La présence de communautés religieuses dans les quartiers de Laval ou même dans les villages trouve son origine dans les années 1960 à la suite du Concile Vatican II. Sœur Monique et Sœur Thérèse, Sœurs de Saint François d’Assise, ainsi que les Congrégations des Sœurs de la Charité d’Evron et du Sacré Cœur de Jésus de St Jacut les Pins, nous en disent plus sur la mission de ces religieuses auprès des habitants qui sont parfois d’autres confessions religieuses.

Dans le quartier de saint Nicolas, à Laval, nous sommes une communauté de religieuses, de l’Institut des Sœurs de saint François d’Assise, présente depuis un peu plus de 50 ans ! A l’appel de l’Evêque, après le Concile Vatican II, la congrégation a fait le choix de cette présence de proximité, habitant en HLM, en plein cœur de la population multiculturelle et inter-religieuse, venue là à l’origine pour travailler.

Sœur Paule Vincendeau qui vient de décéder, avait quitté Laval il y a 10 ans. Elle a été présente au quartier et à la paroisse sainte Thérèse à 2 reprises, pendant 30 ans. De nombreuses personnes se souviennent encore de sa présence discrète, de ses services, auprès de personnes âgées ou malades, dans l’association « Alcool assistance », dans la paroisse, etc…

Il est frappant de constater à quel point les sœurs qui se sont succédées dans cette fraternité, ont laissé une trace, et que des personnes, soit du quartier, soit de la paroisse, se souviennent d’une partie de leur vécu ici à Laval !

Nous comprenons encore aujourd’hui l’importance et le sens de cette présence communautaire au milieu de ces quartiers populaires, marqués par beaucoup de précarité et de chômage où se mélangent pauvretés et richesses, violences et désirs de paix.

Tout et immeuble d’un quartier à Laval
©diocesedelaval.fr

A la recherche d’unité entre les religions

L’encyclique « Fratelli Tutti » nous invite à l’unité dans le respect des différences, respect de chacun, sans exclure, à être « des médiateurs de paix et de réconciliation » là où nous sommes. L’appel du Pape François « d’aller en périphérie » nous conforte encore aujourd’hui dans le choix de ce lieu d’implantation et de la mission !

Dans l’escalier de notre immeuble, des liens se tissent avec les voisins, 4 familles du Maghreb, musulmanes, et 4 familles françaises. Une belle mixité qui se vit dans un esprit fraternel, à partir d’échanges, d’accueil et de services réciproques, d’entraide selon les évènements.

Sœur Thérèse prend le thé avec une voisine marocaine
©diocesedelaval.fr

Les grandes fêtes religieuses, sources de partage

Le Ramadan est occasion de contacts en toute simplicité, ce qui nous donne l’opportunité de dire ce qui nous fait vivre. Des enfants nous interpellent par rapport à notre identité de « sœurs », « vie religieuse ». Qui sommes-nous ?

Nous avons des appels de familles pour du soutien scolaire. Nous accompagnons régulièrement une enfant de 10 ans. Pour les plus grands, lycéens et année du BAC, en lien avec la paroisse, nous avons trouvé des étudiants et jeunes professionnels.

Devant notre appartement se situe la Maison de quartier où se vivent diverses activités. Nous participons à « Monde de femmes », des sorties ou marches organisées, des jeux. Cependant, à cause de la pandémie elles se sont un peu réduites.

Un groupe de convivialité du Secours catholique qui réunit une trentaine de personnes ne peut aujourd’hui se retrouver à la salle Murat. Certains viennent par 2 ou 3 à la communauté pour un temps d’échange, de parole, de jeux, ce qui apaise leur solitude. L’une ou l’autre apprécie de prier quelques instants avec nous, dans notre oratoire où nous avons la chance d’avoir la « Présence Réelle du Seigneur ».

Avec la paroisse, nous collaborons pour le Service Evangélique des Malades, l’accompagnement de catéchumènes, et l’aide à l’une ou l’autre famille, sans papier, en recherche de logement, de travail, de soutien pour l’aide alimentaire, ou pour participer aux messes dominicales.

Nous sommes bien soutenues par les prêtres et les laïcs. Nous apprécions la diversité des cultures, des milieux, des familles présentes dans les assemblées dominicales. Tout cela, est très important pour bien vivre l’ensemble de notre mission de sœurs de saint François.

partage autour de la brioche
©diocesedelaval.fr

Une mission de plusieurs communautés

Deux autres communautés : Congrégations des sœurs de la Charité d’Evron, et du Sacré Cœur de Jésus de St Jacut les Pins, vivent aussi dans les quartiers populaires des Pommeraies et des Fourches, en périphérie de Laval.

Nous nous retrouvons environ tous les deux mois pour une matinée de partage et de relecture de notre vie. Nous avons la chance d’être accompagnées par le Père Roland Courné et Maurice Carré en 2 équipes, puis de célébrer ensemble l’Eucharistie. Ces équipes nous relient à la FEDEAR (Fédération des équipes apostoliques des religieuses et religieux), au niveau régional et national.

Lors d’une récente rencontre, nous nous sommes redit quelques convictions importantes pour notre mission de Religieuses sur ces quartiers populaires :

  • Avoir un habitat en proximité.
  • Être avec tous, une simple présence au quotidien avec le souci de créer des liens et de mettre en lien.
  • Avoir une attention particulière aux personnes et familles en situation de fragilité, d’isolement.
  • Maintenir avec nos voisins, tout ce qui peut favoriser le vivre-ensemble
  • Favoriser les liens interreligieux, notamment, chrétiens-musulmans ;
  • L’importance pour nous-mêmes, d’être en lien avec les maisons de quartier, les associations, les groupes, services et mouvements d’Eglise présents sur ces mêmes quartiers.
  • Nous vivons notre mission en collaboration avec les paroisses ou nous sommes insérées.

« Tu as du prix à mes yeux ! » (Is.43,4) Puissions-nous, Seigneur, en témoigner près de chaque personne que tu nous donnes à rencontrer dans nos quartiers et au-delà. Merci Seigneur pour cette mission que tu nous appelle à vivre, de manière particulière, avec toute notre église diocésaine en synode.

 

Sœur Thérèse et sœur Monique de saint Nicolas
et les communautés sur les Pommeraies et les Fourches

Oratoire dans un appartenant d’une communauté religieuse
©diocesedelaval.fr