Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

Que ce 1er dimanche de septembre soit

un dimanche d’engagement dans l’œuvre immense de l’éducation, en ce temps de rentrée scolaire,

un dimanche d’élan de notre nouvelle année pastorale,

un dimanche d’engagement écologique durant ce mois de la création, en lien avec la journée mondiale de prière pour la sauvegarde la création du 1er septembre

Que l’Esprit de sanctification et de glorification achève en nous ce qu’il a commencé

 

Homélie : Sg 9, 13-18 ; Ps 89 ; Phi 9b-10. 12-17 ; Lc 14, 25-33

Chers amis,

Etre disciple(s), ce n’est pas très à la mode.

Pourtant, c’est l’insistance de Jésus. Par 3 fois, dans l’Evangile, Jésus nous dit : Si vous ne me préférez pas à tout, vous ne pouvez pas être mon disciple ; si vous ne portez pas votre croix, vous ne pouvez pas être mon disciple ; si vous ne vous asseyez pas pour réfléchir et prévoir, vous ne pouvez pas être mon disciple.

Aujourd’hui, on parle plus de responsabilité, d’autonomie, de liberté et de coach pour accompagner. Pour la rentrée des enseignants de Don Bosco, j’ai participé à un beau témoignage d’Eric Alard, champion de bobsleigh, qui faisait des liens entre le monde sportif et le monde de l’enseignement-éducation. Il a écrit un livre qui s’appelle « Devenez votre propre champion ». Très intéressant de connaitre les méthodes que se donnent les sportifs de haut-niveaux pour se préparer, pour performer, pour progresser. Un chrétien, un disciple de Jésus est invité à réussir professionnellement en suivant des pédagogies adaptées aux époques, mais le plus important est de réussir sa vie. Le registre de la performance est intéressant, mais celui du relationnel, de la sagesse, de la sainteté est plus important encore.

Soulignons quelques attitudes profondes de tout disciple de Jésus :

Avec la 1e lecture : se reconnaitre infiniment petit devant l’infiniment grand : « Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? ». Ce que confirme le psaume 89 e : « A tes yeux mille ans sont comme hier, c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit ». Accueillir la sagesse et l’Esprit-Saint : « Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la sagesse et envoyé d’en-haut ton Esprit-Saint ? » Ce que confirme le psaume 89 e : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours, que nos cœurs pénètrent la sagesse ».

Avec la 2 e lecture : entrer et demeurer dans une morale, une éthique de la liberté chrétienne. Je vous recommande le livre d’Adrien CANDIARD (un dominicain vivant au couvent du Caire), intitulé : A Philémon Réflexions sur la liberté chrétienne (2019). Cette épitre à Philémon de 25 versets est une magnifique ode à la liberté chrétienne. St Paul, en prison, probablement à Ephèse, vers l’an 50, reçoit dans sa prison, Onésime, ce qui signifie utile en grec. C’est un esclave en fuite de chez Philémon qui réside à Colosses. Un prisonnier reçoit un esclave ! Et l’esclave se convertit, car Paul le baptise en prison : « Onésime, mon enfant, à qui en prison, j’ai donné la vie dans le Christ ». Deux possibilités s’offrent à Onésime, soit fuir et risquer la peine de mort en cas de capture, soit retourner à Colosses chez son maître. Sur le conseil de Paul, Onésime choisit de retourner chez son maître avec une lettre de recommandation de Paul. On s’attendrait à ce que Paul condamne l’esclavage et ordonne à Philémon de rendre sa liberté à Onésime. Paul choisit de « se tenir au seuil de la conscience de Philémon », d’invoquer au Nom de Dieu sa responsabilité, sa liberté, sa fraternité en Christ, son amitié avec Paul. Paul demande à Philémon de recevoir Onésime, non plus comme un esclave mais comme un frère bien aimé, bien plus encore comme si c’était Paul lui-même. Et cette morale de la liberté est une expérience intérieure de libération qui requiert la force de l’Esprit-Saint. Les parents le savent bien : les obligations, par exemple d’aller à la messe, ne tiennent qu’un temps, si les jeunes ne font pas eux-mêmes l’expérience de la rencontre avec Dieu et avec des frères et ne choisissent pas librement l’Eucharistie. Ce qui va avec toute une éducation à la liberté et dans la liberté.

Avec l’Evangile, le disciple  adopte 3 nouvelles attitudes :

Préférer Dieu à tout, ce qui ne signifie pas ne pas aimer sa famille, ses relations, le monde. En Dieu, tout trouve son sens, son orientation, son accomplissement….

Porter sa croix, ce qui signifie traverser les épreuves avec Jésus

S’asseoir, ce qui signifie réfléchir, anticiper, vérifier, se projeter en avant et avec réalisme. Les Equipes Notre Dame ont toujours eu comme pédagogie le fameux devoir de s’asseoir pour faire régulièrement le point en couple.  

Chers amis,

Que toutes ces attitudes qui constituent les disciples soient les nôtres et nous façonnent. La suprême liberté des disciples n’est-elle pas devant la mort ! Les hagiographies c’est-à-dire les biographies des saints, spécialement les martyrs, sont remplies de ces paroles de liberté des enfants de Dieu. Pourquoi ne pas citer Ste Thérèse de l’Enfant Jésus : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie »

AMEN ALLELUIA MARANATHA