Mes bien-aimés,

N’est-il pas providentiel de pouvoir nous retrouver en ce dimanche de Pentecôte, qui fut le baptême de l’Église, née « pour sortir », pour partir annoncer la Bonne Nouvelle à tous » selon les paroles de notre Pape François ?

À l’instar des disciples réunis autour de Marie au Cénacle, nous avons vécu cette longue période sans pouvoir nous retrouver en étant dispersés.

La grâce de la Pentecôte est justement, en même temps de nous rassembler et en même temps de nous disperser car l’Eglise et chaque baptisé n’existent, que pour témoigner de la présence de l’Esprit Saint, la Personne Amour, qui les fait vivre et agir au nom du Seigneur.

Nous voici donc invités, tous ensemble enfin rassemblés, à accueillir les merveilles de Dieu, comme au premier temps de l’Eglise où chacun dans sa langue, est rendu capable de se réjouir de ce qui réjouit le cœur de Dieu et le cœur des autres.

Ne serait-ce pas là l’un des bénéfices que nous pouvons tirer de cet éloignement temporaire, où les uns et les autres se sont faits proches d’une multitude de manières ?                                  

Puisse cette délicatesse et ces attentions continuer de se manifester.

Ce qui est arrivé le jour de la Pentecôte ne l’a pas été par hasard ou par nécessité. Le fait que les hommes recommencent à se comprendre est la conséquence d’un autre événement qui s’est produit dans notre histoire. Que s’est-il réellement passé ? Le jour de la Pentecôte, la personne divine du Saint-Esprit est venue habiter le cœur humain.

Et qui est cette personne divine ? Elle est l‘Amour qui unit, qui relit le Père et le Fils et vient en chacun de nous pour accomplir l’œuvre du Christ, pour que nous puissions vivre notre Pâque. De plus, venant habiter en chacun de nous, l’Esprit Saint qui est Amour, nous donne l’expérience de l’amour même avec lequel le Père nous aime et nous pardonne.                                                   

En effet les premiers effets du don d’Amour est la paix et la joie et la rémission des péchés.

Parcourons ainsi notre Évangile : les apôtres confinés par peur, sont surpris de Jésus qui se rend présent  à eux et qui leur souhaite à deux reprises : « la paix soit avec vous ! » Cette paix est cette douceur d’une présence bienveillante et aimante, qui rassure et qui donne de l’élan pour accueillir l’aujourd’hui et l’à venir.

Si nous pouvions nous émerveiller comme Marie, devant son Fils qu’elle adorait toujours ?

N’avait-il pas, avant de monter au ciel, ordonné à ses disciples de ne rien faire seuls, mais de rester ensemble, en communauté, et d’attendre le don du Saint Esprit. C’est ainsi que l’Eglise naissante se réunit, petit groupe de croyants avec Marie et avec les apôtres qui attendaient le Saint Esprit ?

Cette urgence ne s’impose-t-elle pas à nous aujourd’hui, après cette expérience d’avoir été privés de l’eucharistie et des sacrements et de nous rencontrer comme Corps du Christ.

N’y a-t-il pas urgence de venir comme Marie et avec Marie, vivre intensément l’adoration eucharistique, comme préparation et prolongement de la messe,   dans nos deux relais de Martigné et de Montsûrs et comme accompagnement de la nécessaire activité de notre Eglise diocésaine en synode et donc de notre paroisse ?

N’y a-t-il pas urgence, comme l’Évangile nous le dit, de prendre au sérieux cette mission que Jésus laisse à ses apôtres au soir de Pâques : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » ; c’est notre ADN de chrétiens, que de partager notre foi.

Plusieurs m’ont partagé leur audace retrouvée pendant et après ce confinement, d’avoir osé parler de leur foi, de ce qui les fait vivre et d’avoir été heureusement surpris de l’accueil.

Jésus nous laisse enfin ce signe de souffler sur les apôtres et sur l’Eglise en disant : « Recevez l’Esprit Saint, à qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus » !  N’y a-t-il pas cette urgence absolue de vivre dans le pardon, dans ce don de l’amour sans cesse renouvelé, au-delà des blessures, des incompréhensions, de ce qui nous agace, de ce qui nous empêche d’être nous-mêmes ? N’y a-t-il pas urgence à recevoir dans la foi, ce beau sacrement de la pénitence et de la réconciliation, qui nous établit dans la vérité avec Dieu, avec nous et avec les autres ?

Partageons cette joie et célébrons aujourd’hui la grande fête de la Pentecôte, dont la liturgie nous fait revivre la naissance de l’Eglise, avec ses mots de Benoît XVI : « Nous pouvons dire que l’Eglise a eu son début solennel avec la venue du Saint Esprit ». Et ces autres mots de Saint Paul VI que nous avons célébré cette semaine : « Aujourd’hui, c’est la fête de l’Eglise ; c’est notre fête ; c’est la fête du Saint Esprit ; la fête de Dieu-Amour. « Invoquons-Le. Bénissons-Le. Vivons-Le. Répandons-Le ».

Demandons à la Vierge Marie, que le Saint Esprit, qui a transformé les Apôtres en un instant, continue de nous transformer, nous, têtes dures et cœur fermé : il « suffit » de Lui ouvrir la porte de notre cœur. Alors Il entre avec le Fils et le Père et fait de nous la demeure de Dieu chez les hommes.

Amen

Frère Marie-François Perdrix