Dernière eucharistie des Frères Omer et Marie-François à La Chapelle-Rainsouin,
avant de rejoindre leur nouvelle mission à Saint Melaine en Val de Jouanne

Mes bien-aimés,

Au cœur de cette dernière eucharistie, au milieu de vous et pour vous, pour exprimer ce qui habite mon cœur aujourd’hui, je m’appuierai sur la prière d’ouverture, que je me permets de vous rappeler : « Dieu puissant, de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l’amour de ton nom ; resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon ; veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir. »

 

Au Seigneur, tout honneur ! « Dieu puissant, de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l’amour de ton nom ». Cette prière à notre Père des cieux est d’abord reconnaissance pour ce choix de notre évêque, comme de notre Père Prieur, de nous avoir envoyé chez vous, chez nous, afin de vivre ces 7 années, où nous aurons essayé de vous servir, de vous annoncer l’Évangile et de vous inviter à vous laisser sanctifier par le Christ…

N’est-ce pas là le cri du cœur du prophète Jérémie lorsqu’il disait : « Seigneur, tu m’as séduit et j’ai été séduit ; tu m’as saisi et tu as réussi ». Et cela n’a pas été facile du premier coup car nous avons eu besoin de temps pour nous apprivoiser !

Le rôle du pasteur, qui tient la place du bon Pasteur, appelle parfois – heureusement rarement – d’être dans cette attitude de Jésus par rapport à Pierre : « Passe derrière moi Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute: tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celle des hommes. » Notre ministère sacerdotal n’est-il pas tout entier un don de l’Esprit Saint, un don de la lumière de la parole de Dieu et donc comme un grand exorcisme, qui en chassant l’esprit du Mal, y dépose Dieu dans les cœurs ?

Et cela exprime bien le grand combat de la foi que Jésus exprime dans un quitte ou double : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra et qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. »

Voilà bien tout l’enjeu d’une vie chrétienne authentique, celle de ces disciples- missionnaires que notre pape François appelle de ses vœux, comme notre évêque le réitère à travers cette démarche du synode diocésain. Il s’agit pour nous de ne plus vivre pour nous-mêmes, centrés sur nous-mêmes mais de vivre pour le Christ et pour les autres. C’est encore l’objet de la prière d’ouverture : « Resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon. »

N’est-ce pas là encore le cri l’apôtre saint Paul à la première communauté de Rome: « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. »

Comment ne pas remercier le Seigneur, devant l’investissement de chacun, selon ses charismes, ses compétences et sa santé. Il y a des personnes plus visibles et il y en a tant qui œuvrent dans la simplicité, sans publicité. Comment ne pas remercier toutes les équipes, bulletin, baptême, mariage, deuil, catéchèse, ouverture et fermeture des églises, leur entretien et leur fleurissement…

Que tous et chacun, soit remercié par le Seigneur lui-même et qu’en ce jour, nous puissions tous nous confier à la maternelle protection de la Vierge Marie, qui ne cesse pas de tisser le Corps de son Fils, que nous allons recevoir tout à l’heure dans la communion eucharistique, comme elle ne cesse de tisser le corps ecclésial, que nous sommes tous ensemble, jamais les uns sans les autres.

Soyez tous bénis et que nous puissions résolument prendre ce nouveau chemin, dans une confiance inébranlable en l’avenir !

En conclusion, laissez-moi vous partager encore la prière d’ouverture :
« Dieu puissant, de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l’amour de ton nom ; resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon ; veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir. »

Amen, alléluia !