Place aux témoignages

Pendant ce temps de re-confinement, nous ouvrons cette page aux témoignages. De prêtres, de paroissiens, de bénévoles… qui sait ? Le vôtre. Cette page sera enrichie d’une semaine sur l’autre. Les initiatives sont belles et ouvrent vers tant de fraternité, de communion de prière et de vies… C’est une vraie joie que de les partager !

La joie des retrouvailles sera immense. Photo ©cathopic.com

Des témoignages

D’un vocabulaire à l’autre

Confinement, présentiel, distanciel… ! En novembre 2019, ce vocabulaire nous était peu familier ! Ces mots résonnent aujourd’hui avec « famille réunie, partage, joie d’être ensemble », et aussi avec « isolement, solitude, tristesse ».

Mars 2020, confinement ! Les enfants étudiants rentrent et c’est une nouvelle vie où on réapprend à vivre tous ensemble… la table de la salle à manger est transformée en bureau, chacun sur un ordinateur avec un casque sur les oreilles, les enfants suivent les cours en visio, moi enseignante, j’invente des activités, que je dépose sur le « drive » de « google » pour les élèves… les mails arrivent sur les boîtes jusqu’à 23 heures !

De bons moments de partage

Nous redécouvrons les activités quotidiennes comme des temps d’échange extraordinaires : ménage, repassage, cuisine, entretien du jardin sont des activités « bouffée d’oxygène » faites en famille. Les apéritifs virtuels du vendredi soir sur l’application « Zoom » avec la famille confinée en Alsace, à San Francisco, en Bretagne, à Lyon, à Paris sont des petits plaisirs qui deviennent des grands moments. Quelle JOIE de partager ces moments !

De l’inquiétude…

12 avril 2020, nous célébrons Pâques devant l’écran de télévision. Inquiétude pour nous tous, Lise est en arrêt, Elle fait partie du personnel soignant sur Paris atteinte de la COVID.  Ses soignants, au front, épuisés, travaillent dans des conditions extrêmement difficiles ; ils  sont rappelés en garde sur leur jour de repos pour pallier les absences des collègues atteint de la COVID.

… et de si belles initiatives

J’ai pris conscience que ce confinement résonnait aussi avec ISOLEMENT,  SOLITUDE, TRISTESSE,  lorsque je déposais une fois par semaine les courses de ma voisine, âgée qui n’avait pour seule  visite mon passage. SOLITUDE et TRISTESSE pour Maman, 85 ans, en EHPAD, privée de la visite de ses enfants. Mais confinement résonne aussi avec IMAGINATION. Dans cet EHPAD, le directeur met en place le journal FAMILEO sur lequel enfants et petits-enfants écrivent des articles, envoient des photos à leur super Mamie ! Et ce personnel soignant, comment le remercier pour toutes les actions menées pour rendre la vie des résidents, privés de visites, plus douce ? Que de BIENVEILLANCE, et de douces intentions près de leurs résidents ! Une vocation plus qu’un métier pour tous ses soignants.

Un reconfinement pour de nouveaux défis d’humanité

 En Novembre 2020, nous sommes confinés pour une deuxième vague d’épidémie ! Avons-nous été suffisamment vigilants durant cet été ?  « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ! »  Winston CHURCHILL.

Les enfants sont confinés, loin du nid familial, cette fois, Paris, Brest, Liège… l’éloignement nous amène à nouveau à penser combien les liens familiaux sont importants.   Personnellement, j’ai la chance de pouvoir travailler avec les jeunes au collège en présentiel.  Dans notre établissement,  la direction et l’équipe pédagogique œuvrent pour garder nos jeunes au sein de la structure.  Les gestes barrière sont respectés.

Ce confinement nous amène à repenser à notre mission d’éducateur : l’éducateur apporte un savoir mais plus que jamais les jeunes ont besoin, de liens sociaux, de temps d’écoute, de personnes bienveillantes qui les guident et les aident à avancer, à se construire.  Liens sociaux plutôt que réseaux sociaux et si c’était un défi d’après confinement ! On n’éduque pas devant un écran !

« Là où il y a le désespoir, que je mette l’Espérance »

On peut conclure, que pour faire une « société civile durable », nous devons rester solidaires pour franchir les épreuves. Malheureusement, l’Homme oublie vite ! La preuve, nous voilà dans une deuxième vague, un deuxième confinement ! L’Homme est intelligent, généreux et irresponsable, égoïste à la fois, que d’actions menées merveilleuses pendant ce confinement  mais aussi que d’imprudences et de non respect envers nos soignants et tous les autres corps de métiers qui ont œuvré durant cette pandémie.

Il  a fallu en arriver là pour reconnaître le travail « des Héros du quotidien ». Ne les oublions pas, ils sont là chaque jour, se donnent corps et âme et sacrifient leur vie au nom de notre santé, pour nous soigner et prendre soin de nous.

Une chose est certaine c’est que  « ce combat c’est le monde entier qui doit le mener car il n’y a pas de couleur, ni de religion pour être confiné ». Marchons ensemble dans la confiance et L’Espérance en retrouvant toutes nos valeurs humaines et chrétiennes. « Là ou il y a le désespoir, que je mette l’Espérance ».

Lucette Bourgois

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Fraternité et Whatsapp

D’abord il y a eu la neuvaine… Chaque soir à 18h dans une des neuf églises de la paroisse, de 10 à 20 personnes au pied de la statue de la Vierge pèlerine de Pontmain. Les cloches sonnent, le chapelet, quelques mots … « à demain ». C’était fraternel, très réconfortant.

Puis il y a eu la Vierge Marie accueillie dans les familles. Lors d’une prière entre voisins nous avons rencontré Josselin ; belle découverte, il n’était pas loin.

Un soir, à bonne distance, nous avons pris un verre avec Vincent et Nathalie, de nouveaux Amboriverains. Ils débordent de dynamisme, d’idées, ouvrent leur porte ; ils ont vraiment le désir de connaître ceux qui vivent ici. Avec eux, l’amitié est simple, elle coule de source.

Un jour, grâce à Clément notre voisin et ami, toujours à bonne distance, nous avons pris un thé avec Hélène pour faire sa connaissance. Quelle joie de la connaître ! Elle nous donne à lire ses dernières œuvres : un livre sur Louis Braille et une pièce de théâtre. Elle a un talent fou !

Maintenant il y a le groupe Whatsapp lancé par le Père Jimmy. C’est comme un feu qui prend très vite. Lumière et chaleur ! Ainsi par exemple nous pouvons communiquer avec Odette, Florent, tous ceux avec qui nous pouvons partager joies et épreuves.

On voit bien que tous, nous avons les mêmes besoins d’amitié, d’affection, envie de se connaître, de se rapprocher les uns des autres. C’est bon comme la respiration. Ce groupe Whatsapp va permettre de se rencontrer et d’agir ensemble.  

Ambrières, le 15 novembre 2020
Thierry Hamon
Coordinateur de la paroisse Notre-Dame-sur-La-Varenne

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« C’est sûr, le Seigneur traverse cette crise avec nous”

Comment avez-vous vécu l’entrée dans ce deuxième confinement ?

Il se trouve que pour ma part, j’y étais un peu préparé puisque je sortais d’un temps de convalescence en raison du coronavirus. Je suis tombé malade, sans gravité, mais j’ai dû rester confiné dans mon presbytère. Cette expérience m’a peut être donné une immunité (hypothétique !) mais elle m’a surtout donné d’expérimenter la solidarité et l’attention de mes nouveaux paroissiens : je retrouvais régulièrement du potage (fait maison !) à la porte du presbytère !

Plus sérieusement, ce nouveau confinement, pour ma part, n’est pas vécu du tout de la même façon que le premier. La raison principale est simple : j’ai changé de paroisse en septembre et je ne connais pas encore beaucoup les paroissiens. Je ne peux donc pas réitérer les propositions faites durant le printemps.

Comment percevez-vous la manière dont cette crise sanitaire est vécue autour de vous ?

Je sens beaucoup d’inquiétude. Les uns et les autres ont peur pour eux-mêmes et pour leurs proches. Peur de tomber malade ; peur des conséquences économiques ; peur de l’autre. Malgré tout, j’entends parfois dans leur bouche : « Heureusement qu’on a la foi ». Le mot grec krisis qui donnera notre mot crise en français, a plusieurs sens mais l’un d’entre eux signifie : « Action de décider ». J’ose espérer que cette crise va nous donner de « décider » de croire à nouveau et de remettre notre espérance en Dieu. Le Seigneur traverse cette crise avec nous, comme il a traversé le désert avec les Hébreux, comme il traverse le lac de Tibériade sous la tempête avec ses disciples.

Que faites-vous pour vos paroissiens ?

Je prie pour eux et je célèbre l’eucharistie chaque jour aux intentions qui me sont confiées. Je suis évidemment peiné de ne pas pouvoir rassembler la communauté, notamment le dimanche. Le dimanche, c’est la joie du prêtre ! Durant ce confinement, les activités d’une paroisse sont en souffrance et je pense particulièrement aux enfants et aux jeunes qui ne peuvent pas se retrouver pour la catéchèse et aux personnes âgées qui souffrent de solitude. J’essaie de pallier ce manque de lien en envoyant chaque samedi une lettre info par internet. Je propose notamment dans cette lettre une petite vidéo pour nourrir la foi et l’espérance : je fais un commentaire suivi de la prière du Notre Père. En ce temps particulier, cette prière m’est apparue comme essentielle pour la vie quotidienne des croyants. Quand vous voulez prier, dites : « Notre Père ».

Le mot de la fin ?

Cet été je suis tombé sur un ouvrage dédié à Madeleine Delbrêl intitulé : « Sauver le monde, c’est lui donner le sens de sa peine ». Cette parole de la vénérable Madeleine a été pour moi comme une lumière. Je crois que notre peine a du sens si nous nous la vivons avec le Seigneur. Rien de ce que nous vivons n’est insensé, si nous nous unissons profondément à Lui.

Père Franck Viel
Vicaire épiscopal
Curé de la paroisse St-Pierre-du-Maine

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Père Franck Viel, curé

Le Père Athanase Zougmore s’adresse à ses paroissiens. Mais son message est finalement pour tous !

 

Tout en vous portant dans mon cœur de prêtre par la prière et dans mon cœur de pasteur par la pensée, je vous envoie ce simple et petit mot d’encouragement.

 

La voix du silence dans le confinement.

Voici déjà plus de deux semaines que nous sommes en confinement. Chacun le vit seul ou à plusieurs à sa manière pour combler ce vide de contact par diverses occupations ( télévision , téléphone, lecture, jardinage, ménage, prières, visioconférences….); et si on privilégierait le silence.

La voix du silence, c’est cette présence de Dieu et à Dieu qui parle à notre cœur. Le silence est cette présence aux autres. Même si le confinement peut nous donner l’impression d’indifférence, d’inattention, d’oubli, de désintéressement et de vide, le silence est une réelle présence aux autres car elle nous permet d’élargir nos pensées et nos prières; la pensée comme la prière dépassent et surpassent tout langage ou contact physique même limités .La communion spirituelle et fraternelle par la prière et la pensée nous unit les uns aux autres en un seul corps et une seule âme.

Quelques exemples de vie de silence: le prophète Elie  a fait l’expérience de la présence de Dieu dans la brise légère ; Zacharie a gardé le silence jusqu’à la naissance de Jean Baptiste ; la Vierge Marie gardait et méditait tout dans son cœur. Jésus a passé quarante jours au désert ; il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps dans l’Eucharistie et le tabernacle. Quel grand mystère du silence de Dieu !.

Les moyens pour vivre ce temps de silence en Dieu et avec les autres Tout en bénéficiant des prédications sur les écrans et à la radio je vous encourage à aller à la source même de la vie : la méditation de la Parole de Dieu et l’adoration. Même après le confinement, gardons ce silence intérieur pour maintenir vive notre relation intime à Dieu et aux autres. Que le silence vous donne la paix et la joie de Dieu.

Soyez bénis abondamment

Père Athanase ZOUGMORE.

Le Père Athanase Zougmore, prêtre

Alain est diacre permanent au service du diocèse de Laval? Il nous livre sont témoignage.

Positif ou négatif ?

  • Deux mots qui reviennent souvent en ce moment, sans y faire attention, cela devient naturel que de dire telle personne est négative ou elle est positive.
  • Tant qu’il n’existait pas de dépistage au premier confinement, ces deux mots ne figuraient pas dans les conversations …..
  • Cette année 2020, le carême a été vécu dans la stupéfaction de quelque chose jamais vécue, il a fallu être inventif pour communiquer vraiment et s’interroger sur notre Foi.
  • Progressivement, le dé-confinement survient et c’est l’été, le soleil, les vacances, le besoin de s’évader. Bref la vie reprend son cours et on oublie vite.
  • Puis c’est la rentrée, les enfants reprennent le chemin de l’école, les jeunes en étude supérieure et le travail pour une partie de la population  malgré que certaines professions ne peuvent plus travailler…….
  • Voilà que la mémoire revient puisque rien n’est comme avant, un nouveau mot apparaît : présentiel
  • Etre ensemble ou chacun chez soi….Qui décide, le test encore une fois  sommes-nous négatifs ou positifs. Très rapidement une nouvelle annonce nous tombe fin octobre pour un reconfinement tout le mois de novembre avec la grogne bien justifiée de certains commerces…..

Comment trouver les moyens d’être positifs dans ces conditions quand on est chrétien ? Le Père Jimmy nous propose certains échanges de livres, l

les homélies de l’Evangile du jour,  l’écriture par des cartes pour les prisonniers, c’est cela être positif …….

Ce que nous pouvons faire c’’est téléphoner pour prendre des nouvelles des personnes seules ou en EPHAD ou en foyer de personnes handicapées :

– « Ce que tu as fait à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que tu l’as fait. »

– «  Ce que tu n’as pas fait à l’un de ces petits  qui sont les miens, c’est à moi que tu ne l’as pas fait. »

– 4 semaines de confinement qui débouchent directement sur  4- semaines de l’Avent

– 4 semaines d’attente d’une bonne nouvelle

– 4 semaines pour réfléchir sur ce qui est le plus important pour nous rendre plus positifs encore …..

La semaine dernière avec mon épouse nous avons eu la possibilité de rencontrer quelques personnes handicapées en pastorale dans un lieu adapté, nous sommes rentrés  en étant positifs, suite à une rencontre sur la vie des Saints, l’une d’elles nous a dit qu’elle espérait devenir Ste Jeanine.

Soyons positifs en allant vers Noël et prenons soin les uns des autres.

un poème d’une de nos petites filles qui a 10 ans.