dimanche pour célébrer la Pentecôte qui nous offre un long weekend sans nous en faire oublier l’essentiel. Cet essentiel, C’est la descente de l’esprit Saint sur les apôtres et sur chacun de nous. Oui Nous espérions et nous croyions ; Voilà que l’esprit a soufflé en notre faveur. Alors nous pouvons nous demander: quelle est l’origine de cette fête que nous célébrons? Que représente-t-elle pour nous ? Qu’elle est son action dans le monde?

La Pentecôte trouve son origine dans l’Ancien Testament, bien avant Jésus Christ, dérivé du grec « pentekostiè hèméra » qui signifie : « cinquantième jour ». La Pentecôte était au départ, célébrée pour la première moisson des blés. Une fête joyeuse au cours de laquelle on remerciait Dieu pour les dons de la nature. Plus tard, on célébrait le don de la loi à Moïse sur le Sinaï 50 jours après la pâque de la sortie d’Egypte des israélites. Cette fête de la pentecôte est aujourd’hui, le nouveau Sinaï, Où Dieu donne son souffle saint aux disciples. Désormais, la loi de Dieu n’est plus inscrite sur la pierre, mais dans les cœurs. L’alliance entre Dieu et les hommes ne se limite plus au seul peuple d’Israël, mais à tous les hommes du monde entier. Tel est ce que Jésus a voulu de son Eglise. Pour le comprendre, faisons recours à la parole de Dieu de ce dimanche.

Dans le livre des Actes des Apôtres, il est dit que les disciples étaient enfermés en un même lieu. Ils n’étaient qu’entre eux. Or voilà que le jour de la Pentecôte, ils sont remplis de l’Esprit Saint. Ils sont poussés dehors pour proclamer la Bonne nouvelle. Pour en parler, saint Luc utilise un langage très imagé. Il y est question de vent et de feu. Comme un vent violent, l’Esprit Saint emporte la peur des apôtres. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres et illumine leur nuit. Devant la foule, les apôtres se mettent à proclamer les merveilles de Dieu. La première de ces merveilles, c’est l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité. Ils n’ont plus peur de témoigner, même devant ceux qui l’ont fait mourir sur une croix.

 La fête de la pentecôte, c’est la réunification des langues qui avaient été désagrégées, divisé  à la tour de Babel. La pentecôte, c’est l’Esprit Saint et son action. C’est-à-dire, ce qu’il produit en chacun de nous: ces intentions, le soutien de nos faiblesses,  et intervient pour nous parler des cris inexprimables. L’Esprit Saint permet donc d’interpréter les signes des temps; de prophétiser et de conduire à invoquer le nom du Seigneur. Oui l’action de l’Esprit Saint ignore les différences d’âge (anciens- jeunes gens), les distinctions sociales, (vous, vos serviteurs) la division des sexes, etc.

Cet événement de la Pentecôte est aussi une bonne nouvelle pour nous. Comme les apôtres au soir de Pâques, nous vivons parfois avec la peur au ventre. Telle a été notre attitude au cours de cette crise sanitaire. Mais comme au soir de Pâques, Jésus nous rejoint pour dissiper notre peur par son souhait de paix. « La paix soit avec vous ». Cette salutation répétée vient renforcer la joie des apôtres et la nôtre. Ce qui est encore plus merveilleux, c’est qu’il continue à nous faire confiance malgré nos infidélités. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Le Christ compte sur nous pour être ses messagers ; et pour cela, il nous donne l’Esprit Saint. « Recevez l’Esprit Saint » dit-il.

Nous sommes donc envoyés pour annoncer l’Evangile. Et l’Esprit saint que nous avons reçu est là pour nous soutenir et nous entraîne à suivre le Christ et à aimer comme lui et avec lui. A la suite des apôtres, l’Eglise d’aujourd’hui est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon, à nous réconcilier avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes. Cela peut paraître impossible face aux défis du monde moderne d’aujourd’hui. Mais au souffle de l’Esprit, le rêve de communion fraternelle peut devenir réalité.

Ensemble, supplions le Seigneur qu’il nous  Donne d’être dociles à l’Esprit, comme les apôtres. Que nous sachions nous tourner vers lui, source de Lumière et de force. Amen !

HOMELIE de l’ASCENSION 21 mai 2020

« Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

En ce jour de l’ascension, il convient de nous demander comment nous avons accueilli et obéi au commandement que le Seigneur a laissé à ses disciples. Comment avons nous travaillé à faire des disciples, à les baptiser et à leur apprendre à garder les commandements du Seigneur. Comment chacun de nous dans cette situation du covid-19  a-t-elle vécu sous la force du Saint-Esprit, en disciple du Seigneur ?

Nous devons en premier lieu rendre grâce pour les merveilles que le Seigneur réalise au milieu de nous. Nous nous réjouissons du deconfinement qui nous a libéré du stress, un stress qui nous tuait à petit feu. La vie reprend lentement et sûrement.

Bien aimés frères et soeurs, l’Ascension de notre Seigneur Jésus christ c’est-à-dire  sa montée vers son père et notre père, varie d’un  Evangile à un autre. Mais l’événement est réellement détaillé dans le livre des Actes des apôtres que nous venons d’écouter.

Pourquoi Jésus ressuscité, se manifeste-t-il pendant quarante jours à ses Apôtres ?

40, un chiffre biblique qui symbolise : la plénitude.

Jésus a voulu manifestement montrer aux Apôtres durant ces 40 jours  qu’Il est bel et bien vivant. Il est vrai qu’après la mort de Jésus, les Apôtres étaient complètement désorientés, apeurés: ils craignaient qu’on leur fasse subir le même sort qu’à leur Maître. Avec Jésus ressuscité, « vraiment ressuscité », cela allait mieux : mais qu’allaient-ils devenir ? Et voilà qu’après un repas, Jésus « se sépara d’eux et fut enlevé au ciel ». Et eux « s’en retournent à Jérusalem tout remplis de joie » !

    Quand Jésus était  encore avec eux, ils n’étaient pas tranquilles: et maintenant qu’Il les a quittés, ils sont tout remplis de joie : que faut-il comprendre ?

Jésus est « monté au ciel » : qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’Il est retourné auprès de son Père, et donc qu’ils ne se sont pas trompés : maintenant, ils en sont sûrs et certains ! Ce Jésus, qu’ils ont suivi en quittant tout, est vraiment le Seigneur, le seul Maître, le Fils de Dieu.

Mais ce n’est pas tout.

Premièrement, Il leur promet l’envoi d’une force venue d’en haut, donc de Dieu. Ce sera, 10 jours plus tard, l’Esprit-Saint, Dieu, Lui aussi.

Deuxièmement, Il leur confie une mission : aller dire au monde entier, jusqu’aux extrémités de la terre, tout ce que Jésus a fait pour tous les hommes et combien Il les aime tous sans exception.

Alors, « ils n’ont plus à rester là à regarder le ciel » leur diront les envoyés de Dieu, mais à partir de ce instant, ils devront regarder, avec les yeux du cœur et de la foi, où se trouve Jésus et où ils peuvent le rencontrer.

   Il est avec nous chaque fois que nous aimons vraiment quelqu’un ou que nous voyons autour de nous des gens qui s’aiment.

   Il est avec nous chaque fois que nous faisons quelque chose pour quelqu’un qui est malheureux, qui souffre et que nous pouvons aider.

   Il est avec nous quand deux ou trois d’entre nous sont réunis pour Lui, en son Nom ; et aujourd’hui Il est bien là au milieu de nous, mais aussi dans nos prières en famille, en équipe de prière, de catéchisme, de scout, à la messe le dimanche ou aux fêtes, en pèlerinage…

   Bien sûr, Il est avec nous quand nous écoutons sa Parole et qu’Il se donne en nourriture, Pain de Vie, quand nous irons communier.

   Il est tous les jours avec nous jusqu’à la fin des temps qu’Il n’a pas révélé à ses disciples pour qu’ils n’en soient pas préoccupés.

C’est avec les yeux de notre cœur et de notre foi en Jésus que nous le verrons et que nous pourrons le montrer, en vivant comme Jésus, à ceux qui ne le connaissent pas encore.

Comme les disciples, soyons remplis de joie en accueillant notre Seigneur et en le remerciant de nous confier la mission de Le faire connaître aujourd’hui en vivant cœur à cœur avec Lui puisqu’il a voulu demeurer en nous.

AMEN !

 

 

Bonne fête de la montée du Seigneur à toutes et à tous!!!

 

 

 

 

 

 

Sollicité en 1495 par les bénédictins de la ville de Pérouse, Pérugin consacre 3 années à la réalisation d’un retable représentant l’Ascension du Christ pour le maître-autel de leur église.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
« je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

 

 

 

 

 

 

 

 

La mosaïque qui orne le portail ouest de la cathédrale de Laval a été réalisée en 2016 par l’artiste Marie-Noëlle Garrigou.
Cette oeuvre intitulée « La porte de la Miséricorde », met en scène le Christ guidant l’humanité, représentée par les figures d’Adam et Eve, vers Dieu le Père sous le regard bienveillant de la colombe du Saint-Esprit. 

 

 

 

 
 
 

HOMELIE DU 6ème  DIMANCHE DE PÂQUE ANNEE A

Bien aimes frères et sœurs le temps de pâques s’achemine lentement vers sa fin. Visiblement cette année aura été une année exceptionnelle pour nous chrétiens catholiques. Quelle autre épreuve à vivre avec nos grandes célébrations ?  Bientôt l’Eglise célèbrera la fête de l’Ascension et celle de la pentecôte qui mettront fin au temps pascal qui a commencé au matin de la résurrection. Cette fin nous annonce les couleurs du temps ordinaire. Là encore, où serons-nous ? dans nos Eglises ou dans nos maisons ???

 Frères et sœurs, aujourd’hui les textes liturgiques se concentrent progressivement sur l’Esprit saint, don du Christ ressuscité à son Eglise.

Dans les Actes des apôtres, nous y découvrons comment la bonne nouvelle de l’Évangile s’est répandue à travers les épreuves de la persécution. Au cours de celle-ci, Etienne a connu la mort. Mais rien ne peut freiner la propagation de la parole de Dieu. Les disciples dispersés, se retrouvent à l’instar du diacre Philippe sur des terres étrangères en Samarie, non pour se cacher, mais pour y prêcher. Tout cela, il l’accomplit en lien avec ceux qui lui ont confié cette mission. Ceux-ci viendront de Jérusalem pour authentifier son travail en terre de mission où beaucoup par pure grâce, accueillent la parole de Dieu, se convertissent et reçoivent le  baptême. C’est une Pentecôte pour les samaritains. Pourquoi ne pas rendre grâce à Dieu pour les hauts car à ses yeux, personne n’est irrécupérable. Comme Philippe, nous sommes envoyés pour réconforter, guérir, libérer, relever et redonner vie et espérance à ceux qui en ont besoin. Mais quelle est notre action dans cette période d’épidémie ?

N’est-ce pas emboiter le pas à Pierre qui rappelle à tous les persécutés  la ligne de conduite à tenir. Ils ne doivent jamais renoncer à témoigner de leur foi. Mais ils doivent réagir avec douceur contre les attaques,  en respectant leurs ennemis. En écoutant ce message de Pierre, frères et sœurs, nous  pensons aux nombreux chrétiens d’aujourd’hui qui sont également persécutés à travers les mesures barrières de cette pandémie du covid-19. C’est dans ce monde tel qu’il est, que nous avons à témoigner de notre attachement au Christ. Et c’est pour remplir cette mission qu’il nous envoie l’Esprit Saint.

Telle est la promesse que nous avons entendue de Jésus au moment où il se prépare à « passer de ce monde à son Père ». S’adressant à ses disciples, dans l’Evangile, il leur dit : « je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous. » Ce défenseur, l’Évangile de Saint Jean l’appelle « le Paraclet, l’Esprit Saint». Dans le monde juif le paraclet c’était le notable qui s’interposait entre le juge et l’accusé. C’était un homme au-dessus de tout soupçon qui était écouté et respecté ; il avait la possibilité de casser une condamnation et de faire libérer l’accusé sous sa responsabilité et au nom de sa propre réputation.

L’Esprit Saint est pour nous ce Paraclet, ce défenseur, ou l’avocat qui intervient quand nous somme mis en accusation au nom de notre foi. Nous le voyons tous les jours, l’Église est tournée en dérision dès qu’elle prend position contre des orientations qui sont contraires à l’Évangile du Christ. Mais l’Esprit Saint intervient pour nous conseiller, nous encourager, nous consoler et nous soutenir dans les moments difficiles de notre vie. Il nous pousse inlassablement au sursaut et à l’initiative libératrice. L’apôtre Pierre nous dit que nous devons être toujours prêts à nous expliquer devant ceux qui nous demandent de rendre compte de l’espérance qui est à nous. Mais pour répondre à cet appel, nous avons besoin, nous aussi, de l’Esprit Saint. Il est là, à nos côtés que nous serons attaqués à cause de notre foi en Jésus-Christ. Il intervient aussi quand la faiblesse nous envahie, quand nous disons : « je ne suis pas capable ». Il nous dit : « vas-y, ne craint pas, je suis avec toi».

 Être disciple, c’est accueillir le Christ, l’écouter, nous laisser guider par lui comme l’indique le P. Jean Compazieu. Le missionnaire c’est celui qui est envoyé pour annoncer l’Évangile. Mais comme le diacre Philippe, il découvre que le Seigneur l’a précédé dans le cœur de ceux qui sont sur sa route.

Cette annonce du Royaume de Dieu doit être joyeuse. Il s’agit d’une bonne nouvelle : Dieu nous invite au « festin des noces » c’est une invitation au bonheur et il faut que cela se voie dans notre vie. Nous sommes à quelques jours de la Pentecôte. Nous serons invités à accueillir l’Esprit Saint et à répondre à l’amour du Christ qui s’est donné pour le salut du monde. Prions-le pour qu’il nous transforme au plus profond de nous-mêmes pour nous aider à vivre et à aimer comme lui et avec lui. Amen !

Homélie du 5ème dimanche de Pâques A 2020

Bien aimés frères et sœurs nous sommes déjà rendus au 5ème  dimanche de pâques, dimanches dont les textes annoncent l’ascension de notre Seigneur Jésus-Christ.

Par ailleurs, de cette annonce, se dégage la responsabilisation de la communauté chrétienne guidée par Pierre et ses compagnons, qui forment l’équipe des douze, et qui vont régler le conflit communautaire  qui avait commencé à la fragiliser et ce, de  manière démocratique et par une délégation de pouvoir à sept d’entre eux : des diacres choisis par ladite communauté. Leur mission sera le service des tables mais aussi le service sous toutes ses formes à la communauté. Ils sont donc des élus, chargés du témoignage, de la louange et de la maîtrise de la terre, avec et par Jésus, « prêtre, prophète et Roi ». Oui cela nous fut annoncé et entendu lors de notre baptême.

Nous comprenons frères et sœurs, que la première  communauté chrétienne a connu elle  aussi des conflits internes, mesquins, les épreuves nées de sa diversité, les crises de croissance. Mais très tôt, une solution a été trouvée.

Ce qui peut nous sauver de nos faiblesses chers frères et sœurs, c’est la foi en Jésus, le recours à lui, en tant que pierre d’angle de tout l’édifice. Si nous le cherchons ensemble, l’Eglise grandira malgré ses tensions. Car lui le Christ qui est la tête de cette Eglise, est le Chemin : au sens où il nous invite à le suivre, parce que sa parole permet de rejoindre le père, et plus encore au sens où vivant lui-même auprès du père, il conduit dans la vie éternelle ceux qui le connaissent  et sont unis à lui.

Il est la vérité : « celui qui fait connaitre Dieu. Par lui sont venues la grâce et la vérité » (jn 1,18).

Il est la vie : puisque la vie éternelle est de «  connaitre le père et son envoyé ». Le christ est tout ceci pour les hommes à cause de sa relation unique avec le père : relation de mutuelle intimité, de présence constante l’un à l’autre, d’unité de vie dans l’amour.

Ne soyez pas bouleversés dit Jésus à ses disciples.

En effet des bouleversements, notre monde en connaît et nous sommes de plein pieds actuellement avec le covid-19, notre Eglise aussi.  Et sans chercher dans les événements collectifs, chacun connaît peu ou prou, à certaines heures, les bouleversements et l’angoisse : la maladie, l’inquiétude (d’être atteint du coronavirus), ou pour les siens, les crises économiques, le départ ou la mort d’un être aimé (surtout beaucoup ont été victime dans et de cette crise sanitaire).

Jésus semble regarder tout cela de haut. Et résoudre nos angoisses d’aujourd’hui par la promesse pour demain, ne serait-ce pas trop facile et dévaloriser nos combats d’ici-bas ? Si nous  comprenons ainsi l’appel à la foi, nous connaîtrions mal Jésus. Car il dit cela à l’heure ou s’effondre pour lui par suite de la totalité de son engagement dans l’œuvre qu’il avait à faire ici-bas ; ce n’est pas un évadé. Et la promesse de son retour pour nous entrainer avec lui dans la demeure du père, ne l’empêche, du même mouvement de nous promettre d’accomplir ici bas, nous aussi, «ses œuvres », non seulement d’accomplir des miracles mais surtout de rassembler les hommes afin qu’ils croient. Comme les apôtres, nous sommes envoyés pour être les messagers de cette bonne nouvelle.

Aussi, Savoir que le père est en lui et que nous demeurons en lui, nous sort des ténèbres, hiérarchise nos vies et nous garde en paix et la joie de l’espérance.  

Que par ce dimanche, d’où jaillit la lumière de la foi, le Christ éclaire nos pas plus ou moins hésitants en direction du Royaume de Dieu. Nous le prions les uns pour les autres : qu’il nous rende plus disponibles pour témoigner de son amour qui vient sauver tous les hommes, Amen !

 

 

 

 

 

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Encore un peu de temps et nous pourrons nous revoir et partager des moments heureux. Courage et tenez bon. “

 

 

 

 

 
 
 

Homélie du 4ème dimanche de Pâques (Année A 2020)

En ce quatrième dimanche de Pâques, premier jour de la semaine, la parole de Dieu en l’occurrence l’Evangile, nous présente le Christ comme le bon berger, « le berger d’exception », comme nous le rappelle « prions en Eglise » et exprimé clairement par le Psaume du jour: «  le Seigneur est mon berger, rien ne saurait  me manquer».    (PS.22, 23)

Oui avec lui nous sommes comblés; quelque soit ce que nous traversons comme souffrance, comme épreuve, à l’instar de cette crise sanitaire, nous n’avons pas à craindre car nous avons un berger, un pasteur : Jésus-Christ, qui ne nous abandonne jamais, mais nous connaît et dont nous connaissons particulièrement sa voix.

C’est lui que nous écoutons et c’est lui que nous voulons suivre tous les jours de notre vie. Car il est le chemin, il est la vérité et il est la vie.

Par ailleurs, si Pierre à osé prendre le risque au risque de sa vie, d’élever la voix devant toute cette foule et devant les mêmes bourreaux de Jésus qui étaient là, pour parler de sa mort et de sa  résurrection, il va sans dire qu’il a découvert en lui, le vrai fils de Dieu qui a donné sa vie par amour pour l’humanité. « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude dit Pierre, Dieu l’a fait seigneur et christ, ce Jésus que vous aviez crucifié ». Oui c’est lui le Christ qui a souffert jusqu’à mourir sur une croix pour nos péchés.

Chers frères et sœurs, allons à Jésus ; telle est l’appel sonore de l’apôtre Pierre qui nous est adressé à travers  la foule. Car il est le chemin qui non seulement  peut, mais surtout qui nous conduit vers la Vie éternelle, parce que lui le Christ est « entré » lui-même en notre humanité et la divinise, par sa Pâque et sa résurrection.

Allons à Jésus, car il est la porte par laquelle nous pourrons passer pour aller et revenir au Père.  Il est  l’excellent  berger dont  nous  brebis, reconnaissons la voix quand il nous  appelle individuellement  par nos noms et nous le suivons.

Il sait où nous conduire pour nous nourrir et nous abreuver, afin de nous mettre en confiance. Oui, nous avons « du prix à ses yeux » et dans son cœur.

Frères et sœurs, invités à aller à Jésus Berger de l’humanité, nous pourrons en cours de chemin, nous laisser berner aussi facilement par des voleurs et des brigands (mauvaise compagnie), des idéologies, des modes culturelles, des charlatans de bonheur etc. voilà pourquoi il est impérieux de reconnaître sensiblement la voix du pasteur, du berger Jésus, afin qu’à n’importe quel cri semblable et à n’importe quel moment, nous sachions distinguer celui du titulaire de celui du mercenaire, par la prière assidue et la lecture des écritures saintes.

Par ailleurs, tous plus ou moins, nous sommes les pasteurs de nos frères,  et sœurs. Parents, éducateurs, amis (de tout âge) nous exerçons souvent sur les autres sans le savoir, un rôle de guide. Il importe alors de nous demander si nous sommes de bons pasteurs, c’est-à-dire si nous savons transmettre la parole de Jésus et si notre conduite est à l’image de la sienne, faite d’amour et de vérité. Si tel n’est pas le cas, ressaisissons-nous si possible, avant la fin de ce confinement. Que Dieu nous y aide en ce temps de crise sanitaire, Amen !

Homélie du 3ème dimanche de Pâques A

Nous sommes en plein frères et sœurs bien aimés, dans le temps pascal pendant lequel nous célébrons la résurrection du Seigneur. C’est un temps de joie et d’allégresse. Mais attention ! De quelle joie s’agit-il ?

Oui il s’agit de la joie de Dieu, une joie profonde, qui est aussi le fruit de l’Esprit Saint. Elle est la conséquence d’un changement radical de vie.

Le signe de la vraie joie, c’est la conversion, le changement radical de vie. Mais sommes-nous prêts à changer de vie quand nous savons que c’est ce qui se passe avec tous les témoins de la résurrection, en partant de Pierre jusqu’aux disciples d’Emmaüs ?

Au moment du procès de Jésus dans la 1ère lecture, Pierre  était incapable d’affirmer seulement qu’il le connaissait. Et par peur, il va s’enfermer au Cénacle. Convaincu a ce jour que le Christ est ressuscité comme il l’avait promis, Pierre peut maintenant enseigner les foules sans peur ni honte au visage. Il parle dorénavant au risque de sa vie. Que s’est-il passé ? Il a rencontré le Christ vivant et sa vie a été bouleversée. Faisons nous cette rencontre qui transforme notre vie, la faisons nous tous les jours, puisque notre conversion est à l’image de la parole qui se renouvelle chaque matin?  

Oui bien aimés, savez-vous qu’il y’a encore des personnes qui professent leur foi en la trinité sainte et  qui comme les saducéens ont du mal à croire en la résurrection des morts et plus particulièrement en celle de Jésus-Christ?

Frères et sœurs, Faire une rencontre du Christ ressuscité, C’est vivre la suite du Christ, c’est-à-dire dans l’obéissance, dans le témoignage par notre vie. Oui  c’est changer donc  de vie, c’est nous convertir, comme les disciples d’Emmaüs. Ils ont tellement changé de vie qu’ils ont fait demi-tour. Ils étaient déprimés, tournés sur eux-mêmes, sans espérance et la rencontre avec le Christ ressuscité les a totalement transformés, bouleversés.

Si j’ai fait une véritable rencontre du Christ alors ma vie doit en être transformée, je dois vivre de la charité du Christ. Concrètement cela signifie que je dois vivre cette recommandation du Christ « On vous reconnaîtra pour mes disciples à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». Le signe que vous êtes disciples du Christ, ce n’est pas de simplement venir à la messe. Mais en plus d’y être, le signe c’est la charité.

Vivre du Christ, c’est se soucier du voisin, du malheureux,  qui n’a rien à manger ni se vêtir ou qui ne peut se déplacer pour faire ses courses en ce temps de confinement ; respecter toutes ces personnes qui sont autour de soi, sans les humilier, sans les écraser, sans les calomnier, mais agir en toute humilité envers eux. C’est accepter les autres différents de nous; c’est savoir rendre grâce.

Vivre du Christ, c’est savoir reconnaître le Christ dans les autres, vouloir qu’ils soient heureux, c’est donner sa vie. Oui c’est mourir à soi-même pour vivre du Christ. Et on ne peut pas vivre du Christ sans mourir à soi-même et à ses idées fausses, comme les disciples d’Emmaüs sont morts à eux-mêmes en faisant demi-tour et en comprenant grâce à la patience du Christ que leurs idées étaient fausses.

Vivre du Christ, c’est l’écouter, le laisser nous parler, nous expliquer les écritures, pour qu’à sa lumière nous sachions enfin changer quelque chose dans nos vies.

 Ayons la patience de découvrir, avec son aide ce qui doit changer dans nos vie, alors non seulement nous aurons des faces de ressuscités, mais nos vies ressusciteront dès maintenant et nous pourrons vivre la vrai joie, celle de Marie, la joie du bonheur des autres, la joie d’avoir donné notre vie pour nos frères,

Et quand on aura changé nos vies en Christ vivant, on ne pourra plus le garder pour soi-même ; on aura envie de le crier au monde. Même si nous ne pourrons pas sortir, nous serons appelés pour témoigner, aux yeux de tous, de la foi qui nous anime. Notre témoignage devra rejoindre tous les hommes, en particulier ceux qui sont aux « périphéries ». Que le Seigneur nous donne force et courage en vue de cette mission, Amen !

 

 

 

 

Restons chez nous. « Quelque soit l’éclat et la longueur de la journée, le soleil finit toujours par se coucher ». Courage à vous. Nous sortirons bientôt.

 

 

« Le Jour du Seigneur » sur Antenne 2 permet de suivre la liturgie pendant ces temps de confinement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ce qui nous concerne, nous serons en communion de prière  et surtout en action de grâce avec toutes les paroisses  et communautés sous la protection de la Divine Miséricorde.

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Homélie du 2ème dimanche de Pâques Dimanche de la miséricorde 19/04/2020

En ce 2ème dimanche de Pâques, nous sommes invités à tourner notre regard et notre cœur vers la divine miséricorde qui est en Jésus. Nous nous rappelons que cette fête a été créée par le pape Jean-Paul II le 30 avril 2000. Pour l’Eglise universelle, c’est un jour de joie et de fête. En ce qui nous concerne, nous serons en communion de prière  et surtout en action de grâce avec toutes les paroisses  et communautés sous la protection de la Divine Miséricorde. Ensemble, nous sommes la même Eglise de Jésus Christ appelée à témoigner de sa foi en Jésus ressuscité en Mayenne.

La parole de Dieu en ce dimanche nous rappelle comment les premiers chrétiens ont accueilli cette miséricorde de Jésus, sans oublier le témoignage de vie qui en résulte, le tout tiré des Actes des Apôtres. Quand on a vraiment accueilli le Christ dans sa vie, c’est la joie qui renaît dans les cœurs. C’est pourquoi les disciples vivent en « communion fraternelle » et mettent « tout en commun ». N’est-ce pas un exemple de vie à partager après ce temps de confinement ? Le même Christ continue d’agir dans l’Eglise d’aujourd’hui. C’est lui qui suscite des gestes de partage dans le cœur des hommes. A la suite des premiers chrétiens, nous sommes envoyés dans le monde pour lui montrer par nos paroles et nos  actes, cette miséricorde de Dieu (rendre visite à un malade, à un nécessiteux en cette période de d’épidémie  ou à une personne âgée, en accorder le pardon à celui qui nous a offensé ou encore mener la démarche de pardon envers celui que nous avons offensé…)

Ces paroles et actes ne sont souvent pas loin des épreuves de la vie qui nous invitent à approfondir notre foi. Le but de l’Apôtre Pierre dans cette épitre, c’est de ranimer l’espérance en chacun de nous car nous en avons  besoin en ce monde hostile et indifférent à la foi.

Par ailleurs notre foi n’est-elle pas liée au fait que nous voulons tout voir avant de croire ?

L’Evangile de ce jour nous donne quelques éléments avec l’Apôtre Thomas par rapport à son incrédulité. Mais il y a une chose que nous devons savoir : Thomas est surnommé « Didyme » ce qui signifie « Jumeau ». Nous comprenons alors qu’il est bien notre jumeau à tous, cet homme qui ne veut pas être naïf et qui cherche à vérifier ce qu’on lui raconte. Qui de nous peut se vanter de n’avoir jamais eu de doute de tel ou tel événement qui lui a été rapporté? Tel a été notre cas au début de cette épidémie. Personne ne voulait croire jusqu’au jour où il a été question de confinement : « restez chez vous ». Qui de nous ne s’est jamais posé de question sur les affirmations concernant la résurrection du Christ? Oui, comme Thomas, nous cherchons des preuves et nous voudrions voir avant de croire : « heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Nous n’avons pas à le juger. Puisse qu’il nous arrive nous aussi par moment, de vivre les mêmes réalités. C’est chaque dimanche frères et sœurs, que Jésus rejoint les communautés rassemblées en son nom comme nous ce matin. Il vient pour nous recréer, nous renouveler. Mais on trouve souvent des excuses pour y être absents.

Comme aux premiers temps, Christ  nous laisse un message de paix. Pour répondre à nos difficultés, il nous invite à voir et à toucher ses plaies et à croire en lui. Ses paroles doivent atteindre notre cœur comme elles ont atteint celui de Thomas. En même temps, nous n’oublions pas que si nous voulons vraiment rencontrer le Seigneur ressuscité, il nous faut poser nos mains sur les corps meurtris, malades et affaiblis que nous rencontrons. La victoire sur notre incrédulité, passe par cette approche concrète des blessures de Jésus à travers celles de tant d’hommes et de femmes proches ou éloignés de nous.

L’apôtre Thomas a accueilli la miséricorde du Seigneur. Nous aussi, en méditant ces péricopes, apprenons à reconnaître en Jésus, « notre Seigneur et notre Dieu et à grandir dans la foi. Cette foi que nous sommes invités à proclamer est source de paix, de joie et d’amour et surtout un trésor à préserver.

En ce dimanche, prions le Seigneur qu’il nous rende plus accueillants  au don de la foi en ce temps d’épidémie. Qu’il soit avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage, et qu’il nous garde plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle,  Amen.

Homélie du Dimanche de Pâques 2020

Après la longue veillée, voilà l’aube nouvelle, le jour nouveau, le matin de la résurrection de Pâques.

Tous crient et chante de joie. : « Vous cherchez Jésus le Crucifié, il n’est pas ici ; il est ressuscité ». (Mt16,6) une histoire inédite, du jamais vu. Le monde est ébranlé, bouleversé. D’où crainte et stupeur interrogation et course dans tous les sens.  Cette frénésie se résume dans l’Evangile de ce grand jour par trois verbes : qui sont courir, voir et dire.

Dans l’Evangile, tous courent pour aller dire la grande nouvelle.

Marie de Magdala court. Nous connaissons bien cette femme qui est la pécheresse que Jésus avait libérée et guérie. Depuis, elle devient disciple et ne quittait plus Jésus avec d’autres femmes. Pour elle, « Jésus est celui que mon cœur aime » (Ct3,3). Aussi gardait-elle une grande douleur depuis la mort de Jésus en croix le vendredi saint, surtout qu’il avait été enseveli à la hâte, à cause de la Pâques Juive. Elle ne pouvait dormir tranquille et attendait la fin des festivités pour aller embaumer le corps de son Seigneur.

Le premier jour de la semaine, à peine avait-elle vu poindre la lueur du jour qu’elle se rendit furtivement au tombeau de Jésus. Surprise, le tombeau est ouvert et le corps de jésus n’y est pas.  Confuse et haletante, elle court vers les apôtres. « On a enlevé le seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis ». (Jn 20,2) nous connaissons la suite dont la course n’est pas à son terme. Les apôtres courent et arrivent tous essoufflés au tombeau. Jean qui arrive le 1er jette un coup d’œil mais n’y entre pas, parce que respect de l’ainé oblige. Pierre à son tour arrive et constate les faits. Le tombeau est vide !

Le soir du même 1er jour de la semaine, les disciples d’Emmaüs après avoir reconnu le Seigneur ressuscité à la fraction du pain, courent vers les onze, chargés de bonne nouvelle. Le Christ est ressuscité !

Tous voient, ils découvrent.

Oui les disciples qui courent sont stupéfaits par deux réalités : le tombeau vide et la vision du ressuscité. Devant le drame du tombeau vide, Marie de Magdala et les autres femmes pensent à la double torture de Jésus. Ils l’ont tué et maintenant ils ont fait disparaître son corps. Mais le tombeau vide parle. Il a gardé les traces du Seigneur. Le linge ou vêtements mortuaires sont restés intacts, signe que personne n’a touché ni manipulé le corps du Seigneur. Jean, le disciple bien-aimé a déjà perçu le mystère : le Seigneur n’a pas été enlevé ; il est ressuscité comme il avait dit. Le tombeau vide devient la première preuve de la résurrection. « il vit et il crut » (Jn20,8). Quant aux deux disciples d’Emmaüs, à la fraction du pain, » leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent » (Lc 24,34). Le Seigneur est réellement ressuscité » (Lcc24,34)

Après la résurrection, voici que le ressuscité lui-même se manifeste à ses disciples : il est apparu à Simon-Pierre » Luc 24,34). Il se montre aux cinq femmes : « Soyez sans crainte. Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendent en Galilée ; c’est là qu’ils me verront » (Mt 28, 10) il apparait à ses disciples le soir même de sa résurrection : « la paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie » et à Thomas, le huitième jour : « avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ; avance ta main et mets la dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens croyant ( Jn 20 ;27) il apparaitra plus tard à Saint Paul et à cinq cent disciples (cf 1 Co 15, 6-8).

Désormais la bonne nouvelle de la résurrection se répand et se répand dans le monde entier. Et elle est arrivée jusqu’à nous. Crions donc sur les toits que « le Christ est vainqueur du monde » (Jn 16,33) et que ceux qui l’aiment, ceux qui croient en lui, ceux qui espèrent en lui, partagent déjà sa victoire pour l’éternité. Amen !

 

 

 

 

Le choc du tombeau vide!

 

 

 

 

 

 

« Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, »

« Le Christ est devenu obéissant , jusqu’à la mort, et la mort de la croix;

c’est pourquoi Dieu l’a exalté: il l’a doté du nom qui est au dessus de tout nom. »

La Crucifixion
par Duccio di Buoninsegna peintre à Sienne (1255-1318)
Bénédiction d’envoi
que ta bénédiction Seigneur descende sur ton peuple qui a célébré la mort de ton fils dans l’espérance sa propre résurrection ; accorde-lui pardon et réconfort, augmente sa foi, assure son éternelle rédemption. par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen;
Excellent triduum à toutes et à tous!

Homélie du vendredi saint

Bien chers frères et sœurs nous venons de vivre la passion de notre seigneur jésus Christ dans cette période d’épidémie si pénible et dans un confinement imposé par ce petit machin appelé covid 19. N’est-ce pas une alerte Dieu lui-même, maitre du temps et de l’espace et qui dispose de tout ce qu’il à créé ?

Les (quatre) extraits du serviteur d’Isaïe que nous avons entendus au cours de la Passion du Christ ont permis à la première communauté chrétienne de découvrir combien  Jésus avait vécu et prié sa passion à la lumière de ce texte prophétique.

« Qui aurait cru ce que nous avons entendu? » Qui aurait pu imaginer un tel visage de Dieu? Car Dieu s’est révélé pleinement au cœur même de tout ce qui criait son absence. Jésus va  rendre Dieu présent au plus profond de l’abyme. Il prend sur lui toute la violence des hommes. Jean-Baptiste l’avait désigné en disant:

«Voici l’agneau de Dieu qui porte les péchés du monde» Il a pris sur lui les images dramatiques du livre d’Isaïe: «C’était nos souffrances qu’il portait ». Oui Jésus, l’innocent, qui s’offre pour que vienne enfin ce monde débarrassé de la haine et des  revanches sans fin. Le lieu de l’enfer devient le lieu du pardon.

«Le bon pasteur donne sa vie pour les siens» (Jean 10,11). C’est là que se situe le cœur du message chrétien, Dieu est amour. Non seulement Jésus lui-même va jusqu’au bout du don qu’il fait de sa vie, mais le Père, lui aussi, nous donne son Fils. Non pas, comme l’ont laissé croire autrefois certaines méditations sur le Vendredi Saint, parce qu’il faudrait de la souffrance pour expier le péché.

Ce qui nous délivre du péché, de la haine et du mépris et des vengeances, ce n’est pas la souffrance, mais l’amour. Il nous faut l’amour de Jésus qui va jusqu’au bout de la fidélité. Mais dans le don de Jésus, nous recevons aussi l’amour du Père qui nous fait don de son Fils. Le Père et le Fils, ensemble, dans la tendresse de l’Esprit, brisent le cercle infernal de nos violences humaines en allant jusqu’au pardon des ennemis. En méditant ce geste d’amour, nous sommes invités à nous mettre à notre tour, dans la dynamique du pardon, de la réconciliation, de l’amour du prochain, donc être miséricordieux, une miséricorde qui enfante une humanité nouvelle, surtout celle du lendemain de cette épidémie.

La distance est grande entre ce monde-là, sorti des mains de Dieu et les sociétés humaines. Et pourtant, «le Royaume de Dieu est là, tout près de nous».

Alors, comme nous y invite le pape François, «Embrassons avec amour la croix du Christ ;

Cette croix qui ne porte pas à la tristesse, ou à la peur mais à la joie, d’être sauvés et de faire un tant soit peu de ce qu’il a fait le jour de sa mort» : le pardon accordé à ses bourreaux. C’est dans le don que réside la véritable joie.

En ce jour, notre pensée et notre prière se tournent vers tant d’hommes et de femmes qui portent une croix douloureuse. Pour beaucoup cette croix s’appelle solitude, longue maladie, perte d’un parent, coronavirus covid19, confinement … En ce Vendredi Saint, contemplons la gloire de Celui qui nous a aimés jusqu’au bout. Et avec toute l’Eglise, chantons et proclamons : « Victoire, tu règneras ; O Croix, tu nous sauveras. »

Homélie du jeudi Saint : les trois dons (Année A)

Bien aimés, en ce triduum pascal, avant l’entame de cette exhortation, je supplie chacun de vous de marquer une minute de silence pour tous les serviteurs, tous les pasteurs chevronnés, en sommes toue les prêtres qui sont décédés avant ou pendant cette période de guerre, d’épidemie avec l’invisible, appelé coronavirus covid 19, car ils sont célébrés aujourd’hui. (Silence)

Bien aimés frères et sœurs, Dieu nous a créé à son image et à sa ressemblance parce qu’il est un Dieu amour, un Dieu miséricordieux. La Très Sainte Trinité, c’est l’amour de Dieu, pleinement vivant, chaque Personne, Père, Fils et Saint Esprit aimant les autres et étant aimée des autres. C’est à cette image-là que nous sommes créés ; nous sommes faits pour suivre cet exemple en cette période unique en son genre.

Nous pouvons posséder tout l’or du monde, toute la popularité, la puissance et le succès possible et imaginable, mais s’il nous manque l’amour dit st Paul, profondément et simplement pour ce que nous sommes, au point de nous sacrifier nous-mêmes pour les autres, nous serons des misérables.

Jésus connaît notre double besoin fondamental. Par sa souffrance et sa mort, sa Passion qui commence ce soir, il y a pourvu. St Jean nous dit : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » (Jn 13,1)

Ceci veut dire que Jésus nous a donné la preuve ultime, par sa Passion, de son amour sans bornes pour chacun de nous. Et ce soir, en ce Jeudi Saint, il nous a fait trois dons dans le prolongement de sa Passion tout au long de l’histoire.

1- nourrit en chaque tabernacle, lors de chaque communion. Il institua ainsi le sacrement de l’eucharistie

2- Il nous a donné le sacrement de l’Ordre, comme une multiplication sacramentelle, à travers le temps et l’espace, de son propre amour miséricordieux. (1Co 11, 23-26) Tel sont les risques que prend Jésus dans l’homme-prêtre, un pécheur, pour venir nous voir et dire qu’il nous aime. Voilà ce qu’est le service, voilà Jésus: il ne nous abandonne jamais; il ne se lasse jamais de nous pardonner. Il nous aime tellement qu’il continue de prendre des risques.

3-   Et il nous a donné le commandement du véritable amour, pour que nous sachions comment aimer en vérité, sans retour sur nous-mêmes, à travers le lavement des pieds de ses disciples. (Jn 13,1-15)

Chacun de ces dons répond à nos besoins les plus profonds. Prenons, par exemple, le sacrement de l’Ordre. Le sacerdoce, est la manière que Dieu a choisie pour être présent dans notre vie comme maître, comme père et comme guide, sans pour autant nous envahir. Il utilise les prêtres comme ses instruments pour accorder sa grâce aux hommes. Oui Dieu se met à notre niveau, pour pouvoir nous élever à son niveau.

Ainsi par le sacrement de l’Ordre, la célébration de plusieurs sacrements est possible. C’est le cas de celui de la réconciliation avec Dieu, avec les autres et avec soi-même. A travers celui-ci,  Dieu manifeste son amour pour répandre sa miséricorde sur ses enfants par la confession. Par bien d’autres sacrements Dieu en fait autant.

Voilà frères et sœurs, le don que le Christ nous a laissé dans le sacrement de l’Ordre : un don qui, à la fois, prouve que nous sommes aimés et qui fortifie notre amour. Et C’est bien au cours de cette nuit que Jésus nous a fait ces grands cadeaux.

Il est vrai que par cette période critique, nous sommes loin de vivre physiquement ces célébrations oh combien importantes pour notre foi ; mais la meilleure manière, peut-être de le remercier, c’est de garder cette communion d’esprit et prendre du temps au cours des jours suivants (toujours dans le confinement) pour ouvrir notre cœur avec courage au Christ.

Le premier besoin, c’est celui d’être aimé pour ce que nous sommes : enfants de Dieu. Il est pratiquement impossible pour nous de pouvoir aimer en retour, comme nous y sommes mais par nos efforts de foi nous y tendons. Et plus nous savons que nous sommes aimés, plus nous sommes fortifiés, plus nous devenons capables d’aimer en retour. Nous avons tous pu en faire l’expérience, même au niveau purement humain.Quand nous nous savons aimés, nous sommes forts.

Eh bien, permettons à Jésus de nous assurer de son amour pour nous tout au long de ce temps, en priant, en lisant, en réfléchissant, en participant à la liturgie, quand c’est possible, en recevant les sacrements après cette épidémie. Cependant ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Nous tous qui sommes en communion d’esprit ce soir, nous avons tous pu faire déjà l’expérience de l’amour du Christ pour nous, au moins un peu, même si nous avons besoin d’en faire l’expérience toujours plus.

Par ailleurs, je suis sûr que chacun de nous connaît quelqu’un qui n’en a jamais fait l’expérience, ou qui n’en a plus fait l’expérience depuis longtemps. Soyons donc des chrétiens véritables, authentiques pour ces gens, de vrais disciples du Christ en ce temps de Pâques. Prions pour eux, ou allons à leur rencontre, en leur lavant les pieds d’une manière ou d’une autre, pour leur permettre de faire l’expérience de l’amour du Christ par notre amour à l’image de celui du Christ beaucoup trop précieux pour le garder pour nous-mêmes. Amen !

– Homélie dimanche des Rameaux et de la Passion 

Aujourd’hui nous sommes en plein paradoxe. D’un côté nous sommes remplis de joie. Quand Jésus entre à Jérusalem, de grandes foules se réjouissent. Le voilà enfin, le Sauveur tant attendu ! Le Messie est là ! La Rédemption est en cours.

Mais de l’autre côté, nous avons entendu le triste récit du Seigneur rejeté, souffrant mis à mort :c’est la Passion. Le dimanche des Rameaux est aussi le dimanche de la Passion. C’est un moment solennel, empreint de gravité.

Comment donc un jour de victoire peut-il être en même temps un jour de joie et de souffrance? Parce que ce qui apparaît comme la défaite du Christ est en réalité sa victoire, la victoire de l’amour éternel. « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13)

C’est ce que Jésus avait enseigné, et c’est ce qu’il a pratiqué dans sa passion, pour nous donner l’assurance sans aucun doute possible que son amour pour nous est sans bornes. Les anges avaient chanté : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » à la naissance. A présent, lorsque Jésus entre à Jérusalem, c’est la foule qui chante : « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »

Ces deux « entrées » avaient pour motif l’amour de Dieu, c’est ce même amour qui a amené Jésus à être obéissant au Père jusqu’à la croix, pour payer le prix de nos péchés, et sauver l’humanité du désespoir et de l’injustice.

Voilà donc la solution du paradoxe. La source de notre tristesse, c’est notre péché, qui est la cause de la souffrance du Christ. Mais la source de notre joie, c’est l’amour du Christ, la raison même pour laquelle Jésus était prêt à souffrir, et la puissance qui, par le sacrifice de la croix, remporte la victoire sur le mal. De cette manière, les chrétiens peuvent toujours vivre le paradoxe du dimanche des Rameaux, et peuvent toujours trouver la joie, la joie de l’amour infini du Christ, en proie aux douleurs les plus atroces, les plus inhumains.

Il est toujours plus facile de refaire le match (dans les commentaires) que de le jouer. Dieu seul connaît notre avenir avec précision. Mais par le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, il nous en a déjà révélé les grandes lignes. Nous savons que, tant que nous demeurons unis au Christ par la prière, les sacrements, et l’obéissance à sa volonté, toutes nos croix, nos souffrances seront transformées en résurrection. Cela nous donne une sagesse et une force dont nous avons besoin tout au long de notre vie sur terre.

Durant ces jours, l’Esprit Saint veut nous enseigner la manière de vivre ce paradoxe d’une manière plus profonde. Il pourra le faire si nous prenons plus de temps avec Jésus dans la prière personnelle.car la prière personnelle en ce temps d’épidémie,  nous permettra de mieux connaître l’amour du Christ pour nous, et ainsi, de faire davantage l’expérience de la vraie joie chrétienne, au sein même des épreuves de la vie comme de celle-ci.

Nous devrions être reconnaissants de pouvoir célébrer librement la Semaine Sainte dans notre pays. Malheureusement nous n’avons pas cette liberté. Nous devrions être reconnaissants aussi pour notre foi, ce don précieux qui est la clé pour vivre ces jours avec fruit.

-N’oublions pas qu’autour de nous, il y a beaucoup de gens qui n’ont pas la foi. Vous en connaissez tous : des voisins, des collègues, et même des membres de votre famille. Peut-être que personne ne leur a jamais parlé de Jésus, le Messie, le Rédempteur, depuis des années

Jean Paul II aimait à dire que la meilleure façon de grandir dans la foi, c’est de la partager avec d’autres. Cette semaine, éprouvés par le confinement, faisons le test dans nos familles, et voyons s’il a raison. La victoire du Christ est trop précieuse pour que nous la gardions pour nous. Partageons cette joie du paradoxe avec eux, Amen !

 

 

 

 

 

Le Père Ferdinand SORO nous propose d’écouter quelques cantiques de l’Eglise de Côte d’Ivoire à la messe des Rameaux

Christ est sorti vivant, Gloire à Dieu, Hommage à Jésus-Christ

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