Accueil : Chers amis,

Chers amis, pour les chrétiens, ce 11 septembre, c’est le jour du Seigneur, liturgiquement le 24 e dimanche du temps ordinaire. Pour beaucoup, le 11 septembre, c’est l’anniversaire des attentats du mardi 11 septembre 2001. Certains journalistes avaient titré : « Ce jour où le monde a basculé ». Chers amis, le monde a basculé positivement avec l’avènement de Jésus-Christ, l’histoire en est marquée puisque nous comptons en avant et après Jésus-Christ. Que chaque dimanche nous introduise plus avant dans un nouvel art de vivre et de témoigner de l’Evangile de la grâce de Dieu et de la Paix. Que l’Esprit-Saint nous purifie et nous renouvelle 

 Homélie : Ex 32, 7-11. 13-14 ; Ps 50 ; 1 Tm 1, 12-17 ; Lc 15, 1-32

Chers amis,

Pourquoi ne pas retenir de la Parole de Dieu la joie de la miséricorde,

La joie de Moïse qui a réussi à apaiser le visage du Seigneur, car le peuple avait préféré un veau d’or au Seigneur qui l’avait pourtant libéré de l’esclavage de l’Egypte. La joie de David, dans le psaume 50, qui après avoir commis un meurtre et un adultère, s’écrie : « Selon ta grande miséricorde, efface mon péché…..et ma bouche annoncera ta louange ». La joie de Paul qui se dit « le 1er des pécheurs » et qui confesse : « Mais, il m’a été fait miséricorde ». La joie évangélique du pasteur qui retrouve la 100e brebis, celle qui était perdue : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue » ; la joie évangélique de la femme aux 10 pièces d’argent qui retrouve la pièce perdue : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue » ; la joie évangélique du Père prodigue en amour, Père du fils prodigue en misère humaine et spirituelle, fils prodigue finalement en conversion qui le rétablit en dignité. 

Chers amis, rappelons-nous notre synode 2018-2021 qui porte le nom de la joie : « ‘’Tu as du prix à mes yeux’’ Dans ce monde aimé de Dieu, ouvrons des chemins de joie »

Permettez-moi de revenir sur notre synode fait pour actualiser nos Evangiles de chaque dimanche, aujourd’hui la joie de la miséricorde. Oui, le monde bascule quand «  Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » Ps 84

Avant les 6 lois synodales, notre évêque, après avoir écouté les mayennais, a promulgué un texte de vision diocésaine pour nous conduire jusqu’en 2030. Cette vision est articulée autour de 3 points d’ancrage : « Une Eglise diocésaine joyeuse de vivre de la grâce de Dieu, une Eglise diocésaine joyeuse de créer du lien, une Eglise diocésaine qui appelle, forme, envoie pour aller au pays de l’autre ». On retrouve la joie. On trouve le ressourcement en Jésus, avec la Parole de Dieu et les sacrements, dans une Eglise joyeuse. On trouve la fraternité, avec une place de choix pour les jeunes et les vocations, avec la priorité de l’attention aux plus pauvres, avec le rêve à incarner de groupes de chrétiens à se lever partout dans nos territoires. Autrefois, les lieux créaient les liens, aujourd’hui, dans ce monde de mobilité et de pluri-appartenance, les liens peuvent créer les lieux. On trouve aussi que tout doit être orienté vers la mission dans une Eglise diocésaine qui appelle, forme et envoie. Ce dernier point est tellement important et difficile que notre évêque souhaite pour amorcer ce processus de transformation missionnaire profonde de nos communautés fonder une école de la mission. La joie de la miséricorde, on ne peut pas la garder pour soi. Comment en témoigner devant tous ?  « Dans cette Ecole diocésaine, nous apprendrons les différentes manières d’être missionnaires. Nous apprendrons l’estime des différentes missions, des différentes méthodes, des différentes manières d’être. Nous nous laisserons transformer en élargissant notre horizon intérieur ». 

6 lois synodales développent cette vision autour de VIVRE et SORTIR. 4 fois le mot vivre dans l’intitulé des 4 premières lois, 2 fois le mot SORTIR dans celui des 2 dernières lois. Nous connaissons la diastole/systole du rythme cardiaque, vivre et sortir constitue le tempo de notre vie chrétienne. Tout est orienté vers la mission, que le monde devienne le Royaume de Dieu, par la médiation du Christ et de l’Eglise. On retient parfois quelques mots de notre synode : prière, mission, bienveillance, sobriété heureuse, accompagner, sortir. Mais l’intitulé de chaque loi vient nous rappeler la dynamique missionnaire : vivre à plein du Christ en communauté pour être tous disciples-missionnaire, dans la joie contagieuse d’une vie chrétienne. De la première loi, on pourrait retenir seulement le mot PRIER, mais le texte dit : « Vivre la transformation missionnaire de l’Eglise dans la prière personnelle et communautaire ». C’est la prière au cœur de cet élan qui nous fait passer de disciple à missionnaire. La deuxième loi met en valeur le mot MISSION, mais que serait la mission sans la communion avec toutes les formes d’engagements dans l’Eglise. C’est déjà la mission en interne. Dans les lois suivantes, la mission se déploie dans la fraternité, sous toutes ses formes, dans l’Eglise et avec le monde, ce qui suppose la bienveillance (Loi 3). La mission passe par la sobriété heureuse, l’écologie intégrale qui est bien plus qu’un passage obligé, une mode du moment, une urgence, mais une manière d’incarner l’Evangile, aujourd’hui, dans toutes les dimensions du salut (personnelle, sociale, environnementale) (Loi 4). La cinquième loi  nous rend attentif aux changements à opérer : accompagner selon le modèle catéchuménal ceux qui frappent à la porte de l’Eglise, transformer nos paroisses pour sortir du « modèle de couverture de territoire à celui de l’émergence de sources de rayonnements missionnaires ». La sixième loi ne laisse aucun doute et parachève cette progression de loi en loi : « Au-delà du seul accueil, sortir pour nous laisser envoyer en mission » (loi 5). 

Chers amis, que notre nouvel art de vivre et de témoigner soit celui de la joie de la miséricorde. Lisons et relisons notre synode pour entrer dans des processus profonds à long terme, et non dans des recettes toutes faites. « Ouvrons des chemins de joie »

AMEN ALLELUIA MARANATHA