Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

Bienvenue à tous, bienvenue à Mr le maire et des membres du conseil municipal, bienvenue aux associations patriotiques des anciens combattants, en cette veille du 11 novembre, anniversaire de l’armistice de la 1e guerre mondiale. Que de guerres dans le monde depuis 1918, et sous de nouvelles formes !  Nous sommes appelés à agir : le devoir de mémoire,  l’éducation civique, l’engagement pour la paix sociale et dans le monde, la prière….

Que l’Esprit-Saint désarme nos cœurs et fasse de nous des artisans de paix

 

Homélie : 2  M 7, 1-2, 9-14 ; Ps 16 ; 2 Th 2, 16-3, 5 ; Lc 20, 27-38

Frères et sœurs, chers amis,

Puisque nous sortons de la Toussaint et de la commémoration de nos fidèles défunts,

Puisque nous commémorons l’armistice de la grande guerre avec ses 18,6 millions de morts, en comptant les militaires : 9,7 millions de morts, et les civils : 8,9 millions,

Puisque nous venons d’entendre un Évangile sur la question de la mort et de la résurrection qui se termine par : « Le Seigneur, le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui »,

Puisque notre paroisse célèbre près d’une centaine de sépulture par an et accompagne une trentaine de familles pour un temps de prière au crematorium/funérarium de Mayenne, sans passer par l’église (Exactement en 2018 : 91 sépultures à l’église, 30 temps de prière au crematorium/funérarium)

Pour ces 4 raisons, je vous propose de réfléchir sur ce qui est essentiel à notre foi chrétienne, ce qui est central, ce sans quoi notre foi est vaine disait St Paul, à savoir la résurrection de Jésus et notre propre résurrection. A la sortie de cette messe, ceux qui le souhaiteront pourront recevoir un dépliant du diocèse, intitulé « Lorsque la mort d’un proche survient….la communauté chrétienne paroissiale vous accompagne ». Le magnifique visuel du dépliant est porteur de mots qui disent plein d’essentiels, liés à notre espérance.

 Cet Évangile est très intéressant, à plus d’un titre :

D’abord, il y a ceux qui croient et ceux qui ne croient pas en la résurrection. Chacun est libre de croire. Il y a des millions d’hommes et de femmes qui croient qu’il n’y a rien après la mort, d’autres croient en la réincarnation, d’autres cherchent…. Les sadducéens, ceux qui ne croient pas en la résurrection, ont le mérite de poser la question. Mais ils tendent un piège à Jésus en inventant une histoire basée sur la loi du lévirat selon laquelle « un homme qui a un frère qui meurt en laissant une épouse sans enfant doit épouser la veuve ». Les sadducéens imaginent que la veuve épouse successivement les 6 frères.  « Duquel des 7 frères, la veuve sera l’épouse, à la résurrection ? ». Les sadducéens veulent montrer l’absurdité d’une telle croyance. Cherchez l’erreur : les sadducéens imaginent l’au-delà à la manière d’ici-bas.

Ensuite, Jésus aurait pu se taire, mais il veut éclairer leur conscience. Jésus distingue les enfants de ce monde et les enfants de Dieu qui sont enfants de la résurrection.  Pourquoi celui qui a créé le ciel et la terre ne pourrait pas ouvrir à l’humanité une création nouvelle, renouvelée par Jésus, l’Envoyé du Père, Jésus le 1er né d’entre les morts, le Vivant, le Ressuscité ? Pourquoi s’enfermer dans des raisonnements ? Pourquoi ne pas ouvrir notre raison raisonnante à la foi !  « La raison et la foi sont comme les 2 ailes de l’Esprit » St Jean-Paul II. Pourquoi concevoir le mariage seulement en vue d’avoir des enfants ? Pourquoi ne pas découvrir dans la Parole de Dieu le sens authentique de Dieu infini, infiniment grand, infiniment aimant, Créateur et Sauveur, sens sur lequel repose notre foi en la résurrection ? Jésus dit : « Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui ». C’est-à-dire, Dieu a créé le monde ; Il a fait alliance avec l’homme. Dieu vivant est fidèle. La mort qui est le salaire du péché a brisé l’alliance, mais Dieu est fidèle. Dieu a renouvelé son alliance avec l’homme en Jésus qui est mort pour nous, qui est ressuscité pour nous. Pourquoi Dieu que nous invoquons dans nos prières comme éternel et tout-puissant, nous retirerait-il la vie ? Quelle image de Dieu avons-nous ? Quelle conception de l’homme avons-nous ? Je vous recommande le livre de Thierry Magnin, Penser l’humain au temps de l’homme augmenté face aux défis du transhumanisme, 2017, pour aiguiser notre réflexion.  

 Notre paroisse accompagne, au fil de l’année, les familles endeuillées. Félicitations aux équipes deuil, aux guides, aux sacristains, aux organistes, aux animateurs chants, tous bénévoles. Je fais appel pour que d’autres prennent progressivement le relais pour ce service capital « d’accueil, d’écoute, d’accompagnement, en toute liberté et discrétion, sur un chemin de paix et d’espérance ». Notre dépliant 4 volets rappelle les étapes ou stations que recommande l’Église, au moment de la mort, à l’église (« lieu incomparable où Dieu m’attend. La maison de famille qui relie terre et ciel ») et au cimetière. L’Église préfère le passage par l’église. Notre évêque souhaite en même temps, que notre paroisse puisse rejoindre par un temps de prière au crematorium/funérarium les familles qui ne sont pas prêtes au passage par l’église, lieu sacré, lieu saint, lieu communautaire, pour toutes les étapes de notre existence. L’Église veut témoigner de la « bonne nouvelle de la vie », de la vie éternelle pour tous. « L’Eglise n’est pas opposée à la crémation. Elle recommande que les cendres soient déposées dans un lieu de mémoire personnalisé : inhumation de l’urne dans un tombeau familial, dans une cave-urne ou déposition de l’urne dans un columbarium ».  L’Eglise a toujours tenu à un lieu de mémoire et de prière, et considéré les cimetières comme des lieux sacrés où nos frères dorment dans la paix et l’attente de la résurrection. « L’Eglise n’est pas favorable à la dispersion des cendres. Elle préfère l’inhumation des corps : la manière dont Jésus-Christ a été enseveli ». Cette manière dit mieux symboliquement notre foi en la résurrection de la chair et la vie éternelle.

Chers amis,

Soyons toujours et partout des passionnés de la vie, de la vie éternelle. AMEN