Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

Bonne année ! Vous allez me dire que je suis en avance d’un mois ! Pourtant, je peux vous dire : Bonne année, bonne nouvelle année liturgique !  Nous allons revivre tous les mystères du Christ, dans la communion des saints et dans l’Église, notre famille, « en sortie » vers le monde qu’elle veut rejoindre de toutes ses forces pour lui annoncer la bonne nouvelle du salut intégral.

Portons dans notre prière ces 13 militaires qui nous ont offert leur vie pour défendre la France de la violence terroriste. Prions pour la paix dans le monde : « Un monde sans armes nucléaire est possible et nécessaire », nous a rappelé le pape François, lors de son récent voyage au Japon.

Que le Seigneur chasse de nos cœurs la tristesse du péché et nous procure la joie du salut.

Homélie : Is 2, 1-5 ; Ps 121 ; Rm 13, 11-14a ; Mt 24, 37-44

Frères et sœurs, chers amis,

Etes-vous bon en orthographe ? Comment écrivez-vous les mots av(e)(a)nt, dans la phrase : « Le temps de l’Avent, c’est avant Noël » ? Le mot se prononce de la même manière et pourtant, il n’a pas le même sens.

Le temps de l’Avent, c’est le temps de la mémoire, c’est le temps d’hier, c’est le temps de l’avant, c’est pourquoi pendant quatre semaines, nous écouterons les prophètes, spécialement le prophète Isaïe (les quatre premières lectures des quatre dimanches de l’avent seront tirées du livre d’Isaïe). Isaïe est le prophète-poète qui nous parle avec plein d’images et qui, en période d’exil pour le peuple d’Israël, annonce le retour d’exil, annonce le Messie, annonce la restauration de Jérusalem et la Jérusalem céleste. Nous écouterons le prophète Jean-Baptiste, le dernier prophète avant le Christ.  Nous cheminerons avec Marie, la fille d’Israël, la Mère du Messie. L’Avent, c’est quatre semaines avant Noël, c’est bien  davantage toute l’histoire sainte s’accomplissant en Jésus, le Messie attendu : « Depuis plus de quatre mille ans, nous le promettaient les prophètes, depuis plus de quatre mille ans, nous attendions cet heureux temps. « Un peuple sans culture est un peuple sans âme ». Anthony Biakolo « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». Todd Strasser. Cultivons notre mémoire judéo-chrétienne.  Nos frères juifs, spécialement avec les psaumes, nous ont appris qu’ils cultivaient leur mémoire en se rappelant sans cesse les Alliances de Dieu avec son peuple (Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus). Ils se remémorent, pas seulement pour le plaisir de l’historien, mais surtout pour actualiser cette mémoire. Elle est un mémorial qui consiste à reconnaitre dans la situation d’aujourd’hui la réalisation de l’exode, de l’exil, des alliances. L’Avent, c’est aujourd’hui……, c’est aujourd’hui que Dieu nous sauve

Le temps de l’avent, c’est le temps de l’attente, le temps orienté vers demain, c’est le temps orienté vers le retour du Christ, c’est le temps de l’après.  L’Évangile nous avertit : « Veillez, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». L’instant présent des chrétiens est d’une richesse infinie : il est porteur d’une mémoire actualisée, il est orienté vers l’accomplissement de ma vie, de notre vie et  de l’histoire du monde : nos destins sont liés. Tout ce que nous vivons, nous le vivons au présent : notre présent est présent du passé et déjà présent de quelque chose de l’avenir. Pourquoi ? Parce que dans notre union avec Jésus, l’Éternel qui est entré dans le temps à Noël, tout est renouvelé, tout est transformé, nos relations au temps et  au monde. Parce que nous sommes en communion avec Celui qui est déjà venu, avec Celui qui viendra à la fin de notre vie et à la fin du monde, avec Celui qui ne cesse de venir à nous par son Esprit, par sa parole, par les sacrements, par les événements de l’existence Cf préface de l’Avent n°2, notre présent est profondément bouleversé. La venue de Jésus, le divin Enfant  est un événement tel que l’Église en parle comme d’un triple avènement.

Nous comprenons peut-être mieux alors que le temps de l’avent n’est pas seulement le temps de l’avant, ni le temps de l’après, mais le temps présent infiniment riche où tout est lié, c’est en définitive le temps de notre existence ….

Cette semaine, j’ai visité des classes d’enfants dans les écoles privées de Mayenne. Les enfants avaient des questions pertinentes. Un prêtre, certains n’avaient jamais vu un prêtre ? Comment on devient prêtre ? A quoi ça sert ? D’où ça vient ? Comment on prie ? Combien vous gagnez ? Mes meilleurs souvenirs ? Qu’est-ce que vous faites en dehors du dimanche ? Est-ce que vous avez déjà entendu Dieu vous parler ? Etes-vous heureux ? Ce serait à refaire, est-ce que vous le referiez ? Je retiens la question : mes meilleurs souvenirs. « J’ai répondu, il y en a trop. Je vous en donne quelques-uns : mon ordination, des études à Paris, la joie et le sourire d’enfants, de mariés, de malade qui reçoivent l’onction des malades ou la communion, des retrouvailles des personnes non vues depuis longtemps, des amitiés, ma famille…..mais, pour moi le meilleur souvenir, c’est quand chaque soir je repense à ma journée, il y a toujours un moment de plus grand bonheur, une rencontre,  une grâce du Seigneur pour éclairer l’intelligence, pour réchauffer le cœur, une action de  grâce…. J’aime le moment présent, riche du passé et de l’avenir, car demain commence aujourd’hui »

Frères et sœurs, chers amis,

Pour goûter ce temps de joyeuse pénitence de l’avent, usons des pédagogies toutes simples à notre portée : couronne d’avent, calendrier d’avent, crèche évolutive, participation à la chorale, prière, prendre et se tenir à des résolutions : se lever de bonne humeur, bienveillance, écoute, compassion, générosité, bonne entente, pardon, chaque jour : examen de conscience et action de grâce. « C’est le moment », dit St Paul dans la 2e lecture, c’est le temps de l’Avent. AMEN