Mgr Thierry Scherrer nous livre une belle réflexion sur la situation actuelle de notre Eglise. Entre les souffrances vécues par les victimes et celle vécues par les chrétiens eux aussi profondément affectés par ces révélations, n’oublions pas toutes ces actions réalisées par des milliers de prêtres et de bénévoles au service de tous.

 

L’actualité bien sombre en effet, pour ne pas dire sordide, qui touche depuis quelque temps notre Eglise autour des abus sexuels dont certains de ses membres se sont rendus coupables, nous convainc que la défiguration en question, avant d’être un phénomène général d’ampleur universelle, est d’abord un mal qui touche singulièrement notre Eglise à tous les niveaux et jusque dans les rangs les plus élevés de ses représentants. C’est vrai qu’une sorte de point aveugle nous avait jusqu’ici empêcher de prendre la mesure du désastre, occultant le fait que si de tels crimes sont perpétrés d’abord et massivement, ce qui est vrai bien sûr au niveau de la sphère familiale, il concerne aussi malheureusement des clercs et des religieux qui ont abusé de leur autorité morale pour accomplir des actes inqualifiables dont les conséquences sont dévastatrices chez celles et ceux qui en ont été les jeunes victimes.

 

La vérité nous rendra libre

Comment ne serions-nous pas profondément choqués, profondément troublés par ces révélations en cascades qui ont entraîné notre Eglise dans la crise que nous connaissons. Mais en évoquant tous ces drames, je pense aussi et je rends grâce pour eux et avec eux, à ces prêtres par milliers, parce que c’est la très grande majorité d’entre eux qui s’évertuent à vivre quotidiennement leur ministère de la manière la plus belle et la plus heureuse possible et qui sont injustement salis par ces accusations à grande échelle. Nous avons à leur rendre hommage et à les porter très forts dans notre prière, et c’est ce que je voudrais faire d’une manière particulière aujourd’hui. Le mal en tout cas est si profond qu’il ne nous est plus possible, comme peut-être ça été la tentation dans le passé, de stigmatiser trop facilement les autres sans nous remettre nous-mêmes en question et nous engager ensemble, parce que c’est le peuple de Dieu tout entier qui est ici concerné – le pape François nous l’a rappelé dans sa lettre adressée au peuple de Dieu – nous engager ensemble donc dans le travail de clarification, de purification sans lequel notre Eglise, c’est trop évident, ne pourra pas retrouver sa crédibilité et la fécondité de la mission que le Christ lui a confiée. Comme le dit Mgr Georges PONTIER dans un courrier récent adressé à tous les évêques de France, je le cite « Ne nous cachons pas derrière des postures victimaires, entendons l’appel du Dieu tendre et miséricordieux qui nous invite à l’unité de nos vies, à leur conformité à l’évangile. Cela nous concerne au premier chef, nous les ordonnés et les consacrés, mais cela concerne toute l’Eglise, tous les baptisés. Prenons ensemble délibérément le chemin de la vérité, du refus des comportements indignes de disciples du Christ. Que la vérité nous rende libres, que la charité nous garde vigilants, que le Seigneur soit loué pour l’œuvre de son Esprit de sainteté. Nous savons en qui nous avons mis notre foi. »

Retrouver la lettre du peuple de Dieu et différents documents sur le site de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Château-Gontier