Noël, fête chrétienne au cœur de l’hiver

La grande fête chrétienne de Noël est une date phare dans l’année. Célébrant la naissance de Jésus, elle porte la lumière d’espérance qui jaillit dans la nuit, au creux de l’hiver et dans le cœur de chacun. Comme les enfants, retrouvons notre esprit d’émerveillement et découvrons les horaires des messes pour honorer ce beau rendez-vous avec la promesse qu’apporte ce petit enfant.

 

La fête de Noël n’a pas toujours été célébrée le 25 décembre. En l’absence de tout document établissant le jour de la naissance de Jésus, les chrétiens ont d’abord émis diverses hypothèses souvent fantaisistes. A partir du XIIIe Siècle, toutes les églises d’Orient ont célébré Noël le jour de l’Epiphanie, soit les  5-6 janvier. C’est à  partir du IVè siècle que l’église de Rome choisit un autre jour pour fêter la naissance de Jésus : le 25 décembre. Jour du solstice d’hiver, était célébré l’anniversaire du Sol invictus (le Soleil invaincu) : c’est en effet à partir de cette date que les jours se rallongent. Le soleil renaît… C’est donc le 25 décembre, jour de la fête du soleil que les chrétiens choisissent de fêter le jour anniversaire de la naissance de Jésus et cette date s’est imposée peu à peu jusqu’à aujourd’hui dans toute la chrétienté.

Sainte-Famille – crèche de la Maison Diocésaine (2020)

Et la crèche alors ?

Il semble que la tradition de la crèche de Noël date du XIIIe siècle et qu’elle ait été instaurée par Saint François d’Assise. En 1223 il organisa une scène vivante de la crèche avant de célébrer la messe de Noël. Les auteurs des évangiles ne mentionnent pas le jour de la naissance de Jésus le Christ. Selon l’évangile selon saint Luc, l’endroit où Jésus a été déposé à sa naissance est désigné par le mot ‘ mangeoire’. En latin, mangeoire se dit « scripia » à l’origine du mot crèche français. Par extension, le mot crèche désigne le site tout entier et est devenu symbole de la Nativité. Selon les traditions chrétiennes la crèche est montée sur une table, ou à même le sol. On bâtit une étable miniature dans laquelle on dispose des personnages représentant Marie et Joseph, les parents de Jésus ainsi que les bergers réunis autour du nouveau-né. On n’oubliera pas l’âne et le bœuf, animaux incontournables dans la crèche provençale. Inventées au XVIIIe siècle, les célèbres crèches de Provence comportent des personnages traditionnels, les santons (santoun, petits saints en provençal) et s’inspirent de la vie locale si colorée.

Crèche de Montigné-le-Brillant (2020)
paroisse Saint-Benoit-les-Rivières

Qui est Saint Nicolas ?

La Saint Nicolas est une fête catholique qui s’inspire du personnage de l’évêque de Myre. né à la fin du IIIe siècle en Lycie au sud de l’actuelle Turquie. Avec sa grande barbe, sa mitre vissée sur la tête et sa bonhomie légendaire, c’est un personnage que les enfants du Nord et de l’Est de la France adorent retrouver tous les ans pour le fêter le 6 décembre. Il était réputé pour sa charité; Mais dans les faits, rien ne le prédisposait à devenir le saint homme qui distribue des cadeaux aux enfants…

La saint aurait réalisé plusieurs miracles, comme celui d’avoir ressuscité trois jeunes enfants.Une chanson populaire en raconte l’histoire : « Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner dans les champs…»  À la nuit tombée, perdus, ils frappent à la porte d’un boucher. À peine entrés, celui-ci les tue, les découpe et les met au saloir… Sept ans plus tard, saint Nicolas passant par là, leur redonne la vie… Il devient alors le protecteur des enfants. 

Les légendes de saint Nicolas en font le patron des marins car il en aurait sauvé de la tempête, celui des marchands car il aurait préservé sa ville de la famine, mais aussi des prisonniers et des avocats car il aurait délivré des captifs, et celui des fiancés pour avoir aidé des jeunes filles pauvres à se marier.

©pixabay – modification : diocesedelaval.fr

Et le Père Noël ?

Si on décrit une barbe blanche, un habit rouge, des cadeaux pleins les bras, et une allure bonhomme au sourire chaleureux, de qui parle-t-on ? Du Père Noël ou de saint Nicolas ? Il faut dire que les représentations de ces deux personnages sont proches… D’où vient cette ressemblance ?

Le Père Noël est une créature mythique, alors que saint Nicolas, lui, a réellement existé. La tradition du père Noël semble avoir ses origines en Europe du Nord. Il est le Father Christmas britannique et le Santa Claus américain, qui est une déformation du Saint Nicolas (Sinterklaas) neerlendais. Son allure fait référence à celle  d’un lutin nordique qui apportait des cadeaux lors des fêtes du milieu de l’hiver.

Au fil du temps, l’apparence du Père Noël a évolué. A la fin des années 1800, l’Imagerie française le montre en vieil homme vêtu d’un manteau vert ou parfois bleu. C’est aux environs de 1914 qu’il apparaît vêtu de rouge. Il a pour mission de récompenser les enfants qui ont été sages. 

Certaines familles chrétiennes sont parfois mal à l’aise avec ce personnage très voyant et incontournable. “ On a dit beaucoup de choses sur le Père Noël, oubliant qu’il fait partie de ceux qui nous ont appris à rêver et à pressentir naïvement, c’est à dire spontanément, l’infini avec ses terrifiantes beautés : l’enfant atteint le sacré par le biais du merveilleux “ écrit Karin Ueltschi, historienne médiéviste*.
Pourquoi ne pas expliquer simplement aux enfants que le Père Noël est un conte, une belle histoire que l’on raconte comme on peut raconter d’autres histoires. En grandissant, ils ne seront pas déçus d’apprendre que final ce n’était qu’une histoire…

*Histoire véridique du Père Noël du traîneau à la hotte de Karin Ueltschi, éd Imago