Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

 Au cœur de cet été, en ce dernier jour de juillet, que ce dimanche nous ressource, qu’il fasse en nous le plein de sagesse. Nous avons le plaisir d’accueillir au sein de notre communauté la famille BURGEOT qui vient de Mayenne. Zoë (CM2) et Zeina (6e) ont été baptisées le 24 avril 2021. Après avoir continué à cheminer en catéchèse, soit avec un groupe de catéchèse paroissiale à Mayenne, soit avec une équipe d’Aumônerie d’Enseignement Public (AEP), elles sont désormais prêtes à vivre leur 1e communion, au milieu de notre communauté.

Que le Seigneur nous libère de tous ces liens qui nous empêchent de marcher dans la joie…..

 Homélie : Qo 1, 2 ; 2, 21-23 ; Ps 89 ; Col 3, 1-5. 9-11 ; Lc 12, 13-21

Chers amis, nous la connaissons bien cette expression de la 1e lecture : « Vanité des vanités, tout est vanité ! ». Que signifie-t-elle vraiment ?

Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas de connotation morale qui signifierait qu’il n’y aurait rien de bon sous le soleil, que l’homme ne ferait rien de bon, que la création serait mauvaise, qu’il n’y  aurait pas d’avenir. Ce serait une très mauvaise manière de comprendre : « Tout est vanité ! ». Pourquoi ce livre du Qohèleth serait présent dans la bible ? Pourquoi ce point d’exclamation, à la fin de l’expression : « Vanité des vanités, tout est vanité ! » ?

Que signifie-t-elle vraiment ?

Des commentateurs bibliques avérés nous disent que cette expression : « Vanité des vanités » pourrait se traduire autrement, à savoir « Buée de buée ». La buée sur une vitre, sur des lunettes, est  une vapeur d’eau qui se dépose en fines gouttelettes formées par la condensation. La buée, c’est passager, c’est volatil, c’est provisoire. On pourrait aussi traduire « Poursuite de vent ». En définitive, « Vanité des vanités, tout est vanité ! », signifie que  tout passe sur cette terre, tout est éphémère. C’est un constat. La pointe de ce livre est que, sur la base de ce constat des limites de la création et de l’homme, tout passe sauf ou presque…Le livre fait grandir le suspens. Ce constat d’apparent pessimisme fait ressortir, au final, Dieu qui demeure, la foi qui fortifie : « Si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas » Is, la sagesse qui « commence avec la crainte de Dieu » et avec l’humilité. « Sous cette apparente désespérance, il y a un véritable langage de foi » (Marie-Noëlle THABUT). L’auteur du Qohèleth prend souvent l’exemple du roi Salomon, connue pour sa sagesse qui a failli. Son règne aura été celui de la puissance, des grands travaux avec le temple de Jérusalem. Ecoutons Salomon se glorifiant : «  J’ai entrepris de grands travaux : je me suis bâti des maisons et planté des vignes. J’ai creusé pour moi des bassins dont les eaux irriguent des pépinières. J’ai eu des serviteurs et des servantes… J’ai encore amassé de l’argent et de l’or, la fortune des rois et des États. J’ai eu des chanteurs et des chanteuses et ce plaisir des fils d’Adam : une compagne, des compagnes…Je me suis agrandi, j’ai surpassé tous mes prédécesseurs à Jérusalem, et ma sagesse me restait. Rien de ce que mes yeux convoitaient, je ne l’ai refusé. Je n’ai privé mon cœur d’aucune joie ; je me suis réjoui de tous mes travaux, et ce fut ma part pour tant de labeur ». Et ce même Salomon de constater : « Mais quand j’ai regardé tous les travaux accomplis par mes mains et ce qu’ils m’avaient coûté d’efforts, voilà : tout n’était que vanité et poursuite de vent ; rien à gagner sous le soleil ! » Qo 2

Dans ce livre révélé, au milieu de tant d’apparent pessimisme, brillent des perles d’optimisme, d’espérance invincible : « Dieu donne à l’homme qui lui plaît sagesse, science et foi » Qo 2, 26 ; « Les justes, les sages et leurs travaux sont dans les mains de Dieu » Qo 9, 1 ; « Celui qui observe le commandement ne connaitra rien de mauvais » Qo 8, 5. Et si « Vanité des vanités, tout est vanité ! », signifiait : Réfléchissez, qu’est-ce qui  est  durable ? Qu’est-ce qui vaut la peine d’être vécu ? Je prends le risque de renverser la formule, de souligner tout ce qui se dégage de positif dans cette formule, sur la base de cette conscience vive de notre fragilité/vulnérabilité/inconstance : « Mystère des mystères, tout est mystère », au sens où un mystère dans l’Ecriture et la liturgie est une réalité jusqu’alors cachée que Dieu dévoile et qui commence à se réaliser en nous sur cette terre et définitivement au ciel. Tout, dans l’histoire et dans nos vies, se dévoile avec le temps à celui qui sait observer, discerner avec sagesse et agir avec constance.

Le psaume 89 est de la même veine que Qohèleth :

« Tu fais retourner l’homme à la poussière…A tes yeux mille ans sont comme hier, c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit….Tu les as balayés, ce n’est qu’un songe ; dès le matin, c’est une herbe changeante : elle fleurit le matin, elle change ; le soir elle est fanée, desséchée ». C’est le constat que nous sommes poussière…..

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. Rassasie de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants ». C’est la vie qui l’emporte sur la mort, l’éternité sur le temps, la sagesse sur la folie….

Chers amis,

Et si ce message du livre de Qohèleth convenait parfaitement à notre monde parfois désabusé, nous ouvrait merveilleusement au ré-enchantement en ouvrant une espérance ! Pouvons-nous lutter contre le réchauffement climatique ! Pouvons-nous faire cesser les guerres ! Pouvons-nous vaincre les épidémies ? Pouvons-nous radier la corruption financière de tant de gouvernements ? Le psalmiste et le Qohèleth répondent : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse ». Jésus renchérit : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et, ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? Voilà ce qui arrive à qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu »

AMEN ALLELUIA MARANATHA