Demain, c’est la fin du confinement et des messages quotidiens du Père Maxime Beucher

Une légende indienne,

Aux pieds des Montagnes Rocheuses, dans le village de Tihoka, les hommes avaient taillés dans le roc dominant leur campement une image du Grand Esprit, leur dieu : ils avaient sculpté un beau visage d’homme, grave et souriant à la fois. Tous aimaient regarder ce rocher ; il était beau et cela mettait la paix au cœur.

Mais vient pourtant la discorde dans le village : la chasse n’avait pas été bonne et l’on se disputait car le partage des bisons tués avait été mal fait. Les plus forts s’étaient bien servis…

On ne se parlait plus d’un wigwam à l’autre. Et quand vint l’hiver, ce fut bien pire avec la faim et les maladies. Et toujours la jalousie et la rancune. La tribu était divisée. Le vieux sachem ne pouvait rien faire, mais il ne désespérait pas. Il allait répétant : « Un jour nous serons sauvés ! ». « Quand ? » lui demandait-on. Et il répondait : « Quand viendra dans le village l’homme qui ressemblera à la figure du rocher. »

Tiwak, un garçon du village, écoutait cela avec passion. Car, s’il souffrait de la faim et du froid, il était surtout triste de voir les gens se détester au lieu de s’aider.

Souvent, souvent, il montait vers le rocher de l’esprit. Et il regardait, il regardait,… et il priait de tout son cœur : « grand esprit, envoie-nous cet homme qui te ressemble, et puis aide-nous à mettre la paix dans le village. »

Et Tiwak redescendait parmi les siens et il essayait de mettre la paix partout. Il en parla à ses frères et sœurs et, s’y mettant tous, ils firent si bien que, petit à petit, le village retrouva son unité.

On voulut fêter cela devant le rocher de l’esprit. Tiwak était là, bien sûr. Le sachem vint le prendre et l’amena au pied du rocher.

Stupeur de tous : le visage de Tiwak ressemblait exactement au visage sculpté dans le roc.

 

Tiwak l’avait tellement regardé qu’il avait fini par lui ressembler. Tellement regardé qu’il était tout transformé.