Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

Plusieurs d’entre vous m’ont adressé des vœux par écrit, tous aussi touchants les uns que les autres. Celui-ci est particulièrement stimulant, en ce début d’année : « Ne nous décourageons jamais. Au moment où la chenille pensa que le monde était fini, elle se transforma en papillon ». Cette invitation  à mourir pour vivre est celle de l’actualité religieuse de ce jour, puisque c’est aujourd’hui le dimanche du Baptême du Christ, solennité qui clôt le temps liturgique de Noël. Le baptême, c’est bien le « plongeon » dans la mort et la résurrection de Jésus, dans l’amour de Dieu Père, Fils et Esprit-Saint, pour renaître chaque jour. Ô, bénis sois-tu, Seigneur, bénis sois-tu  pour l’eau qui fait mourir à la vie du péché, bénis sois-tu  pour l’eau qui fait naître et renaître à la vie d’enfant de Dieu

Homélie : Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 ; Ti 2, 11-14 ; 3, 4-7

Frères et sœurs, chers amis,

Dimanche du baptême du Seigneur !

Le Seigneur avait-il besoin d’être baptisé ?

Non, Celui est né comme homme à Noël était bien Celui qui était né de Dieu de toute éternité : « Il est Dieu, né de Dieu, lumière né de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Engendré non pas créé de même nature que le Père et par lui tout a été créé ». Le Père, le Fils et l’Esprit constituent un seul Dieu. « Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu mais pas trois Dieux mais un seul Dieu ». Dieu est amour, Dieu est relation et le baptême nous inscrit dans ces relations d’amour.   Le Seigneur n’avait pas besoin d’être baptisé ; par contre, nous les hommes, nous avons besoin d’être baptisés, purifiés, rachetés, sauvés, libérés, renouvelés…

Le Seigneur avait-il besoin de recevoir l’Esprit-Saint ?

St Cyrille d’Alexandrie écrivait déjà au 4e s. : « Ce n’est pas pour lui-même que le Fils unique a reçu le Saint-Esprit. Car l’Esprit est à lui, en lui et par lui. Mais parce que, s’étant fait homme, il possédait en lui toute la nature humaine, il a reçu l’Esprit-Saint afin de la redresser toute entière en la restaurant dans son 1er état. Le Christ n’a pas reçu l’Esprit-Saint pour lui-même, mais plutôt pour nous, qui étions en lui. Car c’est par lui que nous parviennent tous les biens ». Le Seigneur n’avait pas besoin de recevoir le St-Esprit ; par contre, nous, nous avons besoin de recevoir le St-Esprit. St Jean-Baptiste l’avait prophétisé : « Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu »

Le Seigneur avait-il besoin de s’entendre dire : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » ? Le Seigneur savait de toute éternité l’amour du Père. Le Seigneur Jésus s’est entendu dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie », c’est un fait. C’est toujours bon de s’entendre dire notre identité profonde, notre secret de vie. Pour nous, nous avons tellement besoin de nous entendre dire que nous sommes aimés. Nous avons été conçus dans l’amour, éduqué par amour. Toujours difficile d’être parents ! Nous sommes éternellement aimés. Et il n’y pas seulement d’un côté l’amour humain, de l’autre l’amour divin ; St Jean l’atteste : « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu… Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ».

Le dimanche du baptême du Seigneur, c’est le dimanche des baptêmes des disciples du Seigneur. Aimons fêter l’anniversaire de notre baptême. Le Père dit à Jésus : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie », à chaque baptême, c’est le Père qui dit en Jésus, à chaque nouveau baptisé : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». Le baptême nous plonge (baptiser en grec signifie plonger) en Jésus, mort et ressuscité pour nous. Parce que Jésus est Dieu assumant notre humanité, il peut nous plonger en Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint. Il peut nous introduire dans la Royaume de Dieu. Il peut faire de nous des fils, des frères, des serviteurs, des amis, des disciples, des missionnaires, des prêtres, des prophètes et des rois. Le baptême nous renouvelle. C’est une nouvelle naissance.  Ce n’est possible que dans la grâce de l’Esprit-Saint. C’est ce qu’avait annoncé Jean-Baptiste : « Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ». François Rabelais a eu cette merveilleuse intuition : « L’enfant n’est pas un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume ». Notre vie chrétienne est une école de la vie selon l’Esprit.  Nous avons besoin de l’Esprit-Saint

qui nous a fait, en ce temps de l’histoire, le cadeau du concile Vatican II qui a approfondi le mystère de l’Église : peuple de Dieu, Corps du Christ, temple de l’Esprit-Saint, sacrement du salut…

qui nous fait le cadeau de la sainteté, spécialement des papes du 20e s pour conduire son Église….

qui nous a fait le cadeau de l’œcuménisme et de si nombreux martyrs…

qui nous a fait le cadeau d’une Église famille, d’une Église servante et pauvre, d’une Église synodale. Je vous recommande le livre d’Alphonse Borras : Communion ecclésiale et synodalité, comprendre la synodalité selon le pape François (2018)

qui nous fait le cadeau de la Parole et des sacrements. C’est une immense grâce que chacun redécouvre dans l’Église la dignité fondamentale du baptême et les ministères au service de la construction du corps du Christ : « « Si ce que je suis pour vous m’épouvante, ce que je suis avec vous me rassure. Pour vous en effet, je suis l’évêque ; avec vous je suis chrétien. Évêque, c’est le titre d’une charge qu’on assume ; chrétien, c’est le nom de la grâce qu’on reçoit. Titre périlleux, nom salutaire. » St Augustin

Frères et sœurs chers amis,

En 2018, sur notre paroisse 59 baptêmes, 35 1e communion, 21 confirmations, 41 profession de foi, sans oublier le déploiement des sacrements de l’initiation chrétienne avec 17 mariages et 121 sépultures. Un appel à rendre grâce et à témoigner fidèlement, personnellement et communautairement de notre baptême. AMEN