Le Père Cyrille Delort est de retour en France pour un temps de repos et de vacances : l’occasion pour notre diocèse de prendre des nouvelles de ce jeune prêtre mayennais, ordonné en 2015, envoyé depuis trois ans par les Missions Étrangères de Paris en Birmanie!

Retour sur trois années de mission

Le Père Cyrille s’est envolé pour la Birmanie en 2017. Avant de pouvoir se mettre au service des chrétiens des paroisses birmanes, la première mission qu’il lui fut confiée fut l’apprentissage de la langue. Un défi quand il s’agit du birman, si riche et si éloigné de notre langue ! C’est à Rangoun, la plus grande ville du pays, que le Père Cyrille a passé sa première année de mission. Au bout d’un an et demi, l’archevêque de Mandalay, Makou Tin Win l’a accueilli dans son diocèse et envoyé dans un petit village birman pour mettre son apprentissage en pratique.

C’est alors que le Covid fait son entrée… Le Père Cyrille qui n’avait été envoyé dans ce village que pour six mois dut rester : ce fut en fait une « très belle année », selon ses propres mots, qu’il a passée dans cette paroisse peuplée d’authentiques catholiques birmans. Précision nécessaire dans ce pays où vivent 130 minorités ethniques !

En septembre 2020, il rejoint le diocèse de Kalaymyo, au nord-ouest de la Birmanie : c’est ici, dans ce territoire situé à la frontière indienne, que le Père Cyrille est appelé à passer toute sa vie de prêtre missionnaire, au service du peuple Chin (la minorité ethnique dont il faudra apprendre la langue au retour en mission).

Cette mission dans le diocèse de Kalaymyo a débuté d’une manière bien particulière : à cause tout d’abord de la crise sanitaire puis du coup d’État, le Père Cyrille dut rester confiné dans l’évêché avec d’autres prêtres, des religieuses, et les séminaristes eux aussi rappelés par l’évêque. La vie s’y est organisée, bien loin de l’idée que le Père Cyrille s’était fait de la mission, mais pourtant bien au service de l’Église de Kalaymyo : le Père Cyrille a notamment donné durant tout ce confinement des cours d’Histoire aux jeunes séminaristes, il était aussi confesseur et directeur spirituel.

Les Chrétiens en Birmanie

Dans les cinquante ans où la Birmanie a été coupée du monde, les chrétiens n’ont pas particulièrement été persécutés pour leur foi. Le régime en lui-même n’est pas anti-chrétien, même si en 1962 et 1965, tous les missionnaires étrangers ont été expulsés ; mais ils ont laissé derrière eux de beaux fruits… Aujourd’hui, les vocations sont florissantes, particulièrement dans le diocèse de Kalaymyo où vit le Père Cyrille.

S’ils ne sont pas persécutés pour leur foi, les chrétiens subissent comme tous les membres du peuple birman les dommages collatéraux des graves conflits actuels. Depuis le 1er février, une union historique s’est formée entre toutes les religions et les minorités ethniques contre la junte militaire : alors que jusqu’à présent, la junte trouvait des soutiens dans certaines ethnies ou certains courants religieux, elle doit aujourd’hui faire face à cette coalition qui exige la démocratie.

La mission à venir du Père Cyrille

Les dernières semaines, passées dans un confinement extrêmement strict à Kalaymyo, ont été particulièrement déroutantes et difficiles pour le Père Cyrille, ses frères prêtres et les religieuses enfermés dans l’évêché. Une situation frustrante pour le jeune prêtre qui a terminé sa formation et est prêt à se mettre au service de sa future paroisse : le seul moyen pour lui de participer à la mission, témoigne-t-il, c’était la prière, particulièrement la célébration quotidienne de la messe ainsi que les cours d’anglais donnés au religieuses.

Le futur est incertain, aussi bien pour les raisons sanitaires que politiques. Le Père Cyrille devrait retourner au Myanmar au mois de septembre, comme vicaire de la cathédrale de Kalaymyo. S’il lui a été jusque là impossible de réserver son billet d’avion, il espère de tout cœur pouvoir retourner, après son temps de repos bien mérité, au Myanmar pour y vivre sa mission, au service de sa future paroisse.

Que son retour et la joie de sa présence dans notre diocèse pendant quelques semaines soient pour nous l’occasion de prier particulièrement pour le peuple birman si éprouvé : gardons le Père Cyrille et tous ceux qui lui sont confiés dans notre prière fidèle et fraternelle !

Retrouvez l’intégralité de l’interview du Père Cyrille sur Radio Fidélité !