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Chers amis, frères et sœurs dans le Christ,

Un évangile de la multiplication des pains, comme Parole de Dieu pour ce jour

Un évangile qui interroge chacun : quels sont nos faims et nos soifs véritables ? Quelles sont nos solidarités dans le partage des biens ? « Ma nourriture est de faire la volonté du Seigneur » disait Jésus. Que l’Esprit de Dieu aiguise notre désir et nous sanctifie.

Homélie :

Chers amis, frères et sœurs dans le Christ,

Un évangile de la multiplication des pains qui sera le support de l’enseignement de Jésus durant 4 dimanche à suivre. Nous sommes et serons avec St Jean au chapitre VIe. L’épisode de la multiplication des pains est la base de cet enseignement, soyons attentifs.

Soyons attentifs à cet événement de la multiplication des pains qui constitue un enseignement en actes, soyons attentifs aux détails du contexte :

La foule. « Une grande foule », « une foule nombreuse » suit Jésus d’une rive à l’autre. Elle rejoint Jésus et les disciples sont assis sur la montagne. St Jean précise la motivation de la foule : « Une grande foule suivait Jésus parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades ». Une foule affamée, assoiffée de merveilleux, de sensationnel ! La finale de l’Évangile sera rude, quand Jésus leur révèle qu’il est le Pain de vie : « À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu ».

L’attitude de Jésus. « Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? ». Merveilleuse 1e attitude de Jésus qui pense aux détails de la vie, qui s’intéresse à nos besoins fondamentaux. Dieu est amour, Dieu aime en actes, Dieu est dans les détails. Pensons à la mère de Jésus à Cana : « Ils n’ont plus de vin ». Ici, ils n’ont pas de pain. Jésus aime en actes. Il va multiplier les pains, non pas pour le plaisir d’un miracle, non pas pour se montrer. La fin de l’Evangile nous dit d’ailleurs : « À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul ». Jésus va multiplier les pains par amour, par bonté, pour aiguiser leur faim spirituelle.

La seconde grande attitude de Jésus dans cet évangile du pain multiplié et partagé est celle d’associer les hommes à son œuvre :

Un enfant avec ses 5 pains d’orge et ses 2 poissons ! Dans les mosaïques, on retrouve parfois ce motif, comme annonce de l’Eucharistie. Si vous allez à Tabgha, sur la rive nord-ouest du lac de Galilée, vous découvrirez devant l’autel dans une église récente bâtie sur les ruines d’églises édifiées au fil des siècles une mosaïque du 5e siècle représentant 2 poissons et un panier avec 4 pains, le 5e étant celui qui est consacré à l’autel et nous rappelle l’orientation eucharistique de cet événement de la multiplication des pains. Le contexte du miracle le suggère : « Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche ». Quelle disproportion entre 5 pains et 2 poissons et la nourriture pour 5000 personnes ! Quel décalage entre l’œuvre de Dieu et l’œuvre des hommes ! L’enfant aurait pu garder ses 5 pains et ses 2 poissons et les consommer en cachette au milieu d’une foule affamée ! « Aujourd’hui, certaines parties du monde savent que d’autres n’ont jamais faim ! » Noël QUESSON. Quelle invitation à œuvrer au partage entre les peuples pour instaurer une économie du don et de la solidarité pour la multitude !

Des disciples ! « Faites asseoir les gens ». « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde ». «  Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture ». Les disciples ne sont pas spectateurs, mais associés à l’œuvre du Seigneur. Dieu veut faire participer les hommes à l’œuvre de sa création ; Dieu veut faire participer les hommes à l’œuvre de sa recréation.

Chers amis, chers frères et sœurs dans le Christ,

Et si nous redécouvrions, dans nos liturgies, la pratique et le sens des processions d’offrande. « Entre le IV et le VIIIe s. , en Afrique et à Rome, on fait une procession des offrants comparable à celle de la communion. Tous s’approchent de l’évêque et de ses ministres pour remettre leurs dons. En Gaule, les dons des fidèles sont déposés à la sacristie avant le début de la célébration, et ce sont les diacres qui apportent le pain et le vin à l’autel au cours d’une procession » Michel Steinmetz.  Pourquoi cette procession est-elle aussi   importante, pendant que le diacre ou le prêtre prépare l’autel ?

Parce qu’elle constitue le passage entre la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie. Après nous être nourris du Christ Verbe/Parole, nous allons nous nourrir du Christ chair/Eucharistie. Le Christ nous associe à son incarnation, à sa Pâques, à son retour au Père. Nous apportons le pain et le vin qui deviendront le corps et le sang du Christ : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donne ce pain…et ce vin…ils deviendront le Pain de la Vie …le vin du Royaume éternel ». Ou encore « comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui a pris notre humanité ». Tous les rites de la présentation des offrandes se tiennent et nous préparent et nous disposent à plonger grâce à la prière eucharistique dans la participation à la Pâques de Jésus.

Et si nous pratiquions de façon habituelle avec la quête la procession des offrandes, sachant que « quand quelques-uns processionnent, tous processionnent »! ,  afin de nous habituer à participer en Jésus à cette dynamique du don qui s’accomplit dans l’Eucharistie  et qui passe par le partage de tous les biens de la terre.      AMEN